mardi 31 janvier 2017

Dissonance cognitive médicale: l'usager sait mieux.

La vie des médecins ...

"Et qui a fait 8 ans d'études médicales, c'est vous ou c'est moi ? Je sais et vous ne savez pas. Si vous êtes mieux, c'est grâce au médicament, et si vous allez plus mal, bien sùr que non, ce n'est pas la faute du médicament, c'est que vous êtes un mauvais patient: c'est dans votre tête, c'est votre imagination.. ou en fait c'est de votre faute à vous et vous le faites exprès... Vous somatisez et vous souffrez d'une maladie psychiatrique." [2]

Dissonance cognitive

Le médecin est bombardé de messages:

"Le produit est testé scientifiquement en double aveugle, les papiers ont été publiés sous des noms prestigieux, c'est prouvé, reconnu, validé, autorisé, agréé, tamponné, recommandé, remboursé, le médicament marche, il est sécurisé, ce serait une faute médicale de ne pas le prescrire..."

Sauf que...

C'est big pharma qui le dit, qui a mené les tests à sa façon biaisée. Les syndromes de sevrage ne sont pas considérés dans les essais de produits psychiatriques, alors qu'ils sont sévères et peuvent être retardés. Les évaluations reposent sur des grilles cochées à court terme, elles ignorent les effets de long terme. Les évaluations ignorent la qualité de vie, et l'impact du produit sur les rapports avec l'entourage, en particulier avec les produits qui altèrent la personnalité. Les laboratoires qui pratiquent ces essais médicamenteux dissimulent leurs données brutes et les problèmes rencontrés. Les essais s'appuient sur des présupposés et des maladies non prouvées, en particulier en psychiatrie. Un certain nombre de "maladies" psychiatriques sont construites sur des concepts statistiques de la demande psycho-sociale [25][26]. Le caractère possiblement iatrogène des conditions n'est pas évalué. Les résultats des essais ne semblent pas correspondre aux retours d'expériences des usagers eux-mêmes [10][11].

L'argent fait la loi.

Les laboratoires paient les rédacteurs et les conférenciers, et les prête-nom prestigieux, et les journaux prestigieux, et les universités prestigieuses, et les faiseurs d'opinion ambitieux et vénaux, et les visiteurs médicaux.  [4] [5] [6] [7]

Venomagnosia: méconnaissance, conviction positive en faveur d'un poison.

C'est comme une maladie générale des médecins, une incapacité à reconnaître les problèmes et maladies iatrogènes, que les pratiques médicales elles-mêmes ont causées. Par exemple une incapacité à reconnaître les suicides provoqués par les anti-dépresseurs [21], ou les psychoses provoquées par les anti-psychotiques.[3] [22]

La psychiatrie est le terrain rêvé pour les charlatans.

Les produits psychiatriques sont extrêmement importants en termes de revenus pour les laboratoires. Les stratégies sont les mêmes mais la charlatanerie est facilitée par l'altération des moyens de la personne par la drogue, par les présupposés pseudo-scientifique de la psychiatrie et par la contrainte des prescriptions. La fabrication iatrogène des "maladies mentales" par passage à l'acte, dépendance, syndrome de sevrage, dommage cérébral, anosognosie d'intoxication, désespoir et suicide, est un crime collectif de nos sociétés.[4]

Des sommes énormes engagées

Avez-vous une idée des sommes qu'il faudrait investir pour contrer efficacement la propagande pharmacopsychiatrique ?

Aux USA, là où se décide la tendance mondiale, en 2012, l'industrie pharmaceutique a dépensé plus de 27 milliards de dollars pour la promotion des médicaments - plus de 24 milliards de dollars en marketing pour les médecins et plus de 3 milliards de dollars en publicité pour les consommateurs (principalement par des publicités télévisées).

Toujours aux USA, en plus des échantillons gratuits, 8 compagnies pharmaceutiques ont fourni plus de 220 millions de dollars en paiements aux médecins en 2010.

En 2011, les industries des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux ont fourni 32% de tous les fonds destinés aux cours de formation médicale continue aux États-Unis, soit 752 millions de dollars sur un total de 2,35 milliards de dollars. [8]

La promotion des maladies

Et c'est seulement la partie promotion des médicaments. La promotion des maladies est faite aussi, par exemple en finançant les associations de patients et de familles. [9]

Quand existe une demande, alors on invente la maladie. Peu importe si la demande est au service de la personne et respectueuse des droits de l'homme et de l'éthique médicale. Quand il existe une demande, des sociétés, des familles ou des personnes elles-même, cette demande qui n'est pas forcément médicale mais souvent politique échoue devant les médecins. Et voilà la nouvelle "maladie". Ainsi le non-conformisme ou l'échec scolaire deviennent-ils des "maladies" qu'on va vouloir "prévenir" avec des prescriptions psychotropes destructrices de la personne.

Les labos sont à l'affût de telles demandes et répondent en assurant la conception et le marketing de la "maladie", en ressortant des concepts anciens, des théories écartées, en changeant les noms, et en fournissant la pilule "miracle". C'est ainsi qu'ont fait l'objet de marketing la "maladie bipolaire" pour vendre le Depakote (valproate), le "trouble de déficit de l'attention et hyperactivité" pour vendre des amphétamines, la "fibromyalgie" pour vendre les anti-dépresseurs.[4] C'est ainsi qu'a été remarketée la théorie réfutée du déséquilibre biochimique pour vendre les poisons de Big Pharma.

Des épidémies bizarres de maladies psychiatriques

La moitié des rédacteurs du DSM IV a touché de l'argent des labos.[23] Des épidémies étranges de maladies psychiatriques apparaissent dans les pays où sévit le système [7], et les suicides y explosent.[24] C'est comme si les maladies étaient inventées sur mesure et vendues au public par un marketing aggressif afin de ... vendre la pilule.




Des poisons détestés par les usagers

Il existe sur internet des sites de retour d'expérience sur les médicaments.
A l'exception du lithium qui a une note juste passable, quasiment tous les médicaments psychiatriques sont évalués négativement par les usagers. Ceci suffit à prouver que les essais présentés par les labos ne valent rien. Pourquoi les prescrit-on ? [10] [11]

Désinformation sur internet.

Presque tous les sites francophones, y compris les sites officiels, désinforment sur les produits en véhiculant des concepts non prouvés [12], en affirmant des mensonges comme la prétendue amélioration de la concentration sous antipsychotiques, et en omettant les effets secondaires et les complications des produits psychiatriques.

Une exemple:
Un site écrit "par des praticiens" et qui se dit conforme aux recommandations de la HAS et de l'Agence du Médicament. [13]

Je lis: "Ce médicament sert aussi à améliorer les capacités de concentration, de mémoire et d’attention."

Il s'agit d'une contre-vérité grossière: le risperidone endommage les fonctions cognitives en rapport avec la dose administrée.[14]

Aucune mention claire des psychoses d'hypersensibilisation, ni des syndromes de sevrage qui sont sévères et possiblement retardés, ni des dyskinésies tardives, presque inévitable sur la durée, qui peuvent être masquées, alors que ces maladies sont dramatiques et incurables, ni des maladies cardio-vasculaires, ni des diabètes induits, ni des gynécomasties, ni du rétrécissement cérébral provoqué, ni de la diminution de l'espérance de vie, ni du désespoir et des suicides provoqués par la ruine des capacités de la personne. [1][17][18][19]

Est-ce acceptable de prescrire un poison pareil à quiconque sans informer, sans proposer d'alternative, alors que celles-ci existent [16] ?

Non respect des droits de la personne. 

Dans ses conditions, tout consentement n'est pas éclairé, et n'est même pas recherché. Au contraire, la contrainte sévit: 76000 cas par an en France en 2015, en augmentation. [15]

Au nom de quoi se permet-on d'imposer ces poisons à des enfants ou à des personnes qui les refusent ?

Les prescripteurs ne sont pas seulement manipulés par l'industrie, mais aussi souvent incompétents.

L'expérience des usagers montre qu'un certain nombre de médecins prescrit par reconduction, par automatisme. En particulier, les produits psychiatriques sont prescrits apparemment sans en connaître bien les effets, ni comment le corps s'adapte à l'intoxication chronique. De tels médecins semblent ignorer que les anti-dépresseurs provoquent des suicides, les stimulants des manies et les neuroleptiques des psychoses. Savent-ils que la personne intoxiquée par les produits qu'ils ont prescrit n'est pas en mesure d'apprécier l'effet du produit sur sa psyché ? Savent-ils distinguer les effets du produit des perturbations émotionnelles contextuelles chez leurs clients ? De tels médecins savent-ils reconnaître un syndrome de sevrage de produit psychiatrique, et savent-ils seulement gérer un tel sevrage ? Ces médecins ne semblent pas non plus informés des altérations chroniques du cerveau produites par les procédés psychiatriques. Beaucoup prescrivent des polymédications dangereuses dont on ne sait rien.

La drogue à vie

Pour certains de nos médecins apparement la drogue psychiatrique est prescrite à vie: on ne l'arrête jamais. En pratique il semble que la plupart de ces médecins refusent d'aider la personne à se sevrer des produits. Au contraire la règle devrait être: je prescris donc je dois savoir sevrer et accepter toute demande de sevrage.

Que faire ?

- Ne plus tolérer la corruption médicale. Redonner pouvoir aux usagers.

- Cesser la contrainte psychiatrique conformément à la convention ONU CDPH.

- Former les médecins à reconnaître les effets des produits psychiatriques et les syndromes de sevrage, à pratiquer les sevrages.

- Accepter toute demande de sevrage de produit psychiatrique.

- Comprendre que les produits qui ont des effets psychotropes ne sont pas des médicaments comme les autres, mais représentent des pièges pour la personne.

- Ne pas prescrire de produits psychiatriques aux enfants, déontologie pédiatrique: pas de prescription sans preuve biologique et preuve biologique de bénéfice.

- Informer les personnes des dangers et des limites des produits qu'ils demandent.

- Approches de dialogue ouvert, dédramatiser les situations, sortir l'entourage de la peur.

- Réparations selon les principes ONU.


Références:

[1] Peter Breggin, "Psychiatric Drug Withdrawal", 2013

[2] Come Back When You Have a Medical Degree From Johanna Ryan
https://rxisk.org/come-back-when-you-have-a-medical-degree/

[3] Venomagnosia by David Healy
https://davidhealy.org/venomagnosia/

[4] Healy, David (2012). Pharmageddon.

[5] Davies, James (2014). Cracked, the unhappy truth about psychiatry.

[6] Gøtzsche, Peter C (2013). Deadly Medicines and Organised Crime: How big pharma has corrupted healthcare.

[7] Whitaker, Robert (2010). Anatomy of an epidemic.

[8] Les chiffres US:
http://www.pewtrusts.org/en/research-and-analysis/fact-sheets/2013/11/11/persuading-the-prescribers-pharmaceutical-industry-marketing-and-its-influence-on-physicians-and-patients

[9] Corruption pharmacologique tous azimuts en France:
https://www.transparence.sante.gouv.fr/

[10] https://www.meamedica.fr/

[11] http://askapatient.com/
[12] Site institutionnel psycom, 2016: des présupposés présentés comme des certitudes scinetifiques.
http://www.psycom.org/Troubles-psychiques/Schizophrenie-s

[13] Page risperidone:
http://www.reseau-pic.info/?dest=medicaments/fiche.php&dci=risperidone

[14] Sakurai, 2013, Dopamine D2 Receptor Occupancy and Cognition in Schizophrenia
https://schizophreniabulletin.oxfordjournals.org/content/early/2012/01/30/schbul.sbr189.full

[15] Statistiques ATIH Santé 2015
http://www.atih.sante.fr/analyse-de-l-activite-hospitaliere-2015

[16] Seikkula, J., Alakare, B., & Aaltonen, J. (2011). The comprehensive open-dialogue approach in western Lapland: II. Long-term stability of acute psychosis outcomes in advanced community care. Psychosis, 3(3), 192–204.
http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17522439.2011.595819

[17] Healy David (2016)  Side Effects of Antipsychotics.
http://rxisk.org/side-effects-of-antipsychotics/

[18] RxISK Medical Team, 2016, "What is akathisia?"
http://rxisk.org/akathisia/

[19] C. Hjorthøj, Risk of suicide according to level of psychiatric treatment—a nationwide nested case control study. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol (2014) 49: 1357-65.

[21] Jick, H.; Kaye, JA; Jick, SS (2004). "Antidepressants and the Risk of Suicidal Behaviors". JAMA. 292 (3): 338–43. doi:10.1001/jama.292.3.338. PMID 15265848.

[22] Chouinard Guy, Chouinard Virginie-Anne, 2008: "Atypical Antipsychotics: CATIE Study, Drug-Induced Movement Disorder and Resulting Iatrogenic Psychiatric-Like Symptoms, Supersensitivity Rebound Psychosis and Withdrawal Discontinuation Syndromes."
http://www.karger.com/Article/Abstract/112883

[23] Article du New York Times, 2006: Plus de la moitié des rédacteurs du DSM IV ont touché de l'argent des labos.
http://www.nytimes.com/2006/04/20/health/20psych.html?_r=0

[24] Aust N Z J Psychiatry. 2004 Nov-Dec;38(11-12):933-9.
Do nations' mental health policies, programs and legislation influence their suicide rates? An ecological study of 100 countries.
Burgess P1, Pirkis J, Jolley D, Whiteford H, Saxena S.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15555028

[25] Frances, Allen, Saving normal: An insider's revolt against out-of-control psychiatric diagnosis, DSM-5, big pharma and the medicalization of ordinary life, Psychotherapy in Australia
Volume 19 Issue 3 (May 2013)
https://search.informit.com.au/documentSummary;dn=464019439257830;res=IELHEA

[26] Une série d'articles en français sur le blog pharmacritique.
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/conflits-d-interets-en-psychiatrie-dsm/



mercredi 18 janvier 2017

Prochaines étapes dans la Campagne pour l'interdiction absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé

Certains d'entre nous se sont rencontrés dans Google Hangouts pour discuter des prochaines étapes.Si vous soutenez l'interdiction absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé, vous êtes invités à participer au partage d'informations et à l'exploration de stratégies. Veuillez contacter info@chrusp.org pour plus de détails.

Nous envisageons de publier sur le site https://absoluteprohibition.wordpress.com/ des documents supplémentaires sur les bonnes pratiques en matière de réforme du droit et concernant les alternatives, ainsi que sur les projets au niveau national et à d'autres niveaux, où nous sommes impliqués en relation avec l'objectif de l'interdiction absolue.

Traduit de l'anglais:
https://absoluteprohibition.wordpress.com/2017/01/02/next-steps-in-absolute-prohibition/



mardi 17 janvier 2017

La science médicale plaide aussi contre le traitement forcé par Robert Whitaker - Campagne No Forced Treament.

Robert Whitaker: La science médicale plaide aussi contre le traitement forcé.

Posté le 26 mars 2016

Article original en anglais:
https://absoluteprohibition.wordpress.com/2016/03/26/robert-whitaker-medical-science-argues-against-forced-treatment-too/

L'argument généralement invoqué contre l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé est que ces pratiques, faites sous l'autorité de l'État, violent les droits civils de base d'une personne. Ils privent une personne de sa liberté et de son autonomie personnelle et le font en l'absence d'une accusation criminelle. La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées maintient cette position en interdisant la discrimination à l'égard de ces droits. C'est un argument moralement puissant qui devrait se situer au centre de toute protestation contre les traitements forcés.

Cependant, il existe un autre argument, de valeur ajoutée, qui peut être invoqué contre l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé. La science médicale plaide également contre le traitement forcé.

L'«État», pour justifier l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé, soutiendra qu'une telle coercition est nécessaire pour fournir un «traitement médical» aux personnes qui, en raison de leur condition mentale altérée, ne donneront pas leur consentement à ce traitement. L'implication est que si l'individu «psychotique» était sain d'esprit, il ou elle voudrait ce traitement, et ainsi l'état sert comme un gardien utile. Mais cet argument «médical» s'écroule après un examen attentif.

Tout d'abord, il est prouvé que l'hospitalisation psychiatrique elle-même, qu'elle soit volontaire ou involontaire, entraîne un risque accru de suicide. Dans une étude menée en 2014, des chercheurs de l'Université de Copenhague ont examiné les soins psychiatriques reçus par 2 429 personnes au cours de l'année précédant leur suicide et après avoir fait correspondre ce groupe de suicides à un groupe témoin de 50 323 personnes dans la population générale. Après ajustements pour tenir compte des facteurs de risque, ils ont conclu que le risque de décès par suicide à mesure que les personnes reçoivent davantage de soins psychiatriques. La prise de médicaments psychiatriques était associée à une probabilité six fois plus élevée que les gens se tuent eux-mêmes; Le contact avec un hôpital psychiatrique de jour correspond à une augmentation de huit fois; Visiter une salle d'urgence psychiatrique réalise une augmentation de 28 fois; Et l'admission en hôpital psychiatrique une augmentation de 44 fois. [1]

Dans un éditorial qui accompagnait l'article publié dans le Journal of Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, les auteurs - tous experts en recherche sur le suicide - ont observé que ces résultats étaient solides. L'étude danoise, ont-ils écrit,  « a démontré une relation statistiquement forte et dose-dépendante entre l'étendue du traitement psychiatrique et la probabilité de suicide. Cette relation est par étapes, avec des augmentations significatives du risque de suicide qui se produisent avec des niveaux croissants de traitement psychiatrique. »  Ce lien était si fort, conclut-il, que « il semblerait raisonnable, par exemple, toutes choses étant égales, de considérer un non-déprimé, une personne subissant un examen psychiatrique dans le service d'urgence comme étant beaucoup plus à risque [de suicide] qu'une personne souffrant de dépression, qui n'aurait été traitée que dans la communauté. »

Ces chercheurs ont conclu qu'il est « tout à fait plausible que la stigmatisation et le traumatisme inhérents au traitement psychiatrique (particulièrement non consenti) puissent, chez les personnes déjà vulnérables, contribuer à certains suicides. Nous croyons qu'il est probable qu'une proportion de personnes qui se suicident pendant ou après une admission à l'hôpital le font en raison des facteurs inhérents à cette hospitalisation » [2].

Deuxièmement, d'un point de vue médical, la «relation thérapeutique» entre «patient» et «médecin» est considérée comme un facteur important pour un « bon résultat », et le traitement forcé entraîne régulièrement une rupture de cette relation. Les récits personnels des personnes qui ont été traitées de force l'ont comparé à la torture, au viol, etc. En outre, ces récits ne peuvent pas être rejetés comme des écrits de personnes qui sont «altérées» dans leur mental, ni à cet instant ni plus tard; Ces récits personnels révèlent souvent un niveau extraordinaire de détail et de clarté.

Troisièmement, le traitement forcé implique régulièrement des injections d'un antipsychotique, et ce traitement initial est régulièrement un précurseur d'un traitement à long terme avec de tels médicaments (et souvent de manière coercitive). Cependant, il existe maintenant des preuves substantielles que ce traitement médicamenteux de long terme est nuisible. Par exemple:

  • Il y a des preuves que les médicaments rétrécissent les volumes du cerveau, et que ce retrait est associé à une augmentation des symptômes négatifs, des troubles fonctionnels, et au déclin cognitif. [3] 
  • Les médicaments induisent des dyskinésies tardives chez un pourcentage significatif de patients, ce qui traduit un dommage des ganglions de la base.
     
  • Martin Harrow, dans son étude longitudinale des patients psychotiques, a constaté que les patients sous médicaments se détérioraient à long terme sur tous les domaines de fonctionnement. Les patients sous médicaments étaient huit fois moins susceptibles de se rétablir à la fin des 15 ans que ceux qui étaient sortis de la médication. [4] 

Il s'agit simplement d'un examen rapide du procès médical qui peut être fait contre le traitement forcé. Mais même cette revue sommaire montre qu'un tel traitement augmente le risque de suicide, peut se révéler dévastateur pour la «relation thérapeutique», et peut mettre une personne sur une longue période d'usage de médicaments, qui est associée à une variété de dommages et de mauvais résultats. L'argument selon lequel l'hospitalisation involontaire et les traitements forcés sont dans le meilleur intérêt « médical » de la personne «altérée» s'effondre lorsqu'on le regarde à travers cette optique scientifique et, une fois que c'est fait, l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé peuvent être clairement perçus pour ce qu'ils sont.

Ils ne sont pas un moyen de fournir «l'aide médicale» nécessaire à un individu. Ils sont une affirmation de l'autorité de l'État et de son pouvoir sur un individu, et cette affirmation de l'autorité viole les droits fondamentaux de la personne civile. Toute discussion sociétale sur l'engagement involontaire et les traitements forcés doit se concentrer sur cette question, et ne pas être distrait par la revendication du « médicalement utile ».

[1] C. Hjorthøj, Risk of suicide according to level of psychiatric treatment—a nationwide nested case control study. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol (2014) 49: 1357-65.

[2] M. Large. Disturbing findings about the risk of suicide and psychiatric hospitals. Soc Psychiatry Psychiatry Epidemiol (2014) 49:1353-55.

[3] J. Radua, “Multimodal meta-analysis of structural and functional changes in first 
episode psychosis and the effects of antipsychotic medications,” Neuroscience and 
Biobehavioral Review 36 (2012): 2325–33.

[4] M. Harrow. “Factors involved in outcome and recovery in schizophrenia patients not on antipsychotics medications.” J Nerv Ment Dis (2007) 195: 407-414.


Campagne CDPH prohibition absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé.


Catégories: Critique du critère de traitement, Décès en psychiatrie, Privation de capacité juridique, Administration forcée de psychotropes, Traitement forcé médicalement infondé, Dommage causé par l'institutionnalisation, Dommages causés par la psychiatrie, Hospitalisation, non consentement, Dommages et sevrages des produits psychiatriques, Psychiatrie en tant que cause du suicide, Science et recherche, Torture, Non classé.

dimanche 15 janvier 2017

dimanche 8 janvier 2017

Pourquoi le traitement psychiatrique forcé doit être prohibé, par Jolijn Santegoeds, Campagne No Forced Treatment


Article original en néerlandais:

https://tekeertegendeisoleer.wordpress.com/2016/03/29/waarom-gedwongen-ggz-behandeling-verboden-moet-worden/


Jolijn Santegoeds a créé l'ONG "Stitching Mind Rights" [1], elle est co-présidente du Réseau mondial des usagers et survivants de la psychiatrie (WNUSP) [2] , et membre du conseil d'administration du Réseau européen des (ex-) usagers et survivants de la psychiatrie (ENUSP) [3].


Pourquoi le traitement psychiatrique forcé doit être prohibé, par Jolijn Santegoeds, 29 mars 2016.

Pendant des siècles, a existé la résistance au placement forcé dans les institutions, à l'isolement, à la contention par sangles, à l'administration forcée de médications, aux électrochocs forcés, et à d'autres traitements psychiatriques forcés.

La coercition n'est pas un soin

la coercition est l'une des choses les plus horribles que les personnes puissent faire à autrui, tandis que le bon soin est justement l'une des plus belles choses que les personnes puissent offrir à l'autre. Il y a une différence fondamentale entre la coercition et les soins.

La coercition est contraire au bien-être et mène entre autres au désespoir, à la peur, à la colère et au ressentiment du client. Par la coercition, la voix du client est ignorée, et ses limites ne sont pas respectées. La coercition ne conduit pas à une sécurité accrue, ni au rétablissement de la santé mentale. Au contraire, par la souffrance, l'impuissance, et le manque de soutien, le risque est accru d'aggraver les problèmes psychosociaux et de réaliser une escalade. La coercition est à l'opposé des soins.

La coercition signifie un manque de soins

Les interventions psychiatriques forcées ne sont pas une solution, mais un problème pour les soins de bien-être mental. Depuis longtemps, le traitement forcé a permis aux intervenants de tourner le dos à la situation de crise, et d'abandonner la personne sans soutien réel; cela a empêché le développement de bonnes pratiques de soins.

Bien soigner est possible

Bien soutenir évite la coercition. Avec une attitude de respect et un bon soutien, les problèmes et l'escalade peuvent être évités avec succès, cela rend la coercition obsolète [4]. Une aide réelle est possible.

Des efforts sont nécessaires

Bien que toutes les parties sur le terrain de la santé mentale en Hollande veuillent abolir la coercition [5], le nombre total de demandes de contraintes légales (RM et IBS) continue d'augmenter chaque année. Cependant, il y a dans certains endroits des initiatives spécifiques pour réduire la contrainte, tels que le développement de l'HIC (High / Intensive Care psychiatry, psychiatrie de soins intensifs) [6], qui ont pour but de prévenir l'isolement en permettant un soutien intensif. D'autre part, il y a une augmentation énorme des contraintes dans les consultations externes (autorisation conditionnelle), ainsi que dans les incidents avec des « personnes confuses ». On a conclu à plusieurs reprises que les pratiques étaient « persistantes » , et que la culture était « difficile à changer ».

Apprendre de l'histoire

L'Europe a une longue histoire de xénophobie envers les personnes avec des problèmes psychosociaux. Depuis le 15ème siècle , ont existé des asiles spéciaux conçus comme des prisons, où les gens étaient enchaînés et enfermés comme des bêtes, et les exorcismes étaient communs. Après les découvertes de Charles Darwin et les Lumières (17ème et 18ème siècles), l'essor du secteur médical, a été suivi par l'arrivée de la première loi asilaire en Hollande au 19ème siècle pour les « admissions et soins des lunatiques dans les hôpitaux psychiatriques » dans le but d'offrir des « soins plus humains » que dans les asiles d'aliénés. La jeune science médicale comprenait une diversité de points de vue, et dans le 20ème siècle ont été poursuivies de nombreuses expériences telles que les bains chauds et froids en alternance, la lobotomie, les électrochocs , etc... L' « anthropologie spéciale » [7] ou la science raciale et l' eugénisme, s'est engagée dans la recherche de l'homme parfait, et dans la mise en œuvre de l' « hygiène raciale » destinée à empêcher le « déclin de la race », une idéologie qui affirme ouvertement l'inaptitude de certaines populations, et qui a entraîné le génocide dans lequel les patients psychiatriques ne sont pas épargnés (Seconde Guerre mondiale).

Après ces pages sombres de l'histoire ont été acceptées les déclarations universelles des droits de l'homme affirmant la valeur de chaque être humain, et peu à peu les sociétés sont devenues plus tolérantes. Cependant, la psychiatrie n'a guère changé et elle s'est maintenue sur ses fondements discutables et ses pratiques expérimentales, avec le confinement, les régimes de discipline, et les traitements expérimentaux comme les piliers inchangés de l'offre de traitement. Elle a encore pour but de forcer un changement de comportement des clients, sous prétexte que les clients eux-mêmes sont « incompétents » et incapables d'exprimer leurs préférences. Ceci est absolument faux: Chaque être humain émet des signaux. Il s'agit de les interpréter d'une façon correcte. Le soin réel s'adresse à la personne elle-même plutôt qu'au comportement. Une assistance professionnelle est quelque chose de complètement différent de la répression primaire des symptômes.

Il est temps de tracer une limite. Il est urgent de reconnaître que les soins en santé mentale se sont engagés dans l'erreur au long de leur histoire. La correction brutale des personnes par la main lourde jusqu'à ce qu'elles soient jugées « suffisamment bonnes » n'est pas un but légitime des soins en santé mentale. Il devrait s'agir de bien-être. la contrainte est l'erreur passée des soins en santé mentale. L'innovation est nécessaire.

Le besoin mondial pour des soins non-coercitifs et gratuits

Partout dans le monde existe le traitement forcé. Nous connaissons les images extrêmement bouleversantes des parties les plus pauvres du monde, les gens enchaînés en Asie par exemple, [8] et en Afrique [9], mais aussi dans notre propre pays avec Brandon [10] et Alex [11]. Tant que l'Occident continue d'affirmer que le traitement forcé est le modèle des soins appropriés, ces scènes seront plus difficiles à bannir, d'autant plus que de nombreux pays ont des attentes élevées vis à vis de l'approche occidentale. Il est important de trouver de bonnes solutions dans la quête mondiale pour les soins non-coercitifs et gratuits.

Appel des Nations Unies

Depuis 2006, existe la Convention des Nations Unies sur les Droits des Personnes Handicapées (CDPH) [12] , qui expose combien un changement global est nécessaire à l'égard des personnes handicapées. Plusieurs organes de l' ONU ont clarifié le fait que la contrainte dans les soins viole les droits de l'homme [13], [14], [15], [16], y compris quand cela concerne les Pays-Bas [17], [18]. Nous avons besoin d'un changement.

Et maintenant?

Ceci est une question importante.
Que voulons-nous? Allons-nous enfin faire vraiment ce qui est juste?
Allons-nous montrer de nous-mêmes notre meilleur aspect?

Un véritable changement culturel est nécessaire. La santé mentale doit se réinventer, et mettre fin aux pratiques d'enfermement et de coercition. De bons soins sont possibles.

« Oui, mais ce n'est pas ... »

Les commentaires fréquemment entendus sont: « C'est un bel idéal, mais cela n'est pas réaliste » ou bien: « Il ne peut en être autrement, parce que le système ne soutient pas cela » ou bien: « La société ici n'est pas du tout prête pour cela. » L'hypothèse implicite selon laquelle un changement de culture serait «irréaliste» , montre des perspectives limitées, peu d'espoir ou d'ambition. Le système est entre nos mains. Nous sommes la génération actuelle. Le changement est possible. Le monde est en constante évolution. La santé mentale peut changer [19] , [20] , ainsi que l' opinion publique. Nous ne sommes pas impuissants ni insensibles. Des efforts sont nécessaires pour travailler ensemble afin de rendre le monde meilleur et plus acceptable. Nous pouvons le faire.

Le changement peut paraître effrayant. Sans un historique positif ou la mise en œuvre de bonnes pratiques ailleurs, il est peut-être difficile d'imaginer que tout puisse être différent, mais cela ne doit pas être une raison pour abandonner immédiatement. Nous ne nous demandons pas si il est réaliste d'arrêter toute la faim dans le monde avant de commencer. Chaque personne compte. Le soin réel est possible et doit être réalisé, y compris dans les situations de crise aiguës et complexes. Les pratiques abusives sont à arrêter immédiatement. Telle est la tâche qui est assignée à notre génération. Cela vaut la peine de travailler ensemble pour unir toutes les forces afin de réaliser ce changement historique de l'exclusion vers l'inclusion.

La remarque: « Oui, mais la contrainte est nécessaire, tant qu'il n'y a pas d'alternative » doit ici être réfutée. La coercition n'est pas un soin, mais l'abus, et il n'y a aucune excuse pour l'abus. La coercition n'est jamais nécessaire. Un soin de bonne qualité est nécessaire.

Faire des droits de l'homme une réalité

La Convention des Nations Unies relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH) fournit une dynamique de changement. Si tout le monde coopère maintenant, à tous les niveaux du système et de la société, le changement proposé recevra une impulsion sans précédent. Les articles de la Convention des Nations Unies ici fournissent des conseils, donc, une action globale et cohérente est possible. La Convention des Nations Unies fournit d'énormes possibilités d'améliorer le monde de façon effective.

Ensemble, nous pouvons éradiquer le traitement forcé de la santé mentale. Là où il y a une volonté, il y a un chemin. Dans l'histoire il y avait l'asile, et maintenant nous faisons mieux. Alors maintenant, nous devons faire mieux. Un monde largement non-exploré est devant nous.

Les points-clés

Il est difficile de changer le système de santé mentale, et la confiance dans la santé mentale ne se restaurera pas sans efforts. Plusieurs choses sont nécessaires pour changer durablement la situation:

- Réaliser de bons soins
L'ancienne psychiatrie ne se fonde pas sur les droits de l'homme, ni sur la diversité et l'inclusion, mais sur la xénophobie et l'exclusion. La science a jusqu'ici mis l'accent sur l'homogénéisation de la société, et sur les tentatives de changer les personnes ( la mentalité de la camisole de force et des cases à cocher ). La santé mentale moderne devrait se concentrer sur la promotion d'une société hétérogène et diversifiée, en créant les bonnes conditions dans la société pour rendre possibles l'autodétermination, la liberté et l'inclusion, afin que chacun puisse être heureux et puisse s'accomplir dans sa vie au sein de notre société. Une réforme fondamentale des soins en santé mentale est nécessaire.

Le bien-être - ou la santé mentale - est une valeur intrinsèque très personnelle qui ne peut être produite sous la contrainte. La résolution des problèmes psychosociaux ( « recovery » en anglais ) n'est pas un processus isolé de la personne concernée, mais elle est maillage avec le contexte social de la personne, tels que les opportunités de la vie, l'acceptation sociale et l'inclusion. L'étendue des besoins concernés par le soin doit être complètement réévaluée et adaptée aux exigences d'aujourd'hui.

Il est nécessaire que les privations de liberté cessent immédiatement. La mise en œuvre des soins de qualité est nécessaire et urgente, et ne peut être reportée plus longtemps. Les directives précédentes en vertu de la loi BOPZ 1994, de recourir à la coercition « aussi peu que possible » et « de durée la plus courte possible » ont clairement échoué, et le nombre d'applications obligatoires (RM et IBS) continue d'augmenter de façon continue, et au cours des 10 dernières années, a plus que doublé. Cette tendance est inacceptable et par conséquent quelque chose doit vraiment changer maintenant. Le besoin de soins ne doit pas être une raison pour la privation de la liberté. De bons soins sont possibles.

Sans soins appropriés, le désordre ne peut que se déplacer. Il est impératif de faire tous les efforts immédiatement pour fournir des soins de qualité, y compris les soins appropriés dans des situations de crise.

- Législation: Bannir la coercition, réorganiser les soins
La législation sur le traitement obligatoire de la santé mentale doit être révisée. L'objectif des soins de santé mentale n'est pas de traiter les gens vulnérables de façon brutale, mais le but est de fournir de bons soins, même dans des situations de crise. Il est nécessaire de mettre en place une transition.

La législation sur la folie date de 1841, à une époque où la science médicale en était absolument à ses débuts. La loi BOPZ 1994, et le projet de loi récent sur les soins obligatoires de santé mentale ont une structure similaire aux autorisations judiciaires et mesures de crise RM / IBS, qui respectivement, sont au cœur des détentions et traitements forcés. Ce système ne repose pas sur une prise de conscience des droits de l'homme, et ne porte pas sur la qualité des soins et cela doit changer.

Le traitement forcé est un abus. La législation devrait protéger tous les citoyens contre les abus. Si le gouvernement participe à des mauvais traitements de certains groupes, c'est de la torture [21], [22], qui est absolument interdite. Les lois coercitives telles que la BOPZ et le projet de loi sur les soins obligatoire de santé mentale sont inacceptables.

La législation vise à fournir un cadre équitable pour la société. Une interdiction de la contrainte est nécessaire en raison des droits de l'homme [23]. En outre, certaines lois peuvent accélérer la fourniture de soins de qualité et l'organisation de l'innovation [24]. Il nous est possible de faire des lois qui soient réellement utiles à la société. Ne serait-ce pas appréciable?

- Compensation: Reconnaître la gravité
Pendant des années et des années, le gouvernement et de nombreux travailleurs de santé ont  pris le contrôle sur la vie des patients psychiatriques et les ont soumis par la contrainte aux terribles traitements forcés, aux cellules d'isolement, à la médication forcée, aux ceintures de contention, aux électrochocs, tous motivés par de soi-disant « bonnes intentions ». La sincérité des personnes responsables doit maintenant être prouvée par la reconnaissance authentique de la souffrance que beaucoup ont eu à endurer. Une compensation serait appropriée: quand vous cassez quelque chose vous avez à payer pour cela. Nous considérons cela comme tout à fait normal.

* Les excuses sont nécessaires pour rétablir la relation entre les (anciens) clients et les soignants.
* La reconnaissance des traumatismes causés par le traitement forcé et un soutien pour les surmonter si cela est demandé.
* Des compensations qui montrent que le changement d'attitude est authentique.

Maintenant, il est temps de montrer que les Pays-Bas sont vraiment un pays civilisé.

Passons à l'action
Je voudrais appeler tout le monde à contribuer au changement culturel. Travaillons ensemble pour veiller à ce que les droits de l'homme soient respectés pour chaque être humain, et que la vieille psychiatrie démodée disparaisse, et que seuls les bons soins soient pratiqués en santé mentale.

S'il vous plaît diffusez ce message afin d'accroître la sensibilisation.

***

Pour renforcer l'argument ci-dessus, j'ai publié une description de mes expériences personnelles avec la psychiatrie forcée néerlandaise, à lire en anglais à travers ce lien: 16 ans, déprimée et torturée en psychiatrie - Une déclaration d'une victime des abus et de la torture par la psychiatrie forcée (2016).

https://tekeertegendeisoleer.files.wordpress.com/2014/12/16-years-old-depressed-and-tortured-in-psychiatry.pdf

Cette publication fait partie de la campagne prohibition absolue de l'hospitalisation et du traitement forcés, voir  https://absoluteprohibition.wordpress.com

Références:

[1] Actiegroep Tekeer tegen de isoleer! / Stichting Mind Rights www.mindrights.nl
[2] WNUSP: World Network of Users and Survivors of Psychiatry www.wnusp.net
[3] ENUSP: European Network of (Ex-) Users and Survivors of Psychiatry www.enusp.org
[4] Report: Best practices rondom dwangreductie in de GGZ 2011
[5] Declaration on reduction of coercion:  Intentieverklaring GGZ: preventie van dwang in de GGZ 2011
[6] High Intensive Care HIC (HIC)
[7] Description of Racial-science e.a.: Winkler Prins Algemeene Encyclopaedie, vijfde druk, Elsevier, 1936
[8] Human Rights Watch “Living in hell – abuses against people with psychosocial disabilities in Indonesia”, 2016
[9] Robin Hammond, fotoserie “Condemned – Mental health in African countries in crisis”
[10] Brandon van Ingen, Jongen al 3 jaar vastgebonden in een zorginstelling
[11] Alex Oudman, Schokkende beelden uit isoleercel – Toen en nu
[12] UN Convention on the Rights of Persons with Disabilities (CRPD)
[13] CRPD General Comment no. 1 on CRPD article 12 Equal Recognition before the law
[14] CRPD Guidelines on CRPD article 14 Liberty and Security of Person
[15] Statement of 2 UN Special Rapporteurs “Dignity must prevail – an appeal to do away with non-consensual psychiatric treatments” World Mental Health Day, 10 October 2015
[16] A/HRC/22/53 Special Rapporteur on Torture, Juan E Mendez, Torture in health care settings (2013)
[17] Communication sent to the Kingdom of the Netherlands by the UN Special Rapporteur on Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment and the UN Special Rapporteur on the Right of Everyone to the Enjoyment of the Highest Attainable Standard of Physical and Mental Health. AL Health (2002-7) G/SO 214 (53-24) NLD 2/2013, October 2013, https://spdb.ohchr.org/hrdb/24th/public_-_AL_Netherlands_08.10.13_(2.2013).pdf
[18] CAT/C/NLD/CO/5-6, CAT Concluding Observations on the Netherlands
[19] High Intensive Care HIC (HIC)
[20] Intensive Home Treatment (IHT)
[21] Torture, for full definitiion see article 1 CAT, Convention Against Torture.
[22] A/HRC/22/53 Special Rapporteur on Torture, Juan E Mendez, Torture in health care settings (2013)
[23] amongst others the right to liberty, freedom from torture / Civil and political rights and CRPD
[24] amongst others the right to health care and adequate standard of living / Social, economic and cultural rights and CRPD.