vendredi 23 juin 2017

Protestation contre le congrès mondial de psychiatrie à Berlin les 8-12 octobre 2017

L'Allemagne nazie gazait les personnes psychiatrisées avec le programme T4, sur proposition, et avec la participation des autorités médicales qui ont été jugées au procès des "bons docteurs".

Aussi longtemps que des produits neurotoxiques sont administrés de force à des personnes sur la base de discriminations faites d'idéologie psychiatrique, il me semble évident que la psychiatrie n'a pas tiré les leçons de l'histoire: elle est coupable aujourd'hui comme elle l'était en Allemagne en 1939 de crime contre l'humanité. Les produits agissent plus lentement et les pratiques sont plus discrètes (meurtre par suicide en particulier), que le zyklon B ou le gaz d'échappement des camions, mais la logique est restée rigoureusement la même: l'arrestation et la destruction de personnes désignées par des moyens chimiques et violents, appuyée par une propagande pseudosociale et pseudomédicale, et soutenue par des intérêts industriels.

L'IAAPA, "International Association Against Psychiatric Assault", invite à une Protestation contre le Congrès Mondial de Psychiatrie à Berlin les 8-12 octobre 2017.

Selon cette association, les psychiatres, parce qu'ils pratiquent l'hospitalisation et/ou les traitements forcés, sont des criminels protégés par l'état.

Article ici:
http://www.iaapa.de/fake_science/




samedi 27 mai 2017

On se sert de mythes pour justifier la privation des droits des personnes diagnostiquées malades mentaux, par Paula J. Caplan, campagne "No Forced Treatment"

On se sert de mythes pour justifier la privation des droits de l'homme envers les personnes diagnostiquées comme malades mentaux.

par


14 mars 2016

Qui dans ce monde devrait avoir le droit de prendre des décisions au sujet de leur vie, définir qui doit perdre ce droit et décider que la communauté médicale et les tribunaux prennent le contrôle?


Bien que personne dans l'histoire, pas même l'Omnipotente American Psychiatric Association - qui produit et bénéficie puissamment de la «Bible» des troubles mentaux - n'aie trouvé une définition seulement à moitié bonne de la «maladie mentale», et malgré le fait que le processus de création et d'application des étiquettes de la maladie mentale ne soit pas scientifique, n'importe laquelle de ces étiquettes peut être utilisée pour priver la personne ainsi marquée de ses droits humains. C'est terrifiant. Cela devrait terrifier ceux qui sont ainsi étiquetés et ceux qui ne le sont pas, car la privation de droits de l'homme pour des motifs totalement arbitraires est inhumaine et immorale.


La combinaison du spectre du terrorisme et des incidents très médiatisés de violences armées ont rapidement conduit les politiciens, les thérapeutes et le grand public à blâmer les «malades mentaux» pour ces dangers, ce qui permet de priver non seulement les terroristes et autres tueurs, mais toute personne ayant une étiquette de trouble mental de leurs droits. Ils peuvent être enfermés contre leur volonté, ils peuvent être invités à se conformer à tout ce qu'un professionnel appelle «traitement des malades mentaux», peu importe la façon dont ces actions peuvent nuire à la personne et en l'absence de preuve scientifique que le "traitement" des personnes qui ont été étiquetées psychiatriquement préviendra les violences. En d'autres termes, le saut énorme est souvent fait de "cette personne a un label psychiatrique" à "cette personne est donc dangereuse pour elle-même et pour les autres", même en l'absence de toute histoire ou indication actuelle d'une telle dangerosité, et ce saut est utilisé ensuite pour verrouiller les personnes et / ou les «traiter» contre leur volonté.


Maintenant, le traité des Nations Unies sur les droits de l'homme appelé Convention sur les droits des personnes handicapées comprend l'interdiction absolue de l'hospitalisation forcée et du traitement forcé, et l'avocat brillant et infatigable Tina Minkowitz mène une campagne pour montrer qu'il existe un large soutien pour ces interdictions. Ceci est particulièrement important aux États-Unis, car 162 nations ont ratifié la CDPH, mais les États-Unis ne l'ont pas fait.


Minkowitz a travaillé sur l'élaboration et participé aux négociations pour le traité de 2002 à 2006 et elle a contribué à assurer l'incorporation dans le CRPD de l'article 12, qui stipule que les "États" pays et gouvernements nationaux liés par le droit international reconnaissent que les personnes handicapées ont le droit de faire leurs propres décisions dans tous les aspects de la vie et de le faire sans coercition. Notez que le terme «personne handicapée» s'applique à toute personne qui a reçu un diagnostic de trouble mental (en plus d'autres handicaps). Il est important de noter l'article 14 de la CRPD, qui précise, d'après le texte et l'interprétation faisant autorité par le Comité des droits des personnes handicapées, que l'existence d'un handicap ou d'un handicap perçu ne peut pas être utilisé pour justifier la privation de liberté et l'article 25 exige que les soins de santé soient fournis sur la base d'un consentement libre et éclairé. Le mot «perçu» est crucial, compte tenu du fait que le nombre incroyable de catégories répertoriées comme troubles mentaux dans les deux manuels primaires utilisés pour classer les personnes en maladie mentale a rendu possible, même probable, que toute personne qui consulte un thérapeute ou un autre professionnel dans un état autre qu'un état calme et heureux sera diagnostiqué comme présentant un trouble psychiatrique, en passant à peu près n'importe qui dans la catégorie «perçu comme handicapé». Donc, un mythe crucial qui concerne le CRPD est que les diagnostics psychiatriques sont scientifiques et habituellement appliqués de manière appropriée.


Si aucun préjudice ne découlait d'être classé comme malade mental, il y aurait moins de cause d'alarme. Mais il est facile, même probable, pour les non-professionnels, pour les thérapeutes et pour les autres professionnels de la santé, ainsi que pour les juges de supposer à tort que le fait d'avoir un handicap (même un handicap perçu) signifie que le jugement de l'un est altéré et qu'on ne devrait pas pouvoir faire nos choix à propos de nos vies, de nos corps et des traitements auxquels on sera soumis. Souvent, le critère du «danger pour soi-même et / ou pour d'autres» est utilisé pour justifier une hospitalisation forcée ou un traitement forcé, et cela est pratiqué malgré le fait avéré que les personnes atteintes de maladie mentale sont en réalité moins susceptibles que d'autres de commettre des actes de violence et plus susceptibles d'être victimes de violence. La preuve de ce schéma erroné est dans les statistiques, et elle est d'autant plus remarquable, que, pour plusieurs raisons: (par exemple, les avocats de la défense s'efforcent d'obtenir des étiquettes psychiatriques pour leurs clients afin d'obtenir des peines réduites ou un détournement de la prison vers le système de santé mentale, et il y a aussi la fréquence élevée des prisonniers étant diagnostiqués comme malades mentaux afin qu'ils puissent être fortement médiqués et que le besoin de personnel pénitentiaire soit réduit d'autant), les statistiques dans un proche avenir sont susceptibles de montrer une corrélation de plus en plus élevée entre les étiquettes psychiatriques et la violence. Ainsi, deux autres mythes cruciaux qui concernent le CRPD sont que les gens qui ont reçu des étiquettes psychiatriques sont susceptibles d'être incompétents pour faire des choix sur leur vie et qu'ils sont plus susceptibles que les autres d'être violents.


Un quatrième mythe crucial est que l'hospitalisation forcée et le traitement forcé sont bénéfiques (et, par implication, pas dangereux). On voit qu'il s'agit d'un mythe en considérant les taux élevés de suicide qui suivent le traitement hospitalier et l'augmentation des taux de suicide causés par de nombreux médicaments psychiatriques, ainsi que l'effondrement des taux de guérison et l'augmentation des taux d'incapacité à long terme qui ont suivi l'introduction de divers médicaments psychiatriques sur le marché ainsi que l'usage des électrochocs.


Un autre mythe est la question de savoir si les personnes atteintes de maladie mentale sont capables de faire leurs propres choix et si elles ont un bon jugement. Nous connaissons tous des personnes qui n'ont pas d'étiquettes psychiatriques mais qui font des choix désastreux et dont le jugement est médiocre, mais ces limitations ne sont pas utilisées pour les priver de leurs droits de l'homme. Savoir si une personne a ou non un diagnostic n'est pas un prédicteur de leur jugement ni de la capacité de faire de bons choix pour eux-mêmes. Un mythe apparenté est que si quelqu'un est diagnostiqué comme malade mental, on doit retirer à cette personne tout pouvoir de prise de décision. Pourtant, comme chez beaucoup de personnes qui ne sont pas diagnostiquées, ce dont la personne a besoin est un peu de soutien de diverses sortes, y compris l'aide pour remplir des formulaires ou une aide pratique pour la cuisine ou les courses ou pour obtenir un animal de service pendant les périodes où ils se battent.


La norme CRPD concerne les personnes qui perçoivent ou sont perçues comme étant empêchées par un handicap. Ces personnes doivent avoir la possibilité de donner leur consentement libre et éclairé. C'est très loin de ce qui est pratiqué vis à vis de la grande majorité des personnes traitées par les psychothérapeutes, sans parler de ceux qui sont privés de leurs droits humains. Considérez ceci: le diagnostic psychiatrique est la pierre angulaire, la première cause de tout ce qui arrive de nuisible aux personnes dans le système de santé mentale et à travers le système de santé mentale. S'ils ne vous diagnostiquent pas, ils ne peuvent pas vous traiter (si on assimile les pratiques à des soins), et ceci que les traitements vous soient utiles ou non. Cependant presque personne n'entre dans le bureau d'un thérapeute en étant pleinement informé et, par conséquent, presque personne n'est placé en position de donner son consentement éclairé. Pourquoi? Il y a à cela trois raisons:


    On ne leur dit presque jamais: «Pour que votre assurance paie mes factures, je devrai vous donner un diagnostic psychiatrique, mais vous avez le droit de savoir que les diagnostics psychiatriques ne sont pas scientifiques, que l'obtention d'un diagnostic ne contribue pas à atténuer les souffrances mais s'accompagne d'un large éventail de risques de préjudices, de la perte de la confiance en soi à la perte d'emploi et de la garde des enfants et des autorisations liées à la sécurité ... et même à la mort par des traitements justifiés sur la base de votre étiquette".


    On ne leur dit presque jamais: «Je recommande le traitement X, mais je vais vous expliquer tout sur les avantages et les dommages potentiels qui peuvent en résulter.» La raison pour laquelle on ne leur dit presque jamais cela c'est que ces derniers temps, la vaste majorité des traitements se font avec des médicaments psychiatriques, et les poursuites judiciaires ont révélé à plusieurs reprises que les compagnies pharmaceutiques dissimulent de façon considérable une grande partie des dommages liés aux médicaments, de sorte qu'il n'y a aucun moyen pour les thérapeutes consciencieux d'obtenir cette information et donc de la retransmettre à leurs patients. Quelque chose de similaire est fait avec les électrochocs et avec des programmes coûteux mais intensivement commercialisés comme "neurobiofeedback" qui n'ont pas montré d'utilité, mais qui sont souvent très coûteux.


    On ne leur dit presque jamais: «Je recommande le traitement X, mais je vais aussi vous décrire le vaste éventail d'approches qui ont aidé les personnes qui traversent ce que vous traversez ... et qui souvent ne comportent peu ou aucun risque de dommages ".


Alarmée par le manque d'information, qui expose les personnes souffrant et cherchant de l'aide dans le système de santé mentale à un risque énorme de nuisances, sans même savoir quelles questions poser et quelles recommandations contester, j'ai organisé le dépôt de neuf plaintes au Département d'Ethique de l'Association américaine de psychiatrie, parce que cette APA publie et bénéficie énormément du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), dont les catégories ont été utilisées contre les plaintes adressées au système avec des effets tragiques. Nous avons dit que l'APA n'a pas révélé honnêtement la nature non scientifique de ses catégories et les risques de dommages en résultant, ainsi que le fait que l'obtention d'une étiquette n'est utile en grande partie ou seulement que pour obtenir une couverture d'assurance pour traitement, les plaignants n'auraient pas accepté aveuglément leurs étiquettes et les traitements qui leur étaient présentés comme appropriés sur la base des étiquettes ("Vous avez le trouble Y, donc vous devriez accepter le traitement Z, car c'est ce qui est utilisé pour les personnes atteintes de Y"). L'APA a rejeté les plaintes pour des motifs factices et n'a pas accordé un iota d'attention aux mérites de ces plaintes.


Cinq de ces plaignants ont ensuite déposé leurs plaintes auprès du Bureau des droits civils (OCR) du Ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis. Les plaintes ont été déposées en vertu de la loi "Americans with Disabilities Act". Selon cette loi, les personnes victimes de discrimination en étant traités comme handicapées (malades mentaux dans ces cas) alors qu'en réalité elles ne le sont pas, peuvent déposer plainte. Tous les plaignants avaient des situations de vie bouleversantes mais n'auraient jamais du être diagnostiqués comme malades mentaux. Pourtant, selon le DSM (faussement commercialisé comme scientifique), ils étaient mentalement malades et les traitements justifiés sur la base de leurs étiquettes ont eu des conséquences dévastatrices pour eux. L'OCR a rejeté les plaintes pour des motifs factices et sans considérer les mérites de ces plaintes.


Les résultats de ces plaintes fournissent une piste concrète faite de papier qui révéle qu'aux États-Unis, l'entreprise de diagnostic psychiatrique est entièrement non réglementée. C'est encore moins réglementé que les principales institutions financières dont les actions non réglementées ont sérieusement endommagé l'économie (crise financière). La piste expose le groupe de lobbying appelé APA, qui a gagné plus de 100 millions de dollars de la dernière édition du DSM, mais qui n'a pas dépensé un centime pour révéler la vérité sur son manuel ou pour avertir sur les méfaits dont l'association était informée, d'une part. Et d'autre part l'entité gouvernementale (OCR de HHS) qui, de droit, est chargée de la surveillance et de la réglementation. L'APA et l'OCR ont choisi de ne rien faire. Cela incite d'autant plus chacun d'entre nous à demander que le gouvernement des États-Unis ratifie le CRPD. La perte des droits de l'homme de l'un d'entre nous par la publicité frauduleuse, les dissimulations et la perpétuation de mythes dangereux constitue la perte des droits de l'homme de nous tous.


En tant que citoyenne américaine, je suis embarrassée et consternée, car ce pays discute s'il faut ratifier ou non le CRPD, mais il veut ajouter ce qu'on appelle les «RUD», les réserves, les interprétations et les déclarations créées par l'administration fédérale actuelle et le Comité des relations publiques étrangères du Sénat. Selon Minkowitz, il s'agit notamment de prétendre que le droit des États-Unis remplit ou dépasse déjà les obligations que notre pays aurait au titre du traité CRPD. Les plaintes décrites ci-dessus, que nous avons déposées - et le rejet de ces plaintes par le Bureau des droits civils du ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis dément cette affirmation, puisqu'il n'y a simplement aucune réglementation gouvernementale du diagnostic psychiatrique et que le diagnostic est le sine qua non de l'hospitalisation forcée et du traitement forcé.



Campagne de soutien à l'interdiction absolue de l'hospitalisation et du traitement forcé.
L'article a été posté originellement sur le site: http://www.paulajcaplan.net/ 

et sur le blog Mad in America.
http://www.madinamerica.com/2016/03/myths-are-used-to-justify-depriving-people-diagnosed-as-mentally-ill-of-their-human-rights/

Paula J. Caplan, PhD, est psychologue clinicien et de recherche, activiste, Associée à l'Institut DuBois, Université de Harvard et auteur de 11 livres, dont un qui a remporté trois prix nationaux pour la non-fiction et deux sur le diagnostic psychiatrique. Ses livres incluent: "They Say You’re Crazy: How the World’s Most Powerful Psychiatrists Decide Who’s Normal" et "The edited Bias in Psychiatric Diagnosis."

jeudi 20 avril 2017

"Je dois être morte et partie en enfer" par Katherine Tapley-Milton, récit de torture au neuroleptique Haldol, campagne "no forced treatment"

"Je dois être morte et partie en enfer" par Katherine Tapley-Milton [1]

Campagne de soutien à l'interdiction absolue de l'hospitalisation et du traitement forcé.
Article publié le 6 mars 2016 sur le blog de la campagne:
https://absoluteprohibition.org/2016/03/06/i-must-have-died-and-gone-to-hell-katherine-tapley-milton/

 
Mon psychiatre à Centracare [2] était étranger et avait un accent difficile à comprendre. Il m'a toujours traité comme si j'étais une enfant mauvaise. Quand il est parti pour deux jours, il m'a donné une dose excessive de 30 mg de Haldol. Il a dit que c'était: « pour me garder hors des ennuis ». Vous deviez vous mettre en ligne pour vos pilules et je n'avais pas d'autre choix que de prendre le médicament, sinon le personnel serait devenu méchant et m'aurait forcé à le prendre.

Vous ne vouliez pas vous opposer au personnel de l'hôpital ou bien vous finiriez par être plaqué au sol avec une aiguille dans les fesses. J'ai entendu dire que les prisonniers politiques de Russie se plaignaient aux médias occidentaux qu'ils avaient été torturés avec un produit horrible. Ce médicament s'appelait Haldol. Les psychiatres ici l'appellent affectueusement « Vitamine H ». La surdose d'Haldol m'a mis dans une « crise oculogyre », ce qui se passe lorsque vos globes oculaires roulent vers l'intérieur de la tête et s'y maintiennent.

Commentaires de Wikipedia: « La crise oculogyre est le nom d'une réaction dystonique à certains médicaments ou conditions médicales caractérisée par une déviation prolongée involontaire vers le haut des globes oculaires. Le terme "oculogyration" désigne l'élévation bilatérale du regard ».

C'est extrêmement inconfortable et terrifiant. Quand cette réaction a commencé à m'arriver, je suis allée à la salle de l'infirmière et j'ai supplié pour avoir la pilule contre les effets secondaires appelée Cogentin. Elle m'a rudement informé: « Tu devras être dans un état bien pire avant que l'on fasse quelque chose à ce sujet ». Je suis entré dans une petite pièce et mon cou s'est courbé en arrière et mes yeux ont été bloqués en regardant une ampoule. J'étais dans une agonie physique et mentale et je ne pouvais pas croire à la cruauté de quelqu'un qui me laisserait comme ça. Les effets secondaires du médicament ont duré des jours et des jours. C'était comme une éternité.

Le téléphone payant était mon seul contact avec le monde extérieur, mais la concurrence pour son utilisation était féroce parmi les patients. De plus, il était difficile d'entendre par dessus le bruit de la salle. Il y avait des gémissements, des pleurs et des hurlements. Je me souviens d'avoir appelé mes parents en longue distance et de les prier de me sortir de Centracare. Cependant, j'avais été certifiée, ce qui signifie que je ne pouvais pas partir légalement. En sanglotant dans le téléphone, j'ai dit à mon père: "Je dois être morte et partie en enfer".



[1] L'auteur vient de Sackville, au Canada

[2] Centracare était la plus ancienne institution psychiatrique du Canada. Elle a depuis été démolie.

Catégories: droguage forcé, haldol, neuroleptique, antipsychotique, torture.

dimanche 26 mars 2017

Signaler les violations de vos droits pour la visite en France en 2017 des rapporteurs spéciaux de l'ONU pour les droits des personnes handicapées

La France a demandé la visite en 2017 des rapporteurs spéciaux de l'ONU concernant les droits de personnes handicapées et la convention CDPH.

Nous devons signaler les violations des droits que nous connaissons, sous la forme de descriptions factuelles, aux rapporteurs spéciaux. Hospitalisations forcées, traitements forcés, traitements dégradants, contentions, isolements, mises sous tutelles forcées, endoctrinement, discriminations, pour motif de handicap psycho-social ou d'histoire médico-psychiatrique.

La soumission des observations se fait en suivant ce lien.
https://spsubmission.ohchr.org/

Faites passer le message s'il vous plait.

Rappel: Commentaire général 1 relatif à l'article 12 de la Convention Droits des Personnes Handicapées, paragraphe I.7



http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

Courrier aux députés de la Commission des affaires Sociales

Madame, Monsieur le député,

La loi psychiatrie de non consentement de 2011-2013 est obsolète et doit être abrogée: Non respect des conventions ONU, torture, discrimination.

31 janvier 2017

Santé mentale et droits de l’homme
  Rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies  aux droits de l’homme

http://ap.ohchr.org/documents/alldocs.aspx?doc_id=27780



dimanche 19 février 2017

Campagne No Forced Treatment: prochain rendez-vous francophone

Bonjour, les participants francophones se donnent rendez vous:

Mardi 28 février à 18h heure de Paris (GMT+1)

Si vous soutenez l'interdiction absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé, vous êtes invités à participer au partage d'informations et à l'exploration de stratégies.

Veuillez contacter info@chrusp.org pour plus de détails.


https://absoluteprohibition.org/

mercredi 8 février 2017

"La liberté contestée de ce qui effraie" par Karlijn Roex, Campagne No Forced Treatment

Campagne de soutien à l'interdiction absolue de l'hospitalisation et du traitement forcé.
Article publié le 24 mars 2016 sur le blog de la campagne:
https://absoluteprohibition.org/2016/03/24/the-contested-freedom-of-the-scary-karlijn-roex/


La liberté contestée de ce qui effraie: le recours à la coercition en psychiatrie viole les droits fondamentaux de l'homme, par Karlijn Roex.

Détention, isolement en cellule, droguage forcé; Tout au long de l'histoire, les sociétés ont eu tendance à contraindre agressivement les personnes souffrant de handicaps psycho-sociaux et ont préféré un instrumentalisme obsédé par la sécurité placé au-dessus des droits de l'homme universels. Mais récemment, l'utilisation de la coercition en psychiatrie est une pratique très débattue dans les cercles de droits de l'homme; Témoin le dernier rapport de Human Rights Watch [1] sur l'usage des chaînes. Cet intérêt accru a été marqué par la récente adoption de la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées. En m'appuyant sur des travaux scientifiques, des récits d'usagers et des principes moraux, je soutiens l'appel lancé par le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH) à abandonner l'utilisation de la contrainte en psychiatrie.

Selon les documents faisant autorité de la Convention [2], l'utilisation de la coercition en psychiatrie est une forme de discrimination à l'égard des personnes en handicap psychosocial et viole le droit de ces personnes à jouir de l'autonomie et de l'intégrité personnelle. Ces principes doivent être respectés, indépendamment des avantages instrumentaux pouvant résulter de l'application d'interventions psychiatriques coercitives. Mais les bénéfices instrumentaux perçus sont exactement pourquoi l'utilisation de la coercition en psychiatrie est depuis longtemps incontestée. Et ces avantages ont une signification morale aussi. Les personnes ont le droit d'être protégés contre eux-mêmes ou contre des humains dangereux. En fait, de nombreux partisans de la coercition en psychiatrie suivent ce raisonnement éthique du «moindre mal». Selon eux, il est permis d'introduire un mal quand un plus grand mal est empêché par ceci. Ainsi, un tel argument du moindre mal justifie-t-il l'abandon de certains droits humains fondamentaux. C'est dangereux, car les droits de l'homme sont généralement abandonnés au moment où ils sont le plus nécessaires [3]. En fait, ces droits de l'homme sont censés protéger nos minorités en situation de bouc émissaire d'être opprimées en période de crainte du public. Dans les temps de peur publique, certains droits de l'homme deviennent le privilège des non-effrayants, ou si l'on préfère, de la «section respectable de la société» [4]. Dans le contexte ici, les plus chanceux sont les personnes sans handicap psycho-social. En revanche, les effrayants doivent faire face à une contestation de leur liberté.

Les interventions psychiatriques coercitives sont des décisions ou des actions imposées à l'individu, sans son consentement éclairé, motivées par un handicap psychosocial. À cet égard, la CDPH s'est également prononcée contre l'utilisation de cette norme de danger, ou tout autre critère, comme moyen de légitimer la détention psychiatrique [5]. Pour être clair, les interventions coercitives qui sont discutées ici ne sont pas prises à cause d'une suspicion criminelle ou d'une condamnation criminelle. Aujourd'hui, la plupart des pays n'autorisent les interventions psychiatriques coercitives que lorsqu'une personne est considérée comme dangereuse pour elle-même ou pour autrui. Cependant, l'évaluation initiale de la dangerosité n'est faite que par les psychiatres. Un tribunal n'est pas encore impliqué dans cette décision initiale de détenir psychiatriquement un individu. C'est très problématique, car la perspective psychiatrique et l'instrumentalisme obsédé par la sécurité dominent clairement le processus de prise de décision clé au détriment de la perspective des droits de l'homme. Au moment où la décision initiale des psychiatres est revue de façon critique, les marques de la honte ont déjà été ajoutées à la personne touchée. Non seulement cette marque de honte a-t-elle été ajoutée par la conjecture psychiatrique initiale défavorable, qui gagne beaucoup d'autorité épistémologique dans nos sociétés, mais aussi à cause de la pratique très stigmatisante de la détention elle-même [6]. Il est alors beaucoup plus difficile pour l'individu touché de gagner sa crédibilité.

Nous voyons donc que les conditions des interventions psychiatriques coercitives sont devenues plus strictes au fil du temps, mais qu'elles ne remettent pas sérieusement en question la pratique de la détention arbitraire. Cela peut expliquer pourquoi la norme de danger «plus stricte» n'a pas entraîné une diminution du nombre de détentions psychiatriques [7]. Probablement, l'innovation a plutôt servi à faire taire toutes les voix critiques du coté des droits de l'homme. Ce silence a été réalisé en incorporant des parties insignifiantes des exigences critiques dans la politique existante, sans modifier effectivement aucun principe inhérent à l'oppression et à la discrimination [8]. Apparemment, il y a une forte demande dans la société de confiner les personnes souffrant de handicaps psycho-sociaux, et l'un des principaux moteurs de cette demande est un danger perçu.

Protéger les personnes contre elles-mêmes: Le droit de ne pas être un faux positif [9]

Mais qu'est-ce qui ne va pas avec ce critère dangereux? N'est-il pas, par exemple, notre devoir moral de protéger les gens contre eux-mêmes quand cela est nécessaire? Évidemment, il est! Mais nous devrions refléchir un moment de plus sur notre capacité à évaluer les états mentaux: quand quelqu'un doit-il être considéré comme un danger pour lui-même? Permettez-moi de prendre le suicide comme un exemple. En tant que chercheur dans ce sujet, la littérature me montre clairement que l'évaluation du risque de suicide chez les individus est une tâche très difficile. La plupart des gens qui divulguent des pensées suicidaires ne se suicident pas, surtout les femmes [10]. Deuxièmement, les évaluations des risques psychiatriques sont prouvées comme étant vraiment peu fiables [11], conduisant à de nombreux «faux positifs»: les personnes sont considérées comme un danger alors qu'elles ne le sont pas réellement. La déclaration de savoir si quelqu'un est un danger, est en fait une hypothèse sur les états mentaux et les comportements futurs. Ce sont des choses inobservables qui sont difficiles à mesurer. Même lorsqu'une personne a commis des actes autodestructeurs dans le passé, cela ne la rend pas nécessairement dangereuse pour le présent ou pour l'avenir. Les résultats des tests sont susceptibles d'être biaisés et dirigés par des préjugés communs à l'égard des personnes en handicap psychosocial [12], des minorités ethniques et des pauvres [13]. Pire encore, la revendication de dangerosité n'est strictement pas quelque chose que l'on puisse contredire, du moins à court terme: comment prouver aujourd'hui qu'on ne se tue pas bientôt? En conséquence, de nombreuses personnes sont soumises à des interventions coercitives parce qu'elles ont été mal étiquetées comme «dangereuses» et ne peuvent pas facilement échapper à ce label. Le fait d'échapper à l'étiquette de dangerosité est rendu encore plus difficile par les attitudes en général méfiantes du personnel hospitalier vis-à-vis des patients mentaux [14], et le fait que les gens commencent à se comporter de façon conforme au stigmate au fil du temps. L'accumulation d'interactions humiliantes, qui frustrerait toute personne normale, peut conduire à des réponses qui peuvent être qualifiées de «agressives». Comment répondriez-vous si vous appreniez que vous avez été mal informé de votre statut juridique [16] concernant quelque chose d'aussi important que votre liberté?

Ces «faux positifs» sont des personnes vulnérables, tout comme les personnes qui représentent un réel danger pour elles-mêmes. Mais est-ce vraiment une sage stratégie que d'exposer ces personnes à ces interventions psychiatriques coercitives très traumatisantes? Il existe de nombreux témoignages de patients ou «ex-usagers» de la psychiatrie qui indiquent à quel point ces interventions sont stressantes et traumatisantes. En fait, certains défenseurs des droits humains définissent certaines de ces interventions comme des actes de torture. Il y a même des évidences que l'exposition à de telles interventions peut conduire à des symptômes de stress post-traumatique et au suicide [17]. Il existe des récits d'usagers qui indiquent que des individus sans tendances suicidaires antérieures sont devenus suicidaires après avoir été exposés à des interventions coercitives, comme l'isolement en cellule. Les récits des utilisateurs indiquent combien ces expériences peuvent être humiliantes, les gens perdant leur intégrité personnelle, leur humanité et leur dignité. Les individus touchés portent souvent ces sentiments longtemps après les incidents.

Protéger les personnes contre leurs concitoyens dangereux: contester la liberté de l '«autre»

Mais que faire si une personne n'est pas un danger pour elle-même, mais pour les autres? Quand nous voulons être protégés contre nos concitoyens dangereux, qu'est-ce qui est moralement mauvais à cela? Eh bien, rien, mais bien sûr, nous devons produire des motifs raisonnables et la preuve de ce danger supposé. La simple existence d'un désordre psychosocial, ne peut pas démontrer un danger certain. Quand un individu me dit qu'il va me faire du mal, il peut être poursuivi pour des menaces. La plupart des pays ont également criminalisé plusieurs troubles de l'ordre public. Nous pouvons déjà engager des poursuites contre quiconque a visiblement entrepris des préparatifs pour commettre une infraction criminelle ou qui a manifestement tenté de commettre un crime. Par conséquent: nous avons déjà une loi appréciable qui nous protège contre les citoyens dangereux: le droit pénal! Encore mieux, cette loi protège le citoyen contre l'État et contre une société excessivement craintive. Nous ne pouvons pas simplement condamner un individu à cause d'un simple soupçon; Au lieu de cela, la condamnation exige que nous ayons des preuves tangibles contre cet individu.

Avec cette loi appréciable à l'esprit, pourquoi créerions-nous une autre loi spécialement pour les personnes ayant un handicap psychosocial? Parce que nous avons peur des personnes en handicap psychosocial. Un simple soupçon de dangerosité chez une personne souffrant de maladie mentale est déjà assez effrayant, n'est-ce pas? Pourquoi alors se préoccuper de preuves visibles pour une condamnation criminelle? Les lois sur la santé mentale sont l'innovation douteuse d'une société effrayée. Ces lois permettent aux communautés d'incarcérer des personnes atteintes de handicaps psycho-sociaux lorsque nous soupçonnons qu'elles sont dangereuses. Cette suspicion est appuyée par des résultats de tests d'évaluation de risques psychiatriques, encore une fois, très peu fiables et biaisés. En conséquence, nous avons créé deux types de citoyenneté: les citoyens «normaux» et les semi-citoyens effrayants. Ce dernier groupe a trouvé sa liberté contestée: elle peut être refusée à tout moment, dès qu'un soupçon de dangerosité se pose. Alors que la majorité d'entre nous peut se sentir en sécurité et compter sur les principes fondamentaux des droits de la personne qui respectent notre liberté et notre intégrité, il existe un groupe dans notre société dont les membres peuvent simplement être détenus sans la batterie régulière de provisions légales.

C'est une échapattoire inappropriée dans nos démocraties modernes, et cela devrait concerner chaque citoyen. Aucun citoyen ne peut se trouver assuré d'être du côté «droit» de la fracture, parce que les limites entre la maladie mentale et la normalité dépendent du temps et ne sont pas fixées par la nature. Dans le passé, nous avons vu la «psychiatrisation» de l'homosexualité, de la dissidence politique et de la pauvreté. Cela nous enseigne que les lois sur la santé mentale sont un moyen pratique de discipliner subtilement certaines catégories de personnes; Beaucoup plus souplement et subtilement qu'en poursuivant explicitement ces déviants devant des cours pénales [18]. Et bien que nos sociétés soient maintenant considérées comme «libres d'esprit» ou «post-modernes», nous devrions toujours être conscients du potentiel disciplinaire des lois sur la santé mentale. Ce potentiel disciplinaire peut être toxique combiné avec le fait intemporel que nous ne sommes jamais conscients des idées oppressives de notre temps.

En résumé, faisons cela hardiment dans le sens de l'histoire et abandonnons l'usage de la coercition en psychiatrie. La peur fait que nous raccrochons immédiatement vers le soi-disant «dernier recours» d'une intervention coercitive, alors qu'il y a des cas où une simple conversation serait déjà utile. Un tel dialogue nous aiderait aussi, en apprenant sur les logiques spécifiques et différentes derrière la folie, et donc la rendre un peu moins imprévisible et effrayante.

Karlijn Roex est candidate au doctorat en sociologie et activiste des droits de l'homme. Elle vit en Allemagne.

[1] Human Rights Watch (2016, March 20). Indonesia: Treating Mental Health With Shackles. Human Rights Watch. Retrieved 21 March 2016, from: https://www.hrw.org/news/2016/03/20/indonesia-treating-mental-health-shackles

[2] Voir par exemple: CRPD. (2015). Guidelines on Article 14 of the Convention on the Rights of Persons with Disabilities – The right to liberty and security of persons with disabilities. New York: United Nations; CRPD. (2014). General Comment No. 1 (2014). Article 12: Equal Recognition Before the Law. New York: United Nations; United Nations Human Rights Committee (2015, October 10). Dignity must prevail – An appeal to do away with non-consensual psychiatric treatment World Mental Health Day. United Nations. Retrieved 10 March 2016, from: http://www.ohchr.org/en/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16583&LangID=E

[3] Hudson, B. (2009). Justice in a Time of Terror. British journal of Criminology, Delinquency and Deviant Social Behaviour, 5(49), 702-717; Roex, K.L. A. & Riezen, Van. B. (2012). Counter-Terrorism in the Netherlands and the United Kingdom: A Comparative Literature Review Study. Social Cosmos, 3(1), 97-110.

[4] Berger, P.L. (1992). Sociology as a Form of Consciousness. In H. Robboy & C. Clark (edit.), Social Interaction. Readings in Sociology (pp. 6-22). Richmond: Worth Publishers.

[5] Voir par exemple: CRPD. (2015). Guidelines on Article 14 of the Convention on the Rights of Persons with Disabilities – The right to liberty and security of persons with disabilities. New York: United Nations.

[6] Goffman, E. (1961). Asylums. Essays on the Social Situation of Mental Patients and Other Inmates. New York: Anchor Books; Becker, H. S. (1963). Outsiders. New York: The Free Press.

[7] Au moins en Europe. Voir: Salize, H. J., Dressing, H. & Peitz, M. (2002). Compulsory Admission and Involuntary Treatment of Mentally Ill Patients – Legislation and Practice in EU-Member States. Brussels: European Commission.

[8] Cette stratégie pour faire taire les critiques est largement analysée par le sociologue Thomas Mathiesen, proche des idées de Foucault : Mathiesen, T. (2004). Silently Silenced. Essays on the Creation of Acquiescence in Modern Society. Winchester: Waterside Press. Voir aussi sur ce sujet spécifique: Harding ,T.W. (2000): Human Rights Law in the Field of Mental Health: a Critical Review. Acta Psychiatrica Scandinavica, 101: 24-30

[9] Borrowed from Steadman, H. J. (1980). The Right Not to be A False Positive: Problems in the Application of the Dangerousness Standard. Psychiatric Quarterly, 2, 84-99.

[10] Cannetto, S. S. & Sakinosky, I. (1998). The Gender Paradox in Suicide. Suicide & Life Threatening Behavior, 28(1), 1-23 and Möller-Leimkühler, A. M. (2003). The Gender Gap in Suicide and Premature Death or: Why Are Men So Vulnerable? Eur Arch Psychiatry Clin Neurosc, 253: 1-8.

[11] Steadman, H. J. (1980). The Right Not to be A False Positive: Problems in the Application of the Dangerousness Standard. Psychiatric Quarterly, 2, 84-99; Madsen T, Agerbo E, Mortensen PB, Nordentoft M (2012) Predictors of psychiatric inpatient suicide: a national prospective register-based study. J Clin Psychiatry 73:144–151; Steeg S, Kapur N, Webb R, Applegate E, Stewart SL, Hawton K, Bergen H, Waters K, Cooper J (2012) The development of a population-level clinical screening tool for self-harm repetition and suicide: the ReACT self-harm rule. Psychol Med 42:2383–2394; Ryan C, Nielssen O, Paton M, Large M (2010) Clinical decisions in psychiatry should not be based on risk assessment. Australas Psychiatry 18:398–403.

[12] Link et al., (1999).Public Conceptions of Mental Illness: Labels, Causes, Dangerousness, and Social Distance. American Journal of Public Health, 89(9), 1328-1333; Perscosolido, et al. (2013). The ‘Backbone’ of Stigma: Identifying the Global Core of Public Prejudice Associated With Mental Illness. American Journal of Public Health, 103(5), 853-860.

[13] La population des patients psychiatriques en hospitalisation involontaire est surreprésentée en personnes de bas revenu, personnes noires et personnes issues de minorité ethniques: Voir par exemple: Salize, H. J., Dressing, H. & Peitz, M. (2002). Compulsory Admission and Involuntary Treatment of Mentally Ill Patients – Legislation and Practice in EU-Member States. Brussels: European Commission.

[14] Goffman, E. (1961). Asylums. Essays on the Social Situation of Mental Patients and Other Inmates. New York: Anchor Books.

[15] Becker, H. S. (1963). Outsiders. New York: The Free Press.

[16] C'est quelque chose qui survient apparemment assez souvent dans les pays de l'Union Européenne: see Salize et al. (2002)

[17] Par exemple: Large, M. M. & Ryan, C. (2014). Disturbing Findings about the Risk of Suicide and Psychiatric Hospitals. Soc Psychiatr Epidemiol, 49, 1353-1355.

[18] Voir aussi les différents travaux de Michel Foucault à ce sujet.

Catégories: critique de la dangerosité, déni de la capacité juridique, handicap, égalité des droits, dommages et traumatismes causés par la psychiatrie, immoralité de la contrainte, hospitalisation involontaire, recherche en sociologie.


mardi 31 janvier 2017

Dissonance cognitive médicale: l'usager sait mieux.

La vie des médecins ...

"Et qui a fait 8 ans d'études médicales, c'est vous ou c'est moi ? Je sais et vous ne savez pas. Si vous êtes mieux, c'est grâce au médicament, et si vous allez plus mal, bien sùr que non, ce n'est pas la faute du médicament, c'est que vous êtes un mauvais patient: c'est dans votre tête, c'est votre imagination.. ou en fait c'est de votre faute à vous et vous le faites exprès... Vous somatisez et vous souffrez d'une maladie psychiatrique." [2]

Dissonance cognitive

Le médecin est bombardé de messages:

"Le produit est testé scientifiquement en double aveugle, les papiers ont été publiés sous des noms prestigieux, c'est prouvé, reconnu, validé, autorisé, agréé, tamponné, recommandé, remboursé, le médicament marche, il est sécurisé, ce serait une faute médicale de ne pas le prescrire..."

Sauf que...

C'est big pharma qui le dit, qui a mené les tests à sa façon biaisée. Les syndromes de sevrage ne sont pas considérés dans les essais de produits psychiatriques, alors qu'ils sont sévères et peuvent être retardés. Les évaluations reposent sur des grilles cochées à court terme, elles ignorent les effets de long terme. Les évaluations ignorent la qualité de vie, et l'impact du produit sur les rapports avec l'entourage, en particulier avec les produits qui altèrent la personnalité. Les laboratoires qui pratiquent ces essais médicamenteux dissimulent leurs données brutes et les problèmes rencontrés. Les essais s'appuient sur des présupposés et des maladies non prouvées, en particulier en psychiatrie. Un certain nombre de "maladies" psychiatriques sont construites sur des concepts statistiques de la demande psycho-sociale [25][26]. Le caractère possiblement iatrogène des conditions n'est pas évalué. Les résultats des essais ne semblent pas correspondre aux retours d'expériences des usagers eux-mêmes [10][11].

L'argent fait la loi.

Les laboratoires paient les rédacteurs et les conférenciers, et les prête-nom prestigieux, et les journaux prestigieux, et les universités prestigieuses, et les faiseurs d'opinion ambitieux et vénaux, et les visiteurs médicaux.  [4] [5] [6] [7]

Venomagnosia: méconnaissance, conviction positive en faveur d'un poison.

C'est comme une maladie générale des médecins, une incapacité à reconnaître les problèmes et maladies iatrogènes, que les pratiques médicales elles-mêmes ont causées. Par exemple une incapacité à reconnaître les suicides provoqués par les anti-dépresseurs [21], ou les psychoses provoquées par les anti-psychotiques.[3] [22]

La psychiatrie est le terrain rêvé pour les charlatans.

Les produits psychiatriques sont extrêmement importants en termes de revenus pour les laboratoires. Les stratégies sont les mêmes mais la charlatanerie est facilitée par l'altération des moyens de la personne par la drogue, par les présupposés pseudo-scientifique de la psychiatrie et par la contrainte des prescriptions. La fabrication iatrogène des "maladies mentales" par passage à l'acte, dépendance, syndrome de sevrage, dommage cérébral, anosognosie d'intoxication, désespoir et suicide, est un crime collectif de nos sociétés.[4]

Des sommes énormes engagées

Avez-vous une idée des sommes qu'il faudrait investir pour contrer efficacement la propagande pharmacopsychiatrique ?

Aux USA, là où se décide la tendance mondiale, en 2012, l'industrie pharmaceutique a dépensé plus de 27 milliards de dollars pour la promotion des médicaments - plus de 24 milliards de dollars en marketing pour les médecins et plus de 3 milliards de dollars en publicité pour les consommateurs (principalement par des publicités télévisées).

Toujours aux USA, en plus des échantillons gratuits, 8 compagnies pharmaceutiques ont fourni plus de 220 millions de dollars en paiements aux médecins en 2010.

En 2011, les industries des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux ont fourni 32% de tous les fonds destinés aux cours de formation médicale continue aux États-Unis, soit 752 millions de dollars sur un total de 2,35 milliards de dollars. [8]

La promotion des maladies

Et c'est seulement la partie promotion des médicaments. La promotion des maladies est faite aussi, par exemple en finançant les associations de patients et de familles. [9]

Quand existe une demande, alors on invente la maladie. Peu importe si la demande est au service de la personne et respectueuse des droits de l'homme et de l'éthique médicale. Quand il existe une demande, des sociétés, des familles ou des personnes elles-même, cette demande qui n'est pas forcément médicale mais souvent politique échoue devant les médecins. Et voilà la nouvelle "maladie". Ainsi le non-conformisme ou l'échec scolaire deviennent-ils des "maladies" qu'on va vouloir "prévenir" avec des prescriptions psychotropes destructrices de la personne.

Les labos sont à l'affût de telles demandes et répondent en assurant la conception et le marketing de la "maladie", en ressortant des concepts anciens, des théories écartées, en changeant les noms, et en fournissant la pilule "miracle". C'est ainsi qu'ont fait l'objet de marketing la "maladie bipolaire" pour vendre le Depakote (valproate), le "trouble de déficit de l'attention et hyperactivité" pour vendre des amphétamines, la "fibromyalgie" pour vendre les anti-dépresseurs.[4] C'est ainsi qu'a été remarketée la théorie réfutée du déséquilibre biochimique pour vendre les poisons de Big Pharma.

Des épidémies bizarres de maladies psychiatriques

La moitié des rédacteurs du DSM IV a touché de l'argent des labos.[23] Des épidémies étranges de maladies psychiatriques apparaissent dans les pays où sévit le système [7], et les suicides y explosent.[24] C'est comme si les maladies étaient inventées sur mesure et vendues au public par un marketing aggressif afin de ... vendre la pilule.




Des poisons détestés par les usagers

Il existe sur internet des sites de retour d'expérience sur les médicaments.
A l'exception du lithium qui a une note juste passable, quasiment tous les médicaments psychiatriques sont évalués négativement par les usagers. Ceci suffit à prouver que les essais présentés par les labos ne valent rien. Pourquoi les prescrit-on ? [10] [11]

Désinformation sur internet.

Presque tous les sites francophones, y compris les sites officiels, désinforment sur les produits en véhiculant des concepts non prouvés [12], en affirmant des mensonges comme la prétendue amélioration de la concentration sous antipsychotiques, et en omettant les effets secondaires et les complications des produits psychiatriques.

Une exemple:
Un site écrit "par des praticiens" et qui se dit conforme aux recommandations de la HAS et de l'Agence du Médicament. [13]

Je lis: "Ce médicament sert aussi à améliorer les capacités de concentration, de mémoire et d’attention."

Il s'agit d'une contre-vérité grossière: le risperidone endommage les fonctions cognitives en rapport avec la dose administrée.[14]

Aucune mention claire des psychoses d'hypersensibilisation, ni des syndromes de sevrage qui sont sévères et possiblement retardés, ni des dyskinésies tardives, presque inévitable sur la durée, qui peuvent être masquées, alors que ces maladies sont dramatiques et incurables, ni des maladies cardio-vasculaires, ni des diabètes induits, ni des gynécomasties, ni du rétrécissement cérébral provoqué, ni de la diminution de l'espérance de vie, ni du désespoir et des suicides provoqués par la ruine des capacités de la personne. [1][17][18][19]

Est-ce acceptable de prescrire un poison pareil à quiconque sans informer, sans proposer d'alternative, alors que celles-ci existent [16] ?

Non respect des droits de la personne. 

Dans ses conditions, tout consentement n'est pas éclairé, et n'est même pas recherché. Au contraire, la contrainte sévit: 76000 cas par an en France en 2015, en augmentation. [15]

Au nom de quoi se permet-on d'imposer ces poisons à des enfants ou à des personnes qui les refusent ?

Les prescripteurs ne sont pas seulement manipulés par l'industrie, mais aussi souvent incompétents.

L'expérience des usagers montre qu'un certain nombre de médecins prescrit par reconduction, par automatisme. En particulier, les produits psychiatriques sont prescrits apparemment sans en connaître bien les effets, ni comment le corps s'adapte à l'intoxication chronique. De tels médecins semblent ignorer que les anti-dépresseurs provoquent des suicides, les stimulants des manies et les neuroleptiques des psychoses. Savent-ils que la personne intoxiquée par les produits qu'ils ont prescrit n'est pas en mesure d'apprécier l'effet du produit sur sa psyché ? Savent-ils distinguer les effets du produit des perturbations émotionnelles contextuelles chez leurs clients ? De tels médecins savent-ils reconnaître un syndrome de sevrage de produit psychiatrique, et savent-ils seulement gérer un tel sevrage ? Ces médecins ne semblent pas non plus informés des altérations chroniques du cerveau produites par les procédés psychiatriques. Beaucoup prescrivent des polymédications dangereuses dont on ne sait rien.

La drogue à vie

Pour certains de nos médecins apparement la drogue psychiatrique est prescrite à vie: on ne l'arrête jamais. En pratique il semble que la plupart de ces médecins refusent d'aider la personne à se sevrer des produits. Au contraire la règle devrait être: je prescris donc je dois savoir sevrer et accepter toute demande de sevrage.

Que faire ?

- Ne plus tolérer la corruption médicale. Redonner pouvoir aux usagers.

- Cesser la contrainte psychiatrique conformément à la convention ONU CDPH.

- Former les médecins à reconnaître les effets des produits psychiatriques et les syndromes de sevrage, à pratiquer les sevrages.

- Accepter toute demande de sevrage de produit psychiatrique.

- Comprendre que les produits qui ont des effets psychotropes ne sont pas des médicaments comme les autres, mais représentent des pièges pour la personne.

- Ne pas prescrire de produits psychiatriques aux enfants, déontologie pédiatrique: pas de prescription sans preuve biologique et preuve biologique de bénéfice.

- Informer les personnes des dangers et des limites des produits qu'ils demandent.

- Approches de dialogue ouvert, dédramatiser les situations, sortir l'entourage de la peur.

- Réparations selon les principes ONU.


Références:

[1] Peter Breggin, "Psychiatric Drug Withdrawal", 2013

[2] Come Back When You Have a Medical Degree From Johanna Ryan
https://rxisk.org/come-back-when-you-have-a-medical-degree/

[3] Venomagnosia by David Healy
https://davidhealy.org/venomagnosia/

[4] Healy, David (2012). Pharmageddon.

[5] Davies, James (2014). Cracked, the unhappy truth about psychiatry.

[6] Gøtzsche, Peter C (2013). Deadly Medicines and Organised Crime: How big pharma has corrupted healthcare.

[7] Whitaker, Robert (2010). Anatomy of an epidemic.

[8] Les chiffres US:
http://www.pewtrusts.org/en/research-and-analysis/fact-sheets/2013/11/11/persuading-the-prescribers-pharmaceutical-industry-marketing-and-its-influence-on-physicians-and-patients

[9] Corruption pharmacologique tous azimuts en France:
https://www.transparence.sante.gouv.fr/

[10] https://www.meamedica.fr/

[11] http://askapatient.com/
[12] Site institutionnel psycom, 2016: des présupposés présentés comme des certitudes scinetifiques.
http://www.psycom.org/Troubles-psychiques/Schizophrenie-s

[13] Page risperidone:
http://www.reseau-pic.info/?dest=medicaments/fiche.php&dci=risperidone

[14] Sakurai, 2013, Dopamine D2 Receptor Occupancy and Cognition in Schizophrenia
https://schizophreniabulletin.oxfordjournals.org/content/early/2012/01/30/schbul.sbr189.full

[15] Statistiques ATIH Santé 2015
http://www.atih.sante.fr/analyse-de-l-activite-hospitaliere-2015

[16] Seikkula, J., Alakare, B., & Aaltonen, J. (2011). The comprehensive open-dialogue approach in western Lapland: II. Long-term stability of acute psychosis outcomes in advanced community care. Psychosis, 3(3), 192–204.
http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17522439.2011.595819

[17] Healy David (2016)  Side Effects of Antipsychotics.
http://rxisk.org/side-effects-of-antipsychotics/

[18] RxISK Medical Team, 2016, "What is akathisia?"
http://rxisk.org/akathisia/

[19] C. Hjorthøj, Risk of suicide according to level of psychiatric treatment—a nationwide nested case control study. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol (2014) 49: 1357-65.

[21] Jick, H.; Kaye, JA; Jick, SS (2004). "Antidepressants and the Risk of Suicidal Behaviors". JAMA. 292 (3): 338–43. doi:10.1001/jama.292.3.338. PMID 15265848.

[22] Chouinard Guy, Chouinard Virginie-Anne, 2008: "Atypical Antipsychotics: CATIE Study, Drug-Induced Movement Disorder and Resulting Iatrogenic Psychiatric-Like Symptoms, Supersensitivity Rebound Psychosis and Withdrawal Discontinuation Syndromes."
http://www.karger.com/Article/Abstract/112883

[23] Article du New York Times, 2006: Plus de la moitié des rédacteurs du DSM IV ont touché de l'argent des labos.
http://www.nytimes.com/2006/04/20/health/20psych.html?_r=0

[24] Aust N Z J Psychiatry. 2004 Nov-Dec;38(11-12):933-9.
Do nations' mental health policies, programs and legislation influence their suicide rates? An ecological study of 100 countries.
Burgess P1, Pirkis J, Jolley D, Whiteford H, Saxena S.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15555028

[25] Frances, Allen, Saving normal: An insider's revolt against out-of-control psychiatric diagnosis, DSM-5, big pharma and the medicalization of ordinary life, Psychotherapy in Australia
Volume 19 Issue 3 (May 2013)
https://search.informit.com.au/documentSummary;dn=464019439257830;res=IELHEA

[26] Une série d'articles en français sur le blog pharmacritique.
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/conflits-d-interets-en-psychiatrie-dsm/



mercredi 18 janvier 2017

Prochaines étapes dans la Campagne pour l'interdiction absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé

Certains d'entre nous se sont rencontrés dans Google Hangouts pour discuter des prochaines étapes.Si vous soutenez l'interdiction absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé, vous êtes invités à participer au partage d'informations et à l'exploration de stratégies. Veuillez contacter info@chrusp.org pour plus de détails.

Nous envisageons de publier sur le site https://absoluteprohibition.wordpress.com/ des documents supplémentaires sur les bonnes pratiques en matière de réforme du droit et concernant les alternatives, ainsi que sur les projets au niveau national et à d'autres niveaux, où nous sommes impliqués en relation avec l'objectif de l'interdiction absolue.

Traduit de l'anglais:
https://absoluteprohibition.wordpress.com/2017/01/02/next-steps-in-absolute-prohibition/



mardi 17 janvier 2017

La science médicale plaide aussi contre le traitement forcé par Robert Whitaker - Campagne No Forced Treament.

Robert Whitaker: La science médicale plaide aussi contre le traitement forcé.

Posté le 26 mars 2016

Article original en anglais:
https://absoluteprohibition.wordpress.com/2016/03/26/robert-whitaker-medical-science-argues-against-forced-treatment-too/

L'argument généralement invoqué contre l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé est que ces pratiques, faites sous l'autorité de l'État, violent les droits civils de base d'une personne. Ils privent une personne de sa liberté et de son autonomie personnelle et le font en l'absence d'une accusation criminelle. La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées maintient cette position en interdisant la discrimination à l'égard de ces droits. C'est un argument moralement puissant qui devrait se situer au centre de toute protestation contre les traitements forcés.

Cependant, il existe un autre argument, de valeur ajoutée, qui peut être invoqué contre l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé. La science médicale plaide également contre le traitement forcé.

L'«État», pour justifier l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé, soutiendra qu'une telle coercition est nécessaire pour fournir un «traitement médical» aux personnes qui, en raison de leur condition mentale altérée, ne donneront pas leur consentement à ce traitement. L'implication est que si l'individu «psychotique» était sain d'esprit, il ou elle voudrait ce traitement, et ainsi l'état sert comme un gardien utile. Mais cet argument «médical» s'écroule après un examen attentif.

Tout d'abord, il est prouvé que l'hospitalisation psychiatrique elle-même, qu'elle soit volontaire ou involontaire, entraîne un risque accru de suicide. Dans une étude menée en 2014, des chercheurs de l'Université de Copenhague ont examiné les soins psychiatriques reçus par 2 429 personnes au cours de l'année précédant leur suicide et après avoir fait correspondre ce groupe de suicides à un groupe témoin de 50 323 personnes dans la population générale. Après ajustements pour tenir compte des facteurs de risque, ils ont conclu que le risque de décès par suicide à mesure que les personnes reçoivent davantage de soins psychiatriques. La prise de médicaments psychiatriques était associée à une probabilité six fois plus élevée que les gens se tuent eux-mêmes; Le contact avec un hôpital psychiatrique de jour correspond à une augmentation de huit fois; Visiter une salle d'urgence psychiatrique réalise une augmentation de 28 fois; Et l'admission en hôpital psychiatrique une augmentation de 44 fois. [1]

Dans un éditorial qui accompagnait l'article publié dans le Journal of Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, les auteurs - tous experts en recherche sur le suicide - ont observé que ces résultats étaient solides. L'étude danoise, ont-ils écrit,  « a démontré une relation statistiquement forte et dose-dépendante entre l'étendue du traitement psychiatrique et la probabilité de suicide. Cette relation est par étapes, avec des augmentations significatives du risque de suicide qui se produisent avec des niveaux croissants de traitement psychiatrique. »  Ce lien était si fort, conclut-il, que « il semblerait raisonnable, par exemple, toutes choses étant égales, de considérer un non-déprimé, une personne subissant un examen psychiatrique dans le service d'urgence comme étant beaucoup plus à risque [de suicide] qu'une personne souffrant de dépression, qui n'aurait été traitée que dans la communauté. »

Ces chercheurs ont conclu qu'il est « tout à fait plausible que la stigmatisation et le traumatisme inhérents au traitement psychiatrique (particulièrement non consenti) puissent, chez les personnes déjà vulnérables, contribuer à certains suicides. Nous croyons qu'il est probable qu'une proportion de personnes qui se suicident pendant ou après une admission à l'hôpital le font en raison des facteurs inhérents à cette hospitalisation » [2].

Deuxièmement, d'un point de vue médical, la «relation thérapeutique» entre «patient» et «médecin» est considérée comme un facteur important pour un « bon résultat », et le traitement forcé entraîne régulièrement une rupture de cette relation. Les récits personnels des personnes qui ont été traitées de force l'ont comparé à la torture, au viol, etc. En outre, ces récits ne peuvent pas être rejetés comme des écrits de personnes qui sont «altérées» dans leur mental, ni à cet instant ni plus tard; Ces récits personnels révèlent souvent un niveau extraordinaire de détail et de clarté.

Troisièmement, le traitement forcé implique régulièrement des injections d'un antipsychotique, et ce traitement initial est régulièrement un précurseur d'un traitement à long terme avec de tels médicaments (et souvent de manière coercitive). Cependant, il existe maintenant des preuves substantielles que ce traitement médicamenteux de long terme est nuisible. Par exemple:

  • Il y a des preuves que les médicaments rétrécissent les volumes du cerveau, et que ce retrait est associé à une augmentation des symptômes négatifs, des troubles fonctionnels, et au déclin cognitif. [3] 
  • Les médicaments induisent des dyskinésies tardives chez un pourcentage significatif de patients, ce qui traduit un dommage des ganglions de la base.
     
  • Martin Harrow, dans son étude longitudinale des patients psychotiques, a constaté que les patients sous médicaments se détérioraient à long terme sur tous les domaines de fonctionnement. Les patients sous médicaments étaient huit fois moins susceptibles de se rétablir à la fin des 15 ans que ceux qui étaient sortis de la médication. [4] 

Il s'agit simplement d'un examen rapide du procès médical qui peut être fait contre le traitement forcé. Mais même cette revue sommaire montre qu'un tel traitement augmente le risque de suicide, peut se révéler dévastateur pour la «relation thérapeutique», et peut mettre une personne sur une longue période d'usage de médicaments, qui est associée à une variété de dommages et de mauvais résultats. L'argument selon lequel l'hospitalisation involontaire et les traitements forcés sont dans le meilleur intérêt « médical » de la personne «altérée» s'effondre lorsqu'on le regarde à travers cette optique scientifique et, une fois que c'est fait, l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé peuvent être clairement perçus pour ce qu'ils sont.

Ils ne sont pas un moyen de fournir «l'aide médicale» nécessaire à un individu. Ils sont une affirmation de l'autorité de l'État et de son pouvoir sur un individu, et cette affirmation de l'autorité viole les droits fondamentaux de la personne civile. Toute discussion sociétale sur l'engagement involontaire et les traitements forcés doit se concentrer sur cette question, et ne pas être distrait par la revendication du « médicalement utile ».

[1] C. Hjorthøj, Risk of suicide according to level of psychiatric treatment—a nationwide nested case control study. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol (2014) 49: 1357-65.

[2] M. Large. Disturbing findings about the risk of suicide and psychiatric hospitals. Soc Psychiatry Psychiatry Epidemiol (2014) 49:1353-55.

[3] J. Radua, “Multimodal meta-analysis of structural and functional changes in first 
episode psychosis and the effects of antipsychotic medications,” Neuroscience and 
Biobehavioral Review 36 (2012): 2325–33.

[4] M. Harrow. “Factors involved in outcome and recovery in schizophrenia patients not on antipsychotics medications.” J Nerv Ment Dis (2007) 195: 407-414.


Campagne CDPH prohibition absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé.


Catégories: Critique du critère de traitement, Décès en psychiatrie, Privation de capacité juridique, Administration forcée de psychotropes, Traitement forcé médicalement infondé, Dommage causé par l'institutionnalisation, Dommages causés par la psychiatrie, Hospitalisation, non consentement, Dommages et sevrages des produits psychiatriques, Psychiatrie en tant que cause du suicide, Science et recherche, Torture, Non classé.

dimanche 15 janvier 2017

dimanche 8 janvier 2017

Pourquoi le traitement psychiatrique forcé doit être prohibé, par Jolijn Santegoeds, Campagne No Forced Treatment


Article original en néerlandais:

https://tekeertegendeisoleer.wordpress.com/2016/03/29/waarom-gedwongen-ggz-behandeling-verboden-moet-worden/


Jolijn Santegoeds a créé l'ONG "Stitching Mind Rights" [1], elle est co-présidente du Réseau mondial des usagers et survivants de la psychiatrie (WNUSP) [2] , et membre du conseil d'administration du Réseau européen des (ex-) usagers et survivants de la psychiatrie (ENUSP) [3].


Pourquoi le traitement psychiatrique forcé doit être prohibé, par Jolijn Santegoeds, 29 mars 2016.

Pendant des siècles, a existé la résistance au placement forcé dans les institutions, à l'isolement, à la contention par sangles, à l'administration forcée de médications, aux électrochocs forcés, et à d'autres traitements psychiatriques forcés.

La coercition n'est pas un soin

la coercition est l'une des choses les plus horribles que les personnes puissent faire à autrui, tandis que le bon soin est justement l'une des plus belles choses que les personnes puissent offrir à l'autre. Il y a une différence fondamentale entre la coercition et les soins.

La coercition est contraire au bien-être et mène entre autres au désespoir, à la peur, à la colère et au ressentiment du client. Par la coercition, la voix du client est ignorée, et ses limites ne sont pas respectées. La coercition ne conduit pas à une sécurité accrue, ni au rétablissement de la santé mentale. Au contraire, par la souffrance, l'impuissance, et le manque de soutien, le risque est accru d'aggraver les problèmes psychosociaux et de réaliser une escalade. La coercition est à l'opposé des soins.

La coercition signifie un manque de soins

Les interventions psychiatriques forcées ne sont pas une solution, mais un problème pour les soins de bien-être mental. Depuis longtemps, le traitement forcé a permis aux intervenants de tourner le dos à la situation de crise, et d'abandonner la personne sans soutien réel; cela a empêché le développement de bonnes pratiques de soins.

Bien soigner est possible

Bien soutenir évite la coercition. Avec une attitude de respect et un bon soutien, les problèmes et l'escalade peuvent être évités avec succès, cela rend la coercition obsolète [4]. Une aide réelle est possible.

Des efforts sont nécessaires

Bien que toutes les parties sur le terrain de la santé mentale en Hollande veuillent abolir la coercition [5], le nombre total de demandes de contraintes légales (RM et IBS) continue d'augmenter chaque année. Cependant, il y a dans certains endroits des initiatives spécifiques pour réduire la contrainte, tels que le développement de l'HIC (High / Intensive Care psychiatry, psychiatrie de soins intensifs) [6], qui ont pour but de prévenir l'isolement en permettant un soutien intensif. D'autre part, il y a une augmentation énorme des contraintes dans les consultations externes (autorisation conditionnelle), ainsi que dans les incidents avec des « personnes confuses ». On a conclu à plusieurs reprises que les pratiques étaient « persistantes » , et que la culture était « difficile à changer ».

Apprendre de l'histoire

L'Europe a une longue histoire de xénophobie envers les personnes avec des problèmes psychosociaux. Depuis le 15ème siècle , ont existé des asiles spéciaux conçus comme des prisons, où les gens étaient enchaînés et enfermés comme des bêtes, et les exorcismes étaient communs. Après les découvertes de Charles Darwin et les Lumières (17ème et 18ème siècles), l'essor du secteur médical, a été suivi par l'arrivée de la première loi asilaire en Hollande au 19ème siècle pour les « admissions et soins des lunatiques dans les hôpitaux psychiatriques » dans le but d'offrir des « soins plus humains » que dans les asiles d'aliénés. La jeune science médicale comprenait une diversité de points de vue, et dans le 20ème siècle ont été poursuivies de nombreuses expériences telles que les bains chauds et froids en alternance, la lobotomie, les électrochocs , etc... L' « anthropologie spéciale » [7] ou la science raciale et l' eugénisme, s'est engagée dans la recherche de l'homme parfait, et dans la mise en œuvre de l' « hygiène raciale » destinée à empêcher le « déclin de la race », une idéologie qui affirme ouvertement l'inaptitude de certaines populations, et qui a entraîné le génocide dans lequel les patients psychiatriques ne sont pas épargnés (Seconde Guerre mondiale).

Après ces pages sombres de l'histoire ont été acceptées les déclarations universelles des droits de l'homme affirmant la valeur de chaque être humain, et peu à peu les sociétés sont devenues plus tolérantes. Cependant, la psychiatrie n'a guère changé et elle s'est maintenue sur ses fondements discutables et ses pratiques expérimentales, avec le confinement, les régimes de discipline, et les traitements expérimentaux comme les piliers inchangés de l'offre de traitement. Elle a encore pour but de forcer un changement de comportement des clients, sous prétexte que les clients eux-mêmes sont « incompétents » et incapables d'exprimer leurs préférences. Ceci est absolument faux: Chaque être humain émet des signaux. Il s'agit de les interpréter d'une façon correcte. Le soin réel s'adresse à la personne elle-même plutôt qu'au comportement. Une assistance professionnelle est quelque chose de complètement différent de la répression primaire des symptômes.

Il est temps de tracer une limite. Il est urgent de reconnaître que les soins en santé mentale se sont engagés dans l'erreur au long de leur histoire. La correction brutale des personnes par la main lourde jusqu'à ce qu'elles soient jugées « suffisamment bonnes » n'est pas un but légitime des soins en santé mentale. Il devrait s'agir de bien-être. la contrainte est l'erreur passée des soins en santé mentale. L'innovation est nécessaire.

Le besoin mondial pour des soins non-coercitifs et gratuits

Partout dans le monde existe le traitement forcé. Nous connaissons les images extrêmement bouleversantes des parties les plus pauvres du monde, les gens enchaînés en Asie par exemple, [8] et en Afrique [9], mais aussi dans notre propre pays avec Brandon [10] et Alex [11]. Tant que l'Occident continue d'affirmer que le traitement forcé est le modèle des soins appropriés, ces scènes seront plus difficiles à bannir, d'autant plus que de nombreux pays ont des attentes élevées vis à vis de l'approche occidentale. Il est important de trouver de bonnes solutions dans la quête mondiale pour les soins non-coercitifs et gratuits.

Appel des Nations Unies

Depuis 2006, existe la Convention des Nations Unies sur les Droits des Personnes Handicapées (CDPH) [12] , qui expose combien un changement global est nécessaire à l'égard des personnes handicapées. Plusieurs organes de l' ONU ont clarifié le fait que la contrainte dans les soins viole les droits de l'homme [13], [14], [15], [16], y compris quand cela concerne les Pays-Bas [17], [18]. Nous avons besoin d'un changement.

Et maintenant?

Ceci est une question importante.
Que voulons-nous? Allons-nous enfin faire vraiment ce qui est juste?
Allons-nous montrer de nous-mêmes notre meilleur aspect?

Un véritable changement culturel est nécessaire. La santé mentale doit se réinventer, et mettre fin aux pratiques d'enfermement et de coercition. De bons soins sont possibles.

« Oui, mais ce n'est pas ... »

Les commentaires fréquemment entendus sont: « C'est un bel idéal, mais cela n'est pas réaliste » ou bien: « Il ne peut en être autrement, parce que le système ne soutient pas cela » ou bien: « La société ici n'est pas du tout prête pour cela. » L'hypothèse implicite selon laquelle un changement de culture serait «irréaliste» , montre des perspectives limitées, peu d'espoir ou d'ambition. Le système est entre nos mains. Nous sommes la génération actuelle. Le changement est possible. Le monde est en constante évolution. La santé mentale peut changer [19] , [20] , ainsi que l' opinion publique. Nous ne sommes pas impuissants ni insensibles. Des efforts sont nécessaires pour travailler ensemble afin de rendre le monde meilleur et plus acceptable. Nous pouvons le faire.

Le changement peut paraître effrayant. Sans un historique positif ou la mise en œuvre de bonnes pratiques ailleurs, il est peut-être difficile d'imaginer que tout puisse être différent, mais cela ne doit pas être une raison pour abandonner immédiatement. Nous ne nous demandons pas si il est réaliste d'arrêter toute la faim dans le monde avant de commencer. Chaque personne compte. Le soin réel est possible et doit être réalisé, y compris dans les situations de crise aiguës et complexes. Les pratiques abusives sont à arrêter immédiatement. Telle est la tâche qui est assignée à notre génération. Cela vaut la peine de travailler ensemble pour unir toutes les forces afin de réaliser ce changement historique de l'exclusion vers l'inclusion.

La remarque: « Oui, mais la contrainte est nécessaire, tant qu'il n'y a pas d'alternative » doit ici être réfutée. La coercition n'est pas un soin, mais l'abus, et il n'y a aucune excuse pour l'abus. La coercition n'est jamais nécessaire. Un soin de bonne qualité est nécessaire.

Faire des droits de l'homme une réalité

La Convention des Nations Unies relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH) fournit une dynamique de changement. Si tout le monde coopère maintenant, à tous les niveaux du système et de la société, le changement proposé recevra une impulsion sans précédent. Les articles de la Convention des Nations Unies ici fournissent des conseils, donc, une action globale et cohérente est possible. La Convention des Nations Unies fournit d'énormes possibilités d'améliorer le monde de façon effective.

Ensemble, nous pouvons éradiquer le traitement forcé de la santé mentale. Là où il y a une volonté, il y a un chemin. Dans l'histoire il y avait l'asile, et maintenant nous faisons mieux. Alors maintenant, nous devons faire mieux. Un monde largement non-exploré est devant nous.

Les points-clés

Il est difficile de changer le système de santé mentale, et la confiance dans la santé mentale ne se restaurera pas sans efforts. Plusieurs choses sont nécessaires pour changer durablement la situation:

- Réaliser de bons soins
L'ancienne psychiatrie ne se fonde pas sur les droits de l'homme, ni sur la diversité et l'inclusion, mais sur la xénophobie et l'exclusion. La science a jusqu'ici mis l'accent sur l'homogénéisation de la société, et sur les tentatives de changer les personnes ( la mentalité de la camisole de force et des cases à cocher ). La santé mentale moderne devrait se concentrer sur la promotion d'une société hétérogène et diversifiée, en créant les bonnes conditions dans la société pour rendre possibles l'autodétermination, la liberté et l'inclusion, afin que chacun puisse être heureux et puisse s'accomplir dans sa vie au sein de notre société. Une réforme fondamentale des soins en santé mentale est nécessaire.

Le bien-être - ou la santé mentale - est une valeur intrinsèque très personnelle qui ne peut être produite sous la contrainte. La résolution des problèmes psychosociaux ( « recovery » en anglais ) n'est pas un processus isolé de la personne concernée, mais elle est maillage avec le contexte social de la personne, tels que les opportunités de la vie, l'acceptation sociale et l'inclusion. L'étendue des besoins concernés par le soin doit être complètement réévaluée et adaptée aux exigences d'aujourd'hui.

Il est nécessaire que les privations de liberté cessent immédiatement. La mise en œuvre des soins de qualité est nécessaire et urgente, et ne peut être reportée plus longtemps. Les directives précédentes en vertu de la loi BOPZ 1994, de recourir à la coercition « aussi peu que possible » et « de durée la plus courte possible » ont clairement échoué, et le nombre d'applications obligatoires (RM et IBS) continue d'augmenter de façon continue, et au cours des 10 dernières années, a plus que doublé. Cette tendance est inacceptable et par conséquent quelque chose doit vraiment changer maintenant. Le besoin de soins ne doit pas être une raison pour la privation de la liberté. De bons soins sont possibles.

Sans soins appropriés, le désordre ne peut que se déplacer. Il est impératif de faire tous les efforts immédiatement pour fournir des soins de qualité, y compris les soins appropriés dans des situations de crise.

- Législation: Bannir la coercition, réorganiser les soins
La législation sur le traitement obligatoire de la santé mentale doit être révisée. L'objectif des soins de santé mentale n'est pas de traiter les gens vulnérables de façon brutale, mais le but est de fournir de bons soins, même dans des situations de crise. Il est nécessaire de mettre en place une transition.

La législation sur la folie date de 1841, à une époque où la science médicale en était absolument à ses débuts. La loi BOPZ 1994, et le projet de loi récent sur les soins obligatoires de santé mentale ont une structure similaire aux autorisations judiciaires et mesures de crise RM / IBS, qui respectivement, sont au cœur des détentions et traitements forcés. Ce système ne repose pas sur une prise de conscience des droits de l'homme, et ne porte pas sur la qualité des soins et cela doit changer.

Le traitement forcé est un abus. La législation devrait protéger tous les citoyens contre les abus. Si le gouvernement participe à des mauvais traitements de certains groupes, c'est de la torture [21], [22], qui est absolument interdite. Les lois coercitives telles que la BOPZ et le projet de loi sur les soins obligatoire de santé mentale sont inacceptables.

La législation vise à fournir un cadre équitable pour la société. Une interdiction de la contrainte est nécessaire en raison des droits de l'homme [23]. En outre, certaines lois peuvent accélérer la fourniture de soins de qualité et l'organisation de l'innovation [24]. Il nous est possible de faire des lois qui soient réellement utiles à la société. Ne serait-ce pas appréciable?

- Compensation: Reconnaître la gravité
Pendant des années et des années, le gouvernement et de nombreux travailleurs de santé ont  pris le contrôle sur la vie des patients psychiatriques et les ont soumis par la contrainte aux terribles traitements forcés, aux cellules d'isolement, à la médication forcée, aux ceintures de contention, aux électrochocs, tous motivés par de soi-disant « bonnes intentions ». La sincérité des personnes responsables doit maintenant être prouvée par la reconnaissance authentique de la souffrance que beaucoup ont eu à endurer. Une compensation serait appropriée: quand vous cassez quelque chose vous avez à payer pour cela. Nous considérons cela comme tout à fait normal.

* Les excuses sont nécessaires pour rétablir la relation entre les (anciens) clients et les soignants.
* La reconnaissance des traumatismes causés par le traitement forcé et un soutien pour les surmonter si cela est demandé.
* Des compensations qui montrent que le changement d'attitude est authentique.

Maintenant, il est temps de montrer que les Pays-Bas sont vraiment un pays civilisé.

Passons à l'action
Je voudrais appeler tout le monde à contribuer au changement culturel. Travaillons ensemble pour veiller à ce que les droits de l'homme soient respectés pour chaque être humain, et que la vieille psychiatrie démodée disparaisse, et que seuls les bons soins soient pratiqués en santé mentale.

S'il vous plaît diffusez ce message afin d'accroître la sensibilisation.

***

Pour renforcer l'argument ci-dessus, j'ai publié une description de mes expériences personnelles avec la psychiatrie forcée néerlandaise, à lire en anglais à travers ce lien: 16 ans, déprimée et torturée en psychiatrie - Une déclaration d'une victime des abus et de la torture par la psychiatrie forcée (2016).

https://tekeertegendeisoleer.files.wordpress.com/2014/12/16-years-old-depressed-and-tortured-in-psychiatry.pdf

Cette publication fait partie de la campagne prohibition absolue de l'hospitalisation et du traitement forcés, voir  https://absoluteprohibition.wordpress.com

Références:

[1] Actiegroep Tekeer tegen de isoleer! / Stichting Mind Rights www.mindrights.nl
[2] WNUSP: World Network of Users and Survivors of Psychiatry www.wnusp.net
[3] ENUSP: European Network of (Ex-) Users and Survivors of Psychiatry www.enusp.org
[4] Report: Best practices rondom dwangreductie in de GGZ 2011
[5] Declaration on reduction of coercion:  Intentieverklaring GGZ: preventie van dwang in de GGZ 2011
[6] High Intensive Care HIC (HIC)
[7] Description of Racial-science e.a.: Winkler Prins Algemeene Encyclopaedie, vijfde druk, Elsevier, 1936
[8] Human Rights Watch “Living in hell – abuses against people with psychosocial disabilities in Indonesia”, 2016
[9] Robin Hammond, fotoserie “Condemned – Mental health in African countries in crisis”
[10] Brandon van Ingen, Jongen al 3 jaar vastgebonden in een zorginstelling
[11] Alex Oudman, Schokkende beelden uit isoleercel – Toen en nu
[12] UN Convention on the Rights of Persons with Disabilities (CRPD)
[13] CRPD General Comment no. 1 on CRPD article 12 Equal Recognition before the law
[14] CRPD Guidelines on CRPD article 14 Liberty and Security of Person
[15] Statement of 2 UN Special Rapporteurs “Dignity must prevail – an appeal to do away with non-consensual psychiatric treatments” World Mental Health Day, 10 October 2015
[16] A/HRC/22/53 Special Rapporteur on Torture, Juan E Mendez, Torture in health care settings (2013)
[17] Communication sent to the Kingdom of the Netherlands by the UN Special Rapporteur on Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment and the UN Special Rapporteur on the Right of Everyone to the Enjoyment of the Highest Attainable Standard of Physical and Mental Health. AL Health (2002-7) G/SO 214 (53-24) NLD 2/2013, October 2013, https://spdb.ohchr.org/hrdb/24th/public_-_AL_Netherlands_08.10.13_(2.2013).pdf
[18] CAT/C/NLD/CO/5-6, CAT Concluding Observations on the Netherlands
[19] High Intensive Care HIC (HIC)
[20] Intensive Home Treatment (IHT)
[21] Torture, for full definitiion see article 1 CAT, Convention Against Torture.
[22] A/HRC/22/53 Special Rapporteur on Torture, Juan E Mendez, Torture in health care settings (2013)
[23] amongst others the right to liberty, freedom from torture / Civil and political rights and CRPD
[24] amongst others the right to health care and adequate standard of living / Social, economic and cultural rights and CRPD.