jeudi 22 décembre 2016

Torture psychiatrique en France: les observations 2016 du Comité ONU Contre la Torture.


Extrait:

Établissements psychiatriques

29.Le Comité est préoccupé par :

a) les conditions matérielles de détention inadéquates des malades dans certains établissements psychiatriques ;

b) le recours fréquent et pour plusieurs jours à l’isolement avec ou sans contention malgré la loi du 26 janvier 2016 sur la modernisation du système de santé et les recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de santé de 1998 et de 2004 ;

c) l’absence de registre relatif à l’isolement et à la contention comme le prévoit la loi du 26 janvier 2016 ;

d) le fait que le recours à la contention mécanique n’obéit pas toujours aux mêmes critères et que sa durée est variable ;

e) et le fait que les patients concernés par les mesures de placement en isolement et en contention ne sont pas toujours informés de leurs droits et des moyens de recours contre ces décisions. Tout en notant les explications de l’État partie sur les mesures prises, le Comité s’inquiète en particulier des constatations faites par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté concernant le recours à l’isolement et à la contention dans le Centre psychothérapique de l’Ain et les conditions matérielles des personnes concernées qui y sont internées (art. 11, 16).


30. Le Comité recommande à l’ État partie :

a) D'améliorer les conditions de détention des personnes internées dans les hôpitaux psychiatriques ;

b) De s’assurer qu’il n’est pas fait un usage trop fréquent , voire systématique , de l’isolement et de la contention ;

c) De renforcer la formation des personnels des établissements psychiatriques afin qu’il soit fait une application effective des règles prévues par la loi du 26 janvier 2016 sur la modernisation du système de santé et d es recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de santé de 1998 et de 2004 ;

d) De veiller à ce que, dans tous les cas d’hospitalisation sans consentement, la loi du 5 juillet 2011 , modifiée le 25 septembre 2013, soit appliquée de manière effective quant au contrôle de ces hospitalisations, et que les patients soient informés de leurs droits et des possibilités de recours existantes.

31. Tout en prenant acte des mesures mises en place pour changer la situation dans le Centre psychothérapique de l’Ain, le Comité invite l’ État partie à mettre en œuvre, en urgence, toutes les recommandations du Contrôleur général des lieux de privation de liberté concernant ce centre.

...


Mon vœu pour 2017:

Que plus personne en France n'ignore la torture psychiatrique pratiquée en notre nom.

Références:

Document ONU à télécharger:
http://tbinternet.ohchr.org/_layouts/treatybodyexternal/Download.aspx?symbolno=CAT%2fC%2fFRA%2fCO%2f7&Lang=fr

Lire le dossier complet sur le site de l'association Neptune:
http://www.forumpsy.net/t1277-le-comite-contre-la-torture-de-l-onu-denonce-la-psychiatrie-francaise

Statistiques ATIH Santé 2015 (mises à l'isolement en hausse, pas d'infos sur les contentions)
http://www.atih.sante.fr/analyse-de-l-activite-hospitaliere-2015

Rapport 2015 de la Controleure des lieux de privation de liberté:
http://www.cglpl.fr/wp-content/uploads/2016/03/2015_DP_entier_DEF.pdf

La convention ONU relative aux droits des personnes handicapées (CDPH)
http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413

L’Observation générale n° 1 sur l’article 12
http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

Guidelines on article 14
http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/CRPD/GC/GuidelinesArticle14.doc

Rapport 2016 de Michel Laforcade sur la psychiatrie:
http://social-sante.gouv.fr/ministere/documentation-et-publications-officielles/rapports/sante/article/rapport-de-michel-laforcade-relatif-a-la-sante-mentale

mercredi 21 décembre 2016

L'admission forcée et le traitement forcé font plus de dommages que de bien, par Peter Gøtzsche - Campagne No Forced Treament.

Article original en anglais:

Http://www.deadlymedicines.dk/forced-admission-and-forced-treatment-in-psychiatry-causes-more-harm-than-good/

L'admission forcée et le traitement forcé font plus de dommages que de bien,
par Peter Gøtzsche, Professor, MD, DrMedSci, MSc

8 mars 2016

Le traitement forcé en psychiatrie tel que nous le pratiquons actuellement ne peut être défendu, ni sur des bases éthiques, ni sur des bases juridiques ou scientifiques. Ethiquement, les valeurs et les préférences des patients ne sont pas respectées, bien que le droit fondamental de l'homme à une égale reconnaissance devant la loi s'applique à tout le monde, aussi bien aux personnes atteintes de troubles mentaux 1,2. Cela ressort clairement de la Convention des Nations Unies sur les Droits des Personnes Handicapées 2, que pratiquement tous les pays ont ratifiée. Cependant, nous ignorons la Convention et nous continuons à discriminer les personnes ayant des problèmes mentaux.

Veuillez considérer ceci. Les médecins ne peuvent pas donner aux patients de l'insuline sans leur autorisation, même si le manque d'insuline peut les tuer, et ils ne peuvent pas donner des transfusions de sang à des personnes adultes témoins de Jéhovah sans leur permission, même si le manque de sang pourrait les tuer. Les seuls médicaments qui peuvent être administrés sans autorisation sont également parmi les plus dangereux. Les médicaments psychiatriques sont le troisième tueur majeur après les maladies cardiaques et le cancer, avec environ 539 000 décès aux États-Unis et l'Union européenne combinés. 1,3 Seuls les soldats en guerre et les patients psychiatriques sont forcés de courir des risques contre leur volonté qui pourraient les tuer ou les mutiler. Mais il existe une différence importante et éthiquement pertinente: les soldats ont choisi de devenir des soldats; Les patients psychiatriques n'ont pas choisi de devenir des patients psychiatriques.

Dans de nombreux pays, une personne considérée comme insensée, ou dans un état semblable, peut être admise dans un service psychiatrique sur une base involontaire si la perspective d'une guérison ou d'une amélioration substantielle et significative de la condition serait autrement sensiblement éloignée. Après avoir étudié soigneusement la science pendant de nombreuses années, je suis venu à douter que ce soit toujours le cas. 1

Le traitement forcé implique le plus souvent l'utilisation d'antipsychotiques, mais ce sont des médicaments très médiocres. Les essais cliniques contrôlés versus placebo sont gravement irréguliers parce qu'ils n'ont pas été suffisamment aveuglés. 1 Les antipsychotiques ont de nombreux effets secondaires évidents, de sorte que la plupart des médecins et des patients peuvent deviner si un médicament actif ou un placebo est donné, ce qui exagère nettement l'effet mesuré 1. , Presque tous les patients dans ces essais étaient déjà en traitement avec un antipsychotique avant qu'ils ne soient randomisés après une courte période d'élimination du produit (dite "wash-out"). Cette méthodologie de sevrage brutal (dite "cold turkey") signifie que les symptômes d'abstinence - qui peuvent inclure la psychose - sont subis par les patients qui reçoivent un placebo. Même aidé par ces biais formidables dans les essais, le résultat est pauvre. L'amélioration minimale de l'évaluation des impressions cliniques globales correspond à environ 15 points sur l'échelle des syndromes positifs et négatifs 4, mais ce qui a été obtenu dans les essais contrôlés par placebo récents dans les demandes de nouveaux antipsychotiques de la FDA (Food and Drug Administration) étaient de seulement 6 points 5, Aussi il est facile d'améliorer les scores de façon non négligeable si les gens sont assommés par un tranquillisant et expriment leurs idées anormales moins fréquemment. Ainsi, la FDA a approuvé de nouveaux médicaments antipsychotiques dont l'effet est bien en deçà de ce qui est cliniquement pertinent. Les médicaments anciens sont également inefficaces.

Alors que les avantages des antipsychotiques sont douteux, les méfaits sont certains, et la méthodologie du sevrage brutal est mortelle. Un patient sur 145 qui est entré dans les essais de rispéridone, d'olanzapine, de quetiapine et de sertindole est décédé, mais aucun de ces décès n'a été mentionné dans la littérature scientifique 6. Par conséquent, si nous voulons savoir à quel point ces médicaments sont mortels, nous devons nous référer aux essais pratiqués sur des cas de démence, étant donné que ces patients ne sont pas susceptibles d'avoir reçu des antipsychotiques avant la randomisation. Des essais randomisés dans les cas de démence montrent que pour 100 patients traités pendant quelques semaines, un est tué par un antipsychotique par rapport à ceux traités par placebo 7. Cela pourrait même être pire que cela parce que les décès sont gravement sous-déclarés dans les essais publiés. Par exemple, un examen a révélé que seulement 19 des 50 décès et 1 des 9 suicides sur l'olanzapine décrits dans les résumés des essais sur les sites internet étaient également présents dans les articles de revues. 8

Rien n'indique que la contention physique au moyen des ceintures ou l'isolement aient des avantages, mais ces traitements peuvent également être mortels. La violence engendre la violence et lorsque les patients psychotiques deviennent violents, c'est très souvent à cause du traitement inhumain qu'ils reçoivent. Ce peut être aussi parce qu'ils font l'expérience des syndrômes de sevrage lorsqu'ils oublient quelques doses d'un antipsychotique parce qu'ils sont très désagréables à prendre, ce qui peut inclure l'akathisie - une forme extrême d'agitation qui prédispose au suicide et à l'homicide.

Les électrochocs sont également contraint sur les personnes bien qu'il ne semblent pas fonctionner pour la schizophrénie et bien que l'effet sur la dépression soit temporaire, ce qui entraîne souvent une série de chocs. 1 Environ la moitié des patients subissent des pertes de mémoire 1 et plus les traitements sont répétés, plus sévères sont les pertes de mémoire 9. Certains psychiatres prétendent que les électrochocs peuvent sauver des vies, mais cela n'a jamais été documenté alors que nous savons que les électrochocs peuvent tuer les personnes: environ 1 patient sur 1000 meurent. 10

Une autre raison pour l'usage de la force est si les patients présentent un danger évident et substantiel pour eux-mêmes ou pour d'autres, auquel cas ils peuvent être involontairement admis. Cependant, cela n'est pas nécessaire. La loi italienne sur la santé mentale précise qu'une raison pour le traitement involontaire ne peut pas être que le patient est dangereux. C'est l'affaire de la police, comme c'est également le cas en Islande, et les patients en Italie peuvent décider qu'ils veulent un traitement ailleurs. 1

Le traitement forcé fait plus de mal que de bien et il tue beaucoup de personnes, non seulement à cause des dommages directs des médicaments, mais aussi à cause du suicide. Une étude sur un registre de 2 429 suicides a révélé que plus le contact avec le personnel psychiatrique avait été étroit, ce qui impliquait souvent un traitement forcé, et pire était le résultat. 11 Comparativement aux personnes n'ayant reçu aucun traitement psychiatrique au cours de l'année précédente, le rapport du taux ajusté du suicide est 44 (intervalle de confiance de 95% entre 36 et 54) pour les personnes qui avaient été admises dans un hôpital psychiatrique. Ces patients risqueraient d'être plus à risque de suicide que les autres patients (confusion par indication), mais la plupart des biais potentiels dans l'étude favorisaient l'hypothèse nulle qu'il n'existe pas de relation. Un éditorial qui l'accompagne a fait remarquer que certaines des personnes qui se suicident pendant ou après l'admission à l'hôpital le font en raison des conditions inhérentes à cette hospitalisation 12.

J'admets pleinement que certains patients soient très difficiles à traiter de façon optimale sans utiliser la force. Mais il semble qu'avec une bonne direction et une formation adéquate du personnel dans les techniques de désescalade, il est possible de pratiquer la psychiatrie sans utiliser la force.1,13,14 En Islande, les ceintures n'ont pas été utilisées depuis 1932 et il y a des psychiatres partout dans le monde qui ont traité les patients profondément perturbés pendant toute leur carrière sans jamais avoir utilisé ni les antipsychotiques, ni les ECT (électrochocs), ni la force.

Je crois que nous devons abolir les lois d'admission forcée et de traitement, conformément à la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées 2. L'abandon de la force sera préjudiciable à certains patients, mais cela profitera à beaucoup plus de personnes. Nous devrons trouver comment nous pourrions mieux traiter les patients qui auraient bénéficié d'un traitement forcé dans un avenir où la force n'est plus autorisée.

Peter C Gøtzsche possède une maîtrise en biologie et chimie de 1974 et un doctorat en médecine de 1984. Il est spécialiste en médecine interne. Il a co-fondé la Collaboration Cochrane en 1993 et ​​créé le Nordic Cochrane Centre la même année. Il est devenu professeur en méthodologie et analyse en recherche clinique à l'Université de Copenhague en 2010.

Références:

1 Gøtzsche PC. Deadly psychiatry and organised denial. Copenhagen: People’s Press; 2015.

2 United Nations Convention on the Rights of Persons with Disabilities. General comment No. 1 2014 May 19. http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G14/031/20/PDF/G1403120.pdf?OpenElement (accessed 1 April 2015).

3 Gøtzsche PC. Does long term use of psychiatric drugs cause more harm than good? BMJ 2015;350:h2435.

4 Leucht S, Kane JM, Etschel E, et al. Linking the PANSS, BPRS, and CGI: clinical implications. Neuropsychopharmacology 2006;31:2318-25.

5 Khin NA, Chen YF, Yang Y, et al. Exploratory analyses of efficacy data from schizophrenia trials in support of new drug applications submitted to the US Food and Drug Administration. J Clin Psychiatry 2012;73:856–64.

6 Whitaker R. Mad in America. Cambridge: Perseus Books Group; 2002.
7 Schneider LS, Dagerman KS, Insel P. Risk of death with atypical antipsychotic drug treatment for dementia: meta-analysis of randomized placebo-controlled trials. JAMA 2005;294:1934–43.

8 Hughes S, Cohen D, Jaggi R. Differences in reporting serious adverse events in industry sponsored clinical trial registries and journal articles on antidepressant and antipsychotic drugs: a cross-sectional study. BMJ Open 2014;4:e005535.

9 Sackeim HA, Prudic J, Fuller R, et al. The cognitive effects of electroconvulsive therapy in community settings. Neuropsychopharmacology 2007;32:244-54.

10 Read J, Bentall R. The effectiveness of electroconvulsive therapy: a literature review. Epidemiol Psichiatr Soc 2010 Oct-Dec;19:333-47.

11 Hjorthøj CR, Madsen T, Agerbo E, et al. Risk of suicide according to level of psychiatric treatment: a nationwide nested case-control study. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol 2014;49:1357–65.

12 Large MM, Ryan CJ. Disturbing findings about the risk of suicide and psychiatric hospitals. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol 2014;49:1353–5.

13 Fiorillo A, De Rosa C, Del Vecchio V, et al. How to improve clinical practice on involuntary hospital admissions of psychiatric patients: Suggestions from the EUNOMIA study. Eur Psychiat 2011;26:201-7.

14 Scanlan JN. Interventions to reduce the use of seclusion and restraint in inpatient psychiatric settings: what we know so far, a review of the literature. Int J Soc Psychiat 2010;56:412–23.


Campagne CDPH prohibition absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé.

Traduction Jules Malleus.

Plus:
Peter Gøtzsche sur youtube:

Psych-Drugs Harm - Few Benefit, Many Harmed, Sept. 16, 2015
https://www.youtube.com/watch?v=GNpGe5r0jI0

Psych-Drugs Harm - Stop Forced Treatment, Sept. 16, 2015
https://www.youtube.com/watch?v=2gZq5_17EJ0

Psych-Drugs Risks and Alternatives, October 15, 2016
https://www.youtube.com/watch?v=1saOtiFxtks


mardi 20 décembre 2016

"Tout pour le mieux du patient" par Dorrit Cato Christensen - Campagne "No Forced Treatment"

Article original en anglais paru sur le blog Mad in America.

Une histoire personnelle, le 18 Mars 2016 par Dorrit Cato Christensen.

Je partage mon histoire à l'appui de la campagne CDPH interdiction absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé. Cette campagne est d'une importance capitale. Les hospitalisations et traitements médicaux, quand ils sont exercés par la force, sont de la torture, et doivent être immédiatement abolis parce que l' "aide psychiatrique" exercée par la force est une contradiction, et cela n'a absolument aucun sens. Cela peut détruire la personnalité des gens et leur confiance en soi. Cela peut conduire, à long terme, à des handicaps physiques et mentaux; et malheureusement, comme je le sais trop bien, cela peut aussi entraîner une mort soudaine.



J'ai été en contact étroit avec le système psychiatrique danois. Ma chère fille Luise a été happée par erreur dans ce système de «services», mais n'a pas réussi à en sortir vivante. Je suis triste de dire que j'appris plus tard comment la façon dont Luise a été traitée est la règle plutôt que l'exception. Après avoir écrit un livre sur Luise et le système psychiatrique, Cher Luise: une histoire de pouvoir et manque de puissance dans la santé mentale danoise, de nombreuses personnes m'ont contacté de partout dans le monde, pour me dire que l'histoire de Luise aurait pu être l'histoire d'un de leurs proches.

En tant que présidente de l'Association danoise "Morts dans les soins psychiatriques", je suis constamment en contact avec des gens désespérés qui ont été hospitalisés de force ou qui ont fait l'expérience d'une forme de traitement de santé obligatoire. Tous parlent de l'énorme quantité de médicaments qu'ils sont obligés d'avaler. Ils se sentent impuissants quand ils protestent contre les effets secondaires horribles, et quand on leur répond que la maladie a évolué et, que, par conséquent, la dose doit être augmentée. J'entends les expressions de satisfaction et de certitude suffisante de la part de certains professionnels de la détresse mentale, aussi bien médecins qu'infirmières et j'entends en même temps la déshumanisation de leurs patients par indifférence, par harcèlement, par coercition et par l'usage de la violence. Au travers de mon expérience avec ma chère Luise, j'ai pu observer ce monde froid et dangereux du traitement de la santé mentale.

Luise est morte en 2005, lorsque son corps et son esprit ne pouvaient plus supporter le traitement inhumain. Après sa mort, j'ai eu accès aux dossiers de l'hôpital. Lire les 600 pages de dossiers médicaux de Luise était une expérience douloureuse. Ils indiquent un diagnostic impersonnel, avec quelques traces de coercition, qu'elle soit directe ou indirecte, qui imprègnent la pile de notes et de graphiques. Luise voulait que je l'aide, mais les psychiatres ne voulaient pas entendre mon opinion, ils étaient certains qu'ils savaient mieux que moi. Donc, impuissante, j'observais comment Luise se détériorait à la fois physiquement et psychologiquement. J'ai été témoin de l'arrogance et de la malhonnêteté, de faux diagnostics répétés, de collusion professionnelle, de disparition des enregistrements officiels et de dossiers hospitaliers falsifiés.

Luise a commencé ce voyage en 1992, à l'âge de 18 ans. Elle était supposée passer un examen psychiatrique sans médicaments, et pourtant, elle a été soumise à un traitement lourd avec des médicaments psychotropes dès le premier moment où elle a mis le pied à l'hôpital. Au bout de huit jours, elle a failli mourir à cause de l'empoisonnement causé par ces médicaments psychiatriques. C'est arrivé en Août 1992. En Octobre 1992, elle était encore profondément marquée par cette intoxication. Je ne doute pas qu'elle a subi des dommages au cerveau en raison des traitements subis. Au lieu de traiter ces blessures, les psychiatres ont décidé d'augmenter les médicaments.

Luise a dit: « Non. » Elle a affirmé que les médicaments l'avaient rendue gravement malade, ce qui était la vérité. Les psychiatres ont interprété ces arguments comme des symptômes de sa maladie. Peu de temps après le traitement médical obligatoire par des injections a commencé, avec la contention physique par ceinture.

Elle a lutté pendant deux mois contre ces médicaments terribles. Le personnel médical a évidemment toujours gagné la bataille, par la force physique, avec des ceintures en cuir et des seringues.

À un moment donné Luise cessa de se débattre. Elle avait été brisée. Mon cœur saigne quand je lis les notes du 11 Novembre 1992. Deux mois et demi après qu'elle ait contacté le service psychiatrique de l' aide, il était écrit dans le dossier :

« Aujourd'hui, la patiente ne présente pas de résistance physique, mais elle est désireuse de prendre les médicaments et prend les mains (psychiatres ...), puis elle pleure. »

Après avoir lu les notes, je me rends compte que la coercition, explicite ou bien cachée, joue un rôle beaucoup plus grand que je ne l'avais imaginé.

Luise a lutté initialement et cela a donné lieu à des mesures de rétorsion à long terme. Je me suis aperçu que même la seule menace de mesures de rétorsion a été suffisante pour que Luise se rende. C'est la même histoire que j'entends de beaucoup de gens qui me contactent. À un certain moment, tout le monde va renoncer à se battre.

Le 14 Juillet 2005, à environ 4 heures, Luise a connu pour la dernière fois cette cruauté. Elle a été saisie et enfermée dans un hôpital psychiatrique. On lui a injecté un autre médicament psychiatrique, en plus des quatre qu'elle avait déjà pris. Le 15, la nuit, elle se promenait comme d'habitude (à cause de l'akathisie). On a entendu un bruit sourd. A 5 heures du matin Luise a été déclarée morte. La tentative de réanimation de la part du médecin a été vaine, ma Luise avait disparu à jamais.

Le message du dossier médical, écrit pas beaucoup d'heures avant sa mort, dit: « Aujourd'hui, la patiente a été persuadée de prendre des médicaments à libération prolongée.  Ensuite, quelques mots sur le dosage et la façon dont elle se sentait bien, et que le lendemain, elle pourrait être transférée dans une structure ouverte. »

Luise ne voulait pas que je la visite cet après-midi du 14 Juillet. Ce n'était pas normal, donc j'ai appelé le médecin de garde qui m'a dit qu'elle allait bien et qu'elle ne voulait pas me voir. J'ai demandé s'il y avait un changement de ses médicaments, je craignais qu'ils aient fait l'injection dont le médecin avait parlé, dont j'avais dit que cela serait la mort de Luise. La femme au téléphone a dit que, pour le bien de Luise, il avait été décidé de ne pas fournir l'information sur les changements de la médication mais seulement une fois par semaine. Donc, je suis invitée à rappeler le jeudi suivant. Ce fut alors que j'ai eu vraiment peur. Seulement quelques mots dans le dossier clinique sur cette décision si importante, d'injecter un nouveau médicament psychiatrique à libération prolongée.

Le droit médical prévoit que dans le dossier médical du patient doit être enregistré tout nouveau médicament administré, et les décisions du patient à cet égard. Rien n'était noté sur la fiche. Aucun consentement éclairé. Luise aurait tout fait pour éviter l'injection. C'est pourquoi la mention: « Le patient a été persuadé maintenant de prendre des injections de médicaments à libération lente » est si inquiétante. Je suis sûre qu'elle a lutté pour rejeter cette injection, car elle avait déjà failli mourir précisément à cause des injections de médicaments psychotropes.

L'autopsie a également révélé des traces sur de son corps, que le médecin légiste a été incapable d'expliquer. Je ne doute pas que ces traces ont été produites par des infirmières, quand elles l'ont plaquée au sol pour l'empêcher de combattre la prise de médicaments par injection. Injection et ensuite, entre huit à douze heures plus tard, elle est morte.

Les problèmes dus à la maladie mentale ne sont pas mortels. Malgré cela beaucoup de gens, trop de gens meurent pendant le traitement psychiatrique. Ils meurent parce qu'ils subissent des traitements à base de médicaments à des doses très élevées, souvent contre leur gré et avec l'utilisation de la violence. La tragédie de Luise est loin d'être unique au Danemark, comme dans tous les autres pays industriels avancés.

Après la mort de Luise, j'ai adressé une plainte à l' Agence nationale pour les droits des patients et de tous, et à l'association pour l'assurance des patients. Le titre de ma plainte: « La mort par empoisonnement par des médicaments. » J'ai nommé quatre médicaments différents avec lesquels ils l'ont traitée, ce qui constituait un énorme cocktail.

Selon ces agences Luise a reçu le plus haut standard de soins spécialisés. Donc, ils ont écrit:

« Le traitement antipsychotique a été formulé avec les meilleures normes professionnelles. Que les résultats n'aient pas été satisfaisants, cela est du à la nature de la condition, et aux circonstances qui font que les connaissances professionnelles et les options de traitements sont limitées. »

« Comme il est indiqué, je crois que le risque inhérent à un traitement médical doit être évalué par rapport aux souffrances que Luise H.C. aurait subi sans ces traitements. »

Il est incompréhensible que le traitement subi par Luise ait été jugé conforme à la norme, alors qu'en fait, les psychiatres ont administré des médicaments psychotropes à des doses trois fois plus élevées que les doses recommandées. Il n'y avait pas de consentement éclairé à ce cocktail de médicaments psychotropes et il n'y a rien d'écrit dans les dossiers médicaux de l'hôpital, concernant le traitement subi par Luise dans les derniers jours de sa vie.

Selon la Convention des Nations Unies, tout le monde est égal devant la loi. Alors, pourquoi cette égalité n'est-t-elle pas effective dans la pratique ? Et pourquoi personne n'est tenu responsable lorsque la loi est violée? Accepterons-nous une société où trop de gens perdent la vie pour une maladie qui n'est pas mortelle? Pouvons-nous accepter une société dans laquelle le traitement obligatoire est souvent la cause d'invalidité grave?

Ma réponse est NON. S'il vous plaît, arrêtez les traitements forcés. Pourquoi sur terre les psychiatres sont-ils si enclins à maintenir ces traitements qui sont si dangereux et dégradants? Je veux dire: « S'il vous plaît, descendez de votre tour d'ivoire, vers le bas, dans le monde réel, où il y a de vraies personnes. Arrêtez de dire que de tels traitements sont "pour le bien du patient." »


Sur youtube, le mal fait par les médicaments psychiatriques (en anglais).
https://youtu.be/YK9K1hpDbSU


Dorrit Cato Christensen est auteure, professeure et présidente de l'Association danoise "Morts dans les soins psychiatriques". Après le contact fatal de sa fille avec le système psychiatrique danois, elle a consacré sa vie à aider les gens qui sont piégés dans le système psychiatrique. Elle a rapporté l'histoire de sa fille dans ses conversations et dans son livre: "Chère Luise: Une histoire de la puissance et de l' impuissance dans le système de soins psychiatriques du Danemark"

https://absoluteprohibition.wordpress.com/
Campagne CDPH prohibition absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé.


Traduction Jules Malleus.
Qui voudrait m'aider bénévolement à traduire en français pour le blog depsychiatriser les articles de la campagne no forced treatment ? (formulaire de contact en haut à droite ou bien message facebook).

lundi 5 décembre 2016

Présidentielles 2017: mes propositions aux candidats concernant la psychiatrie

France, des réalités ignorées:

Les prescriptions psychopharmacologiques provoquent des maladies iatrogènes coûteuses, handicapantes, non diagnostiquées comme telles (Lucire, 2016, Breggin 2013, Healy 2016) (une maladie iatrogène est une maladie provoquée par les pratiques médicales elles-mêmes).

La "schizophrénie" guérit chez les personnes qui font le sevrage des produits psychiatriques (Wunderlink 2013, Harrow 2014).

La "schizophrénie" ne se constitue pas, là où les approches psychothérapeutiques inclusives de dialogue ouvert sont pratiquées (Seikkula 2011).

Les droits des personnes ne sont pas respectés en psychiatrie en France. Les personnes psychiatrisées sans consentement ont moins de droits que les détenus et les abus sont en augmentation constante. Le traitement forcé et les contentions sont des tortures psychiatriques commises avec l'argent des cotisants. (Rapport de la Controleure des lieux de privation de liberté 2016, Statistiques ATIH Santé 2015).

Les engagements français vis à vis de la Convention Droits des Personnes Handicapées de l'ONU ne sont pas respectés (Convention CDPH, Commentaire Général 1 sur article 12, et Guidelines on article 14).

La profession médico-psychiatrique française s'arqueboute sur un modèle médical dépassé (Convention CDPH, introduction). La corruption pratiquée par l'industrie psychopharmaceutique concerne les médecins, les médias, les universitaires, les associations (Base transparence santé).


Psychopharmacologie: changer les règles du jeu.

Le mode de fourniture des substances psychoactives est un choix politique citoyen et non pas l'apanage d'une corporation.

Les produits psychoactifs sont des pièges pour la condition humaine. Les choix sont politiques: pourquoi faire la guerre à la drogue d'un coté et prescrire les mêmes drogues à des enfants de l'autre coté ? Pourquoi prescrire le droguage forcé des personnes qui nous ennuient ? (Szasz)

Psychopharma c'est une industrie comme celle du tabac ou des boissons alcoolisées. Les choix politiques déterminent les conditions des marchés. La prescription forcée est à bannir. La publicité est à interdire. La responsabilisation de l'usager est nécessaire. La prescription doit se limiter aux adultes demandeurs et doit s'accompagner d'une information authentique, complète sur les dangers des produits. Toute demande de sevrage doit être facilitée. La profession médicale qui se laisse corrompre par le pouvoir et l'argent doit être punie et dépouillée de ses prérogatives. Il n'y a pas à tolérer la corruption médicale.

Les systèmes actuels de validation des indications psychopharmacologiques sont aberrants, car ils reposent sur les présupposés psychiatriques, sur du court terme, qu'ils ignorent les phénomènes de sevrage et les difficultés que les personnes psychomédiquées éprouvent pour apprécier leur condition. Enfin, ils se prêtent aux manipulations des données (Whitaker). Les inventions des psychiatres sont à dénoncer et à sanctionner comme du charlatanisme (Szsaz, Davies). Les médias, les revues scientifiques et les universités ne doivent pas recevoir d'argent de psychopharma non plus (Davies, Gøtzsche).

Je pense qu'idéalement, il faudrait séparer les industries de la pharmacologie non psychoactive de psychopharma et qu'aucun labo ne fasse les deux types de médicaments. Puis appliquer des contrôles spécifiques plus sévères sur psychopharma, en particulier vis à vis des effets sur la mémoire, la conscience de sa condition, le caractère neurotoxique des produits, les dépendances, accoutumances et syndromes de sevrage et les effets à long terme sur le système nerveux.


Les produits psychoactifs sont des pièges pour la condition humaine.

En plus des phénomènes d'accoutumance, de dépendance, des syndromes de sevrage et des dommages chroniques, les points importants me semblent:
  • Mémoire. en particulier mémoire à court terme, dont l'absence expose à agir dangereusement, et mémoire de la condition antérieure à la prise du produit.
  • Conscience de sa condition, et comment elle est affectée par le produit (Breggin).
  • Sensibilité à autrui, empathie, compassion: son absence expose aux transgressions morales.
  • Préservation des facultés intellectuelles qui sont indispensables pour s'informer et disponibilité d'une aide à l'information sinon.
  • Préservation de la volonté, possibilité d'assumer responsabilité sur ses actes et sa consommation: cela demande aussi que la personnalité soit respectée.
  • Non-incitation culturelle, médicale ou légale. Culturelles, par exemple alcoolisme professionnel, les pires sont la contrainte légale, la contrainte familiale, la prescription aux enfants et la contrainte éducative, enfin la prescription médicale qui fait que la consommation devient un devoir et une raison "scientifique".
  • La possibilité de se sevrer et d'être aidé pour cela.
  • La possibilité d'être aidé pour faire face à ses difficultés personnelles financières, sécurité, logement, mais aussi personnelles, existentielles ou spirituelles, familiales, professionnelles, juridiques.


Pourquoi agir ?

Parce que le système actuel est humainement désastreux, parce que les enfants sont déjà victimes et que leur futur est compromis, parce que les droits des personnes sont violés, parce que la torture psychiatrique devient de plus en plus répandue et banalisée, parce que l'éthique médicale n'existe plus, parce que la corruption et la déresponsabilisation se généralisent, parce que la dystopie psychiatrique dénoncée depuis des décennies par les usagers devient réalité (Toronto 1982).

La France doit honorer ses engagements envers l'ONU et progresser enfin en direction de l'implémentation de la Convention CDPH, dans ses lois et dans ses pratiques.


Quelques idées:

  • Redonner pouvoir à la personne sur son traitement. (Approche centrée sur la personne, Breggin).

  • Accepter les demandes de sevrage des produits psychiatriques et former les médecins au sevrage (Breggin).

  • Mieux communiquer avec les patients sur les limites des produits psychiatriques et sur leurs dangers. Privilégier les durées de prescription courtes. Arrêter la prescription psychiatrique aux enfants.

  • Apprendre aux médecins à reconnaître les effets des produits sur les fonctions cognitives, à diagnostiquer un syndrome de sevrage aux produits psychiatriques, à rechercher des signes de dyskinésies, d'hypertonie, d'akathisie et à diagnostiquer le dommage cérébral chronique provoqué par la consommation des produits psychiatriques (Breggin).

  • Mettre en place des approches de type Dialogue Ouvert, dédramatiser les situations, sortir l'entourage de la peur (Seikkula).

  • Renoncer au modèle médical et aux diagnostics qui n'ont pas été caractérisés biologiquement par des pathologistes, parce que ces étiquettes pérennisent les situations, et qu'elles constituent une stigmatisation et fabriquent des dépendances. A moins que la personne elle-même n'en fasse la demande, et qu'elle puisse faire abroger l'étiquette sur simple demande.

  • Conformer la législation française à la Convention Droits des Personnes Handicapées: arrêt des sytèmes de prise de décision substitutives comme le traitement forcé, les hospitalisations forcées ou les tutelles.

  • Redonner pouvoir aux usagers et aux citoyens sur les questions psycho-sociales. Le rapport 2016 de Michel Laforcade me semble dicté par la corporation medico-psychiatrique et n'audite que les associations de familles, mais pas les usagers. Conflit d'intérêts non mentionnés, ignorance des documents ONU.

  • Briser le monopole idéologique et ouvrir l'espace universitaire médical aux usagers et aux survivants de la psychiatrie, ainsi qu'aux critiques des présupposés psychiatriques.

  • Il n'y a pas à tolérer la corruption médicale pratiquée par l'industrie psychopharmacologique. L'éthique médicale doit être rétablie et des sanctions imposées.


Références:

Lucire Y (2016) Pharmacological Iatrogenesis: Substance/Medication-Induced Disorders That Masquerade as Mental Illness. Epidemiology (sunnyvale) 6:217. doi:10.4172/2161-1165.1000217.
http://www.omicsonline.org/open-access/pharmacological-iatrogenesis-substancemedicationinduced-disordersthat-masquerade-as-mental-illness-2161-1165-1000217.php

Breggin Peter, (2013), Psychiatric Drug Withdrawal: A Guide for Prescribers, Therapists, Patients and their Families.
http://breggin.com/

Healy David (2016)  Side Effects of Antipsychotics.
http://rxisk.org/side-effects-of-antipsychotics/

Wunderink L. (2013) Recovery in remitted first‐episode psychosis at 7 years of follow‐up of an early dose reduction/discontinuation or maintenance treatment strategy: long‐term follow‐up of a 2‐year randomized clinical trial. JAMA Psychiatry 2013;70:913–920.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23824214

Harrow M.
(2014) Does treatment of schizophrenia with antipsychotic medications eliminate or reduce psychosis? Psychological Medicine:doi:10.1017/S0033291714000610doi:10.1017/S0033291714000610
http://www.mentalhealthexcellence.org/wp-content/uploads/2013/08/HarrowJobePsychMedMarch2014.pdf

Seikkula, J., Alakare, B., & Aaltonen, J. (2011). The comprehensive open-dialogue approach in western Lapland: II. Long-term stability of acute psychosis outcomes in advanced community care. Psychosis, 3(3), 192–204.
http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17522439.2011.595819

Statistiques ATIH Santé 2015
http://www.atih.sante.fr/analyse-de-l-activite-hospitaliere-2015

Rapport 2015 de la Controleure des lieux de privation de liberté:
http://www.cglpl.fr/wp-content/uploads/2016/03/2015_DP_entier_DEF.pdf

La convention ONU relative aux droits des personnes handicapées (CDPH)
http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413

L’Observation générale n° 1 sur l’article 12
http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

Guidelines on article 14
http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/CRPD/GC/GuidelinesArticle14.doc

Rapport 2016 de Michel Laforcade sur la psychiatrie:
http://social-sante.gouv.fr/ministere/documentation-et-publications-officielles/rapports/sante/article/rapport-de-michel-laforcade-relatif-a-la-sante-mentale


Base transparence santé France:
https://www.transparence.sante.gouv.fr/

Szasz, Thomas (1961). The myth of mental illness.

Szasz, Thomas (1987). Insanity: The idea and its consequences.

Szasz, Thomas, (2007): The medicalization of everyday life.


Whitaker, Robert, (2011) : "Anatomy of an Epidemic: Magic Bullets, Psychiatric Drugs, and the Astonishing Rise of Mental Illness in America"

Davies, James (2014). Cracked, the unhappy truth about psychiatry.


Gøtzsche, Peter C (2013). Deadly Medicines and Organised Crime: How big pharma has corrupted healthcare.

Healy, David (2012). Pharmageddon.

Toronto 1982: Déclaration de principes de la 10 éme Conférence internationale sur les droits de l'homme et l'oppression psychiatrique.
http://www.psychiatricsurvivorarchives.com/phoenix/phoenix_rising_v3_n2.pdf




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