mercredi 1 avril 2015

Pétition adressée au Ministre de la Santé en faveur du modèle psycho-social

Voilà ma pétition lancée. Changeons les choses dans notre pays. Je compte sur vous et sur vos amis. Cliquez sur l'image ou ici pour ouvrir la pétition sur change.org. Love.

https://www.change.org/p/madame-le-ministre-des-affaires-sociales-de-la-sant%C3%A9-et-des-droits-des-femmes-engagez-des-r%C3%A9formes-afin-de-1-limiter-l-arbitraire-psychiatrique-2-limiter-les-prescriptions-abusives-3-arr%C3%AAter-les-abus-institutionnels-et-la-torture-psychiatrique-4

4/4/2015: La petition en anglais est maintenant disponible pour nos amis anglophones.

8/4/2015: La page facebook de la pétition est disponible.

4/5/2015: Pétition envoyée à madame le ministre

31/5/2015: Ecrit aux députés Jean Leonetti et Denys Robiliard pour leur demander de soutenir la pétition.
Pétition papier ici.
Un blog pour la pétition: http://stopabuspsychiatrie.blogspot.fr/

25/6/2015: Ecrit aux députés de la Commission des Lois et à ceux de Commission des Affaires Sociales. Le texte est partagé sur le blog: http://stopabuspsychiatrie.blogspot.fr/2015/06/aux-deputes-de-la-commison-des-lois-les_84.html

20/8/2015: Nouveau courrier aux députés de la Commission des Lois: http://stopabuspsychiatrie.blogspot.fr/2015/08/nouveau-courrier-aux-deputes-de-la.html



Madame le Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes,

Engagez des réformes afin de: 

1) Limiter l'arbitraire psychiatrique. 
2) Limiter les prescriptions abusives. 
3) Arrêter les abus institutionnels et la torture psychiatrique. 
4) Offrir des alternatives.


https://www.change.org/p/madame-le-ministre-des-affaires-sociales-de-la-sant%C3%A9-et-des-droits-des-femmes-engagez-des-r%C3%A9formes-afin-de-1-limiter-l-arbitraire-psychiatrique-2-limiter-les-prescriptions-abusives-3-arr%C3%AAter-les-abus-institutionnels-et-la-torture-psychiatrique-4-offr


La psychiatrie est par nature hypothétique, elle est élaborée à partir d'un recueil des demandes psycho-sociales et non à partir de théories médicales. Les diagnostics psychiatriques se dispensent de preuves biologiques et deviennent des diagnostics neurologiques quand une preuve biologique est trouvée. Les psychiatres entretiennent ainsi des diagnostics purement hypothétiques de façon interminable, en les présentant comme des certitudes scientifiques. "On ne peut pas contester un diagnostic psychiatrique."

L'expérience de la judiciarisation du non-consentement depuis 2011 montre que les abus en France sont extrêmement nombreux et graves. Les intérêts industriels sont considérables en psychiatrie. La nature hypothétique de la psychiatrie l'expose aux abus méthodologiques et semeiologiques (signes cliniques non objectifs). Elle s'accompagne des dérives propres aux systèmes de croyance. L'objet de la psychiatrie l'incite à dénier à l'usager l'information et le libre consentement, l'expose à servir d'instrument disciplinaire privé et public, ou d'instrument de diffamation, et à produire discrimination et sous-citoyenneté, ainsi qu'à exploiter la demande sécuritaire et à tenter de se substituer à la justice.

La psychiatrie par le passé s'est mise au service de l'esclavage, des superstitions sexuelles, de l'oppression des femmes, des homosexuels et des dissidents, du nazisme, de l'eugénisme, de l'expérimentation médicale et elle a ruiné et détruit de nombreuses vies. Le modèle médical de la psychiatrie ne considère pas les personnes et leurs talents dans leur environnement mais les assimile à des entités nosologiques qu'elle se charge d'éliminer: c'est pourquoi il est si nuisible et destructeur. La psychiatrie ne s'est pas excusée pour toutes les horreurs qu'elle a commis par le passé et elle continue aujourd'hui encore à abuser et à détruire.

Nous demandons des réformes afin de:

1) Limiter l'arbitraire médical

Faire apprécier par le juge et non par le médecin la nécessité d'une prise en charge non-consentie. Faire préciser les critères de décision en termes non-psychiatriques ainsi que la durée de la décision, et sans reconduction automatique. L'objectif devra être de rendre son rôle à la justice, de renoncer au non-consentement pour le remplacer par le choix fait par la personne elle-même d'une privation de liberté médicalisée ou non médicalisée. Restaurer ainsi l'éthique médicale et la relation thérapeutique détruite par la coercion. Le médecin ne doit pas se substituer à un juge d'application des privations de liberté ni imposer une farce d'entretien et les contrôles médicaux devront se limiter à la biologie.

2) Limiter les prescriptions abusives

- Revoir les procédures psychiatriques d'élimination des étiologies somatiques, qui sont insuffisantes, en particulier toxicité et sevrage médicamenteux ou substances, et maladies internes. Réévaluer ces étiologies possibles pendant et hors traitement, en particulier toxicité et sevrage médicamenteux. Pratiquer des dosages. Mettre en place des procédures de contrôle de non-dommage cérébral des traitements par exemple par l'imagerie préalable et les tests de QI, mémoire. Evaluer le traumatisme de la psychiatrisation en particulier non consentie. Evaluer les suicides en rapport avec la psychiatrisation et les traitements psychiatriques.

- Renforcer l'indépendante française et européenne vis à vis des abus de la psychiatrie importée des Etats-Unis. Renforcer l'indépendance des autorités du médicament vis à vis de l'argent et des cadeaux des labos. Obliger à revoir la méthodologie de validation des médicaments prescrits en psychiatrie qui est scientifiquement invalide parce qu'elle est basée sur des grilles non scientifiques et que les phénomènes de sevrage et de toxicité cérébrale n'y sont pas explicites, tandis que la qualité de vie et la qualité des fonctions supérieures sont peu ou pas évaluées.

- Le labo devra prouver que le produit et le sevrage du produit ne produisent pas de maladie psychiatrique, ni suicide et passage à l'acte, et que les syndromes de sevrage ne constituent pas un faux positif dans l'évaluation du produit, et devra signaler dans tous les cas sur la boîte les résultats trouvés.

- Le labo devra prouver que le produit utilisé sur le long terme ne produit pas de dommage cérébral de type déficit cérébral chronique tel qu'il a été défini par les équipes de Peter Breggin, Joanna Moncrieff, Nancy Andreasen et autres. Faute de quoi, aucun traitement ne devrait être mis en place au delà d'un mois, et a fortiori aucun traitement non consenti.

- Renforcer le droit à l'information: Avant tout traitement psychiatrique, le médecin devra informer de façon complète et à jour sur l'objectif du traitement, sa durée, les moyens qui permettront d'apprécier les résultats, le moyen d'action du produit, les effets secondaires et les complications, les modalités d'arrêt du traitement, les problèmes de dépendance, de sevrage et d'interactions alimentaires et médicamenteuses, ainsi que sur toute espèce d'alternative possible, y compris non médicale. Les informations devront être communiquées à l'usager lui-même et si il y consent, à ses proches. La communication du dossier médical doit être immédiate sans que le recours à une médiation soit nécessaire. Permettre que l'usager redevienne décideur, et acteur autonome et responsable de sa propre demande.

- Demander de renoncer à la prescription psychiatrique en pédiatrie quand aucune preuve biologique de la maladie n'a été apportée et dans tous les cas si le consentement libre de l'enfant lui-même, bien informé n'a pas été recueilli par le médecin lui-même et que l'enfant puisse demander l'arrêt de la precription à tout moment. Les problèmes pédagogiques ne sont pas des problèmes médicaux: c'est la pédagogie qui doit être adaptée à l'enfant et pas l'enfant intoxiqué. "Droguer un enfant c'est de la maltraitance".

- Demander de renoncer à la prescription psychiatrique en gérontologie quand l'information complète sur le produit ne peut être comprise et que le consentement ne peut être recueilli.

- Renoncer à la prescription psychiatrique sur les personnes handicapées qui n'y consentent pas. La camisole chimique est odieuse et injustifiée alors que la bientraitance est pratiquée dans des établissements trop rares: elle devrait être accessible à tous et les évaluations des établissements faites par les usagers et publiées.

- Faire évaluer par les usagers eux-même les produits psychiatriques testés, et non pas au moyen d'évaluation cliniques faites par des médecins sur des grilles inspirées du DSM. La qualité de vie et la qualité du fonctionnement cérébral ressenti et des fonctions cérébrales supérieures devront être pris en compte. Publier ces résultats afin qu'ils soient accessibles à tous.

3) Arrêter les abus institutionnels et la torture psychiatrique

- Exiger davantage de transparence sur tout ce qui se passe dans les hôpitaux en matière de contention, isolement, menaces, dosages punitifs, humiliations, privations, harcèlement, abus sexuels. L'hôpital ne doit pas être un lieu de peur ni d'exercice du sadisme. Participation des usagers aux visites de contrôle qui peuvent être inopinées. Recueil du retour des usagers sur la qualité des soins reçus et les abus perçus. Publication des informations recueillies.

- Renoncer à la psychiatrisation utilisée en alternative à du pénal. Offrir à tout psychiatrisé pénal la possibilité de sortir de la psychiatrisation et d'assumer leurs responsabilités pénales. "L'hôpital psychiatrique c'est pire que la prison." "Les neuroleptiques forcés, c'est de la torture, c'est pire que la peine de mort."

- Aider financièrement les associations d'usagers afin qu'elles soient indépendantes des labos, transparentes dans leur indépendance, indépendantes du pouvoir médical, et qu'elles puissent assumer tous leurs rôles dans une démocratie de la santé.

4) Offrir des alternatives au modèle médical

- Permettre l'épanouissement des offres alternatives de type Open Dialogue, et aussi entraide mutuelle indépendantes du médical comme GEM, Icarus, et élargir l'offre psychothérapeutique et faciliter son accès en fonction des revenus.

- Mettre en place un calendrier de réformes pour le passage du modèle médical au modèle bio-psycho-social tel qu'il est recommandé par l'ONU et les conventions signées.

- Faire se conformer les lois françaises aux conventions ONU CDPH (Droits des Personnes handicapées) et CCT (Contre la Torture). Informer les députés des obligations françaises et s'appuyer sur l'expertise de l'ONU.

- Mettre à jour la formation des médecins, du personnel soignant, des travailleurs sociaux et des magistrats pour que la critique de la psychiatrie et les offres non médicales soient enseignées de façon honnête et fair-play. Faciliter l'épanouissement universitaire des offres non médicales.

- Demander la transparence des liens entre universités, écoles, medias médicaux et scientifiques et labos et publier ces informations.

- Les usagers et survivants de la psychiatrie possèdent une réelle expertise. Reconnaître cette expertise, offrir des possibilités de la valoriser par des formations d'usagers-experts, et offrir des emplois de médiateur(trice). Les inviter à s'exprimer dans les écoles et les universités, et à participer aux efforts d'évaluation, d'amélioration qualité et de recherche."

Références:

Breggin, Peter (2008). Brain-disabling treatments in psychiatry: Drugs, electroshock, and the psychopharmaceutical complex.

Moncrieff, Joanna (2009). The myth of the chemical cure: A critique of psychiatric drug treatment.

Szasz, Thomas (1961). The myth of mental illness.

Szasz, Thomas (1987). Insanity: The idea and its consequences.

Whitaker, Robert (2010). Anatomy of an epidemic.

Davies, James (2014). Cracked, the unhappy truth about psychiatry.

Healy, David (2012). Pharmageddon.

Kinderman, Peter (2014). A Prescription for Psychiatry

Beng-Choon Ho; Nancy C. Andreasen; Steven Ziebell; Ronald Pierson; Vincent Magnotta (2011), Long-term Antipsychotic Treatment and Brain Volumes: A Longitudinal Study of First-Episode Schizophrenia, JAMA Psychiatry, vol. 68, N°2.
Cette pétition fait suite aux courriers du 9/9/2014, du 27/10/2014, et du 8/12/2014, adressés au député Eric Woerth, et du 18/11/2014, adressé au Président de la République, et du 7/12/2014, adressé au député Denys Robiliard par l'initiateur de la pétition.