jeudi 27 mars 2014

Big Pharma est la psychiatrie

"(I can get no...) Satisfaction" (chanson des Rolling Stones, Mick Jagger & Keith Richards)

Si la psychiatrie tend à devenir le Big brother de nos sociétés futures, elle possède un allié industriel de taille, c'est Big Pharma.

Big Pharma nous vend ses petites pilules comme on vend des cigarettes, des boissons à la caféine ou des couches culottes: avec du marketing et des campagnes publicitaires. Des sommes considérables sont investies, le retour sur investissement est exigé, et les nouvelles molécules sont cotées par les boursiers. La différence c'est que le marketing vise surtout les prescripteurs, les médecins, au moyen des représentants médicaux et des articles et publicités dans la presse médicale, et s'efforce d'en faire des convertis qui vont alors convaincre les consommateurs plus efficacement qu'un spot télé...  (Aux Etats-Unis, la publicité directe pour une pilule est pratiquée, mais en France, l'industrie dépense des sommes importantes simplement pour soigner son image auprès du public, parce que l'image positive du labo et de sa marque est un facteur important dans la demande pour ses produits.)

Pour qu'il soit prescrit (et remboursé), le produit doit être validé par des scientifiques. Dans le cas de la psychiatrie, ces fonctions sont assurées par une profession en vase-clos qui se nourrit d'hypothèses et s'auto-évalue. Les intérêts semblent converger alors pour aboutir à une vaste entreprise de tromperie des patients-consommateurs, des médecins eux-mêmes, des sociétés qui font confiance à la psychiatrie et de leurs systèmes d'assurance.

Big Pharma: "Non, non, nous sommes gentils, nous faisons le bien, nous soignons les gens, nous finançons la recherche et tous nos produits sont validés par des essais cliniques scientifiquement validés et d'ailleurs très coûteux."

Savez-vous comment est évaluée l'efficacité d'un médicament en psychiatrie ? Pour mesurer "scientifiquement" une "dépression", on ne fait pas une prise de sang, mais c'est le patient qui évalue lui-même une grille de critères subjective de son "mieux-être". En gros, c'est du genre: "j'ai l'impression que je me sens mieux". On pourrait aussi bien faire cocher: "Est-ce que cette drogue vous a satisfait (Oui / Non) ?"

C'est dire que l'on mesure en réalité non pas l'efficacité d'un "traitement" sur une "maladie" mais simplement la satisfaction d'un consommateur ou si vous préférez l'intensité de l'effet placebo. Mais plus le "médicament" évalué présentera des effets perceptibles par le patient, du genre affectivité émoussée et propension à réfléchir altérée, et plus le consommateur y trouvera satisfaction, ou si vous voulez: "soulagement". Plus il sentira qu'il a pris quelque chose qui altère son corps et son mental, et plus il sera susceptible de cocher les cases positivement. C'est ainsi que certaines études parviennent à "démontrer" l'efficacité imaginaire de la nouvelle molécule sur des maladies tout aussi imaginaires, mais avec l'avantage qu'on va ainsi pouvoir faire rembourser sa prescription.

Tout le monde est content: le labo vend sa pilule, le médecin consulte et prescrit et s'imagine qu'il "guérit", le "patient" consommateur peut se laisser aller dans le coton de la drogue, se faire plaindre comme la victime d'une maladie tout en se considérant innocent de tout abus de substance.

Big Pharma finance les universités, la recherche, les essais, les journaux qui publient les résultats, et rémunère les profs d'université pour leurs efforts de promotion de ses produits. Le journaliste James Davies, dans son livre-enquête, "Cracked, why psychiatry is doing more harm than good", expose les procédés de manipulation des résultats des essais en psychiatrie et les pressions exercées par les labos. Il explique que la majorité des rédacteurs des DSM-IV et V ont touché de l'argent des labos.

C'est ainsi que la grosse machine Big-Pharma-Psychiatrie invente des maladies pour les molécules dont elle détient les brevets, et "diagnostique" des "malades" pour les consommer. Résultat: survenue d'épidémies de drogués-zombies involontaires, y compris des malheureux gamins dont on abuse ainsi. Et tout ceci avec la bénédiction des états et sur le dos des assurances-maladie.

Ces nouvelles épidémies ont pour nom Prozac, Ritalin, entre autres. Les malades imaginaires finissent par être persuadés qu'ils sont atteints d'un "déséquilibre biochimique du cerveau".

Si vous demandez aux spécialistes de caractériser ceci, ils vous diront que c'est encore théorique et que l'origine du "déséquilibre" n'est pas encore élucidée. C'est à dire que la profession se retranche derrière le blabla des labos et de leurs créatures: Les labos prétendent démontrer avec des essais plus ou moins truqués une efficacité sélective de leurs produits sur des mal-être évalués subjectivement. Leurs créatures (les profs d'université par eux-mêmes grassement rémunérés) y voient une preuve suffisante de l'existence de "maladies du cerveau" sous la forme de "déséquilibres biochimiques" "curables" par les-dites molécules... La seule chose évidente à mes yeux c'est la malhonnêteté intellectuelle de l'affaire et un étalage de pseudo-science qui se mord la queue et s'auto-congratule.

En tous cas les zombies "déséquilibrés biochimiquement" sont évidemment incurables par le traitement médicamenteux puisqu'ils ne sont pas malades. Ils risquent par contre de devenir dépendants des drogues, le plus souvent sous la forme de "rechutes" à l'arrêt du "traitement". Il tendent à perdre peu à peu leur autonomie à prendre eux-même leur propre vie en charge. Il choisissent le recours systématique au docteur-dealer pour eux-mêmes et leurs proches, face à des problèmes qui ne sont pas médicaux.




De tels drogués involontaires se suicident quelquefois, et sont à risque d'évoluer en "malades mentaux" à vie, consultants chroniques à "retaper" à intervalles réguliers à l'hôpital, et certains d'entre eux deviendront des handicapés tout à fait réels que la société devra prendre en charge. Le résultat de la prescription initiale des petites drogues présentées comme anodines et de la déresponsabilisation qu'entraîne la médicalisation abusive des problèmes non médicaux, c'est qu'on a fini par fabriquer des dépendances.

Allons, mesdames, messieurs, jetez à bas l'hypocrisie: une drogue est une drogue, certains aimeront celle-ci, d'autres aimeront celle-là. X préférera son côtes du Rhône et sa cigarette électronique pour se satisfaire, tandis qu'Y préférera une benzodiazépine. Mais au fond c'est la même chose. Une drogue cela se vend par des distributeurs agréés à des consommateurs autorisés, certaines sont sujettes à la prescription, et d'autres sont interdites, d'autres encore sont seulement taxées, mais il me semble essentiel de garantir que la consommation soit dans tous les cas volontaire, le mieux informée possible, et enfin réservée aux adultes.

Nous devrions séparer clairement la médecine de la psychiatrie:

Si je vous dis d'arrêter de picoler, c'est un conseil de bon sens, mais si je vous dis d'arrêter la pilule psychiatrique, alors c'est de l'exercice illégal de la médecine.

Est-ce que la condition humaine est une maladie du cerveau, à votre avis ?
X et Y ont fait leur choix, mais Z préfèrera ne pas se droguer, assumer sa propre existence, et tenter de se réaliser en développant sa personnalité et ses talents.


Notes:
Big Brother est le dictateur virtuel de la dystopie décrite par Georges Orwell dans son roman "1984".

Placebo, latin pour "je plais". Désigne l'efficacité mesurable d'une pilule sans contenu (juste un peu de sucre). Elle dépend de la foi dans le médicament prescrit, de la confiance dans le prescripteur, des circonstances de prescription et des moyens d'administration. C'est l'effet placebo qui faisait que les potions infectes, les clystères, les saignées et l'eau bénite marchaient. Plus le traitement était désagréable à prendre, plus il faisait intervenir des gens en uniforme pour sa prescription et son administration, et mieux cela marchait. Quant à la pilule, davantage son nom, sa marque, sa couleur, sa forme, son goût sont appropriés à la représentation culturelle de la maladie traitée, et d'autant elle sera plus efficace. Nocebo désigne l'effet négatif correspondant à une image négative du médicament.

L'effet placebo est recherché par le médecin, et c'est pourquoi on enseigne aux jeunes médecins à mystifier quelque peu leurs patients: c'est la "relation thérapeutique". Mais un tel procédé est en conflit avec le principe d'information du patient et son corollaire de recueil de son consentement.


Liens:
L'asso Regards Citoyens dénonce les petits cadeaux ici:
http://www.regardscitoyens.org/sunshine/


L'association formindep sur la transparence en matière de santé:
http://www.formindep.org/

Une étude de l'asso Neptune sur les liens d'intérêt entre médecins et labos par rapport à la loi française:
http://www.forumpsy.net/t761-lien-d-interet-entre-laboratoires-et-psychiatres-lois-l4113-6-l4113-13-sources-d-information-position-de-neptune

Un article du chirurgien Gérard Delépine qui explique et chiffre l'argent payé par les labos:
http://www.maveritesur.com/gerard-delepine/la-mainmise-de-l-industrie-pharmaceutique-sur-la-medecine/942/

Le Pr Claude Beraud parle d'une industrie qui "invente des maladies" et qui médicalise le mal-être dans son blog d'actualité médicale:
http://www.claudeberaud.fr/?68-les-deux-visages-de-lindustrie-pharmaceutique


Lire:
James Davies, "Cracked, the unhappy truth about psychiatry", 2014


Peter C. Gotzsche "Deadly medecine and organized crime", 2013
http://www.madinamerica.com/2013/09/deadly-medicines-organised-crime-big-pharma-corrupted-health-care/

Mikkel Borch-Jacobsen "Big pharma : une industrie toute puissante qui joue avec notre santé", 2013

Robert Whitaker, "Anatomy of an Epidemic: Magic Bullets, Psychiatric Drugs, and the Astonishing Rise of Mental Illness in America", 2011

Dr Peter R. Breggin, "Toxic Psychiatry: Why Therapy, Empathy and Love Must Replace the Drugs, Electroshock, and Biochemical Theories of the "New Psychiatry", 1994
Son site: http://www.breggin.com/


Et aussi sur ce blog:

Les traitements destinés à soigner la folie rendent fou, par toxicité directe ou par syndrome de sevrage, y compris chez les personnes saines, et la méthodologie de validitation des produits escamote ce scandale:
http://depsychiatriser.blogspot.fr/2015/03/la-lobotomie-chimique-le-dommage.html

Le schéma de l'escroquerie à la maladie mentale supposée:
http://depsychiatriser.blogspot.fr/2014/03/le-dogme.html


Et une petite chanson qui me plait bien:

https://www.youtube.com/watch?v=zTiwt042wrk&feature=youtu.be


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