jeudi 27 mars 2014

Bienvenue

Bienvenue sur ce blog contestataire de la psychiatrie. On y trouvera de la poésie, des dessins, des opinions, des lectures, des liens vers le web.

Imagines

Imagines qu'il n'y ait plus d'asiles
C'est facile si tu essaies
Aucun enfer ni institution
Nul docteur au-dessus de toi
Imagines chacun d'entre nous,
Vivre à égalité...

Imagines qu'on ne prescrive plus
Pas de blouse blanche pour te piquer
Pas de pilule à avaler
Nul besoin de t'abrutir
Nul besoin de te diminuer
Et pas d'électrochocs non plus

Imagines aucun diagnostic
Le DSM à la poubelle
Aucun stigmate aucun dossier
Pas de jargon ni d'étiquette
Ni faux experts ni faux savants
Pas de crime et pas de jugement

Imagines un monde sans peur
Pas de névrose ni de psychose
Freud et Lacan vont au panier
Personne n'est juge de tes pensées
Nul n'évalue ta personnalité
Rien ne t'empêchera d'exister

Vous pourriez dire que je suis un rêveur
Mais je ne suis pas le seul
Et j'espère qu'un jour nul n'enfermera
ni ne traitera sans consentement.


(un poème à la manière de John Lennon)
@Jules Malleus 2014 

Le schéma de l'escroquerie à la maladie mentale

"Le monde n'a jamais manqué de charlatans :
Cette science, de tout temps, fut en professeurs très fertile."
Jean de La Fontaine, Fables, Le Charlatan, Livre VI, fable 19.

Charlatanisme: Art d'exploiter la crédulité d'autrui érigé en système.
Le charlatanisme est une escroquerie, et une escroquerie repose sur un schéma.

L'idéologie du tout-médical.

Vous êtes monsieur, madame Tout-le-monde.
Influencé(e) par l'idéologie du tout-médical, vous décidez de consulter parce que vous vous sentez de temps en temps, pas bien, anxieux(se), fatigué(e), triste, insomniaque ou insatisfait(e).

Le Docteur André vous reçoit, vous examine, puis vous dit: "Vous n'avez rien, vous m'importunez. Allez-vous-en."

Le Docteur Boris vous reçoit, vous examine, puis vous dit: "Vous avez bien fait de consulter (une phrase rituelle qui signifie exactement son contraire). Vous allez prendre ceci et cela", et il vous prescrit quelque homéopathie, oligo-élément, magnésium, vitamine ou autre placebo.

Le Docteur Charles vous reçoit, ne vous examine quasiment pas, mais vous observe et vous fait parler quelque peu, puis vous dit: "Nous savons de quoi vous souffrez, nous connaissons bien le problème, nous comprenons votre besoin." Puis il va vous prescrire un calmant ou bien quelque autre drogue à caractère psychotrope et ensuite il va fixer le prochain rendez-vous.

A votre avis quel est le meilleur médecin ?

(Réponse: Quoique malpoli, le docteur A est le meilleur et le plus rare. Le docteur B est compétent, diplomate et menteur, c'est le cas le plus fréquent. Mais le docteur C est franchement malhonnête.)

Grâce au concept de la "maladie mentale", le docteur Charles va se permettre de caractériser votre problème avec un mot tiré du jargon psychiatrique: Vous sortirez de son cabinet convaincu(e) d'être atteint(e) d'une maladie alors que vous n'avez rien et vous risquez de devenir dépendant(e) d'une drogue. Vous renoncerez probablement à tenter de changer ce qui ne serait pas satisfaisant à ce moment dans votre vie.


C'est le schéma de la maladie mentale:

"Votre problème est une maladie du cerveau: croyez-nous, faites nous confiance, ayez foi en nous: nous savons, et vous ne savez pas. Cette maladie, nous la diagnostiquons, nous la prenons en charge, nous la traitons, nous vous assurons, nous vous guérirons."

Vous consultez l'homme de science pour un problème vous concernant. "Pas de problème", vous dit-il, "Le problème est dans votre tête, c'est à dire que vous souffrez d'une maladie du cerveau, et c'est cela qui vous ennuie. Vous avez bien fait de consulter, car mes collègues et moi, nous sommes très savants, et nous somme si savants que vous ne pourriez pas appréhender la complexité de tout ce que nous savons. Alors, n'essayez même pas, mais faites nous confiance, car tout le monde nous fait confiance, et même l'état et la justice nous font confiance. Notre science va nous permettre de diagnostiquer votre maladie du cerveau, et armé de cette connaissance, nous allons pouvoir prédire l'évolution de votre problème, le prendre en charge et le traiter. Si votre maladie vous handicape, grâce à nous, vous serez pris en charge socialement aussi. Votre problème nous intéresse tant que vous pourrez venir nous en parler régulièrement, selon nos conditions. Nous demandons seulement votre confiance, ayez foi en nous, ayez foi en la science. Ayez bon espoir que nous parviendrons à vous guérir, sinon aujourd'hui, du moins dans le futur car notre science progresse à grand pas. Et afin d'atténuer votre anxiété vis à vis de votre problème, devenu une maladie et par rapport à sa prise en charge, ne vous inquiétez pas, nous décidons de tout, vous n'aurez qu'à obéir et bien suivre vos traitements. Plus de soucis, plus de responsabilités, plus de décisions à prendre, à assumer, nous assumerons tout cela à votre place. Grâce à nous le bonheur vous attend."

Et voilà: plus de soucis, abracadabra, le problème est résolu, et tout le monde est content.


Ce schéma est celui d'une escroquerie: il prétend répondre à des besoins qui ne sont pas d'ordre médical.

Dans l'exemple proposé votre besoin est de communiquer, d'être rassuré(e), de comprendre, et d'agir. Ecoute, empathie, honneteté, confiance, conseil: Communiquer pourrait être pris en charge par n'importe quel ami ou conseiller. Le meilleur sera capable de vous aiguiller au besoin vers une assistante sociale, un conseil conjugal, professionnel, une association, un syndicat ou un avocat, c'est à dire d'entamer une démarche personnelle de résolution de vos conflits. Mais le seul besoin couvert ici est celui du docteur Charles: il s'assure une rente et conforte sa situation, il médicalise et pérennise votre problème: il est devenu nécessaire.

Voyez-vous l'idéologie psychiatrique est taillée sur mesure pour répondre à TOUTES les demandes. (l'usage des majuscules sert à vous amener à réaliser qu'il s'agit d'une idéologie à caractère totalitaire).


"Ton enfant te déçoit, fais-le "soigner". Ta femme t'agace, fais-la interner. Celui-ci nous est insupportable, faisons-le psychiatriser. "

Le fils Xavier ne semble pas être un génie, ses parents sont fâchés du carnet de notes, le médecin "diagnostique" un "déficit de l'attention avec hyper-activité" et prescrit une amphétamine au gamin.

Monsieur et madame Yvan se disputent, mais monsieur ne veut pas divorcer parce qu'il s'est marié devant Dieu. Quand madame est fatiguée et bien énervée, monsieur Yvan insiste et l'emmène presque de force auprès du psychiatre. Celui-ci 'diagnostique' un "épisode maniaque" et envoie madame Yvan en "cure de sommeil" dans un établissement privé dit "maison de repos".

Monsieur Zaccharie aime nomadiser et certains estiment que sa présence ne correspond pas à l'image qu'il ont de leur village. Un soir, les policiers l'amènent aux urgences. Monsieur Zaccharie n'a commis aucune infraction particulière, mais il semble fâché, énervé, et son discours est jugé plus ou moins décalé et plus ou moins cohérent. Le médecin suppute une "schizophrénie paranoïde", injecte des neuroleptiques sédatifs et le fait placer.

Ton enfant te déçoit, il-elle se rebelle, alors fais-le "soigner" ! Il sera plus facile à discipliner, il se soumettra, il obéira.

Ta femme t'agace, mais tu ne veux pas divorcer, alors fais-la interner ! Cela va la calmer et elle deviendra plus soumise, plus docile.

Celui-ci nous est insupportable, il ne croit pas les mêmes choses que les autres, il ne veut pas les mêmes choses que les autres, il nous "dérange", il "déraille", c'est un "déviant", alors faisons-le psychiatriser ! Débarrassons-nous ainsi de cet encombrant. Et cela deviendra un exemple de la punition qui attend ceux qui ne se conforment pas.

Dans ces trois cas, notez bien que le médecin a répondu à la demande des parents X, du mari Y, et des policiers. Ni l'enfant X, ni madame Y, ni monsieur Z n'ont formulé de demande ni exprimé de consentement. Pourtant le médecin pense qu'il est au service de ses "patients". Le schéma de la "maladie mentale" est l'artifice qui permet au médecin de transformer un abus en pratique légitime. Les vraies victimes de l'abus sont l'enfant X, madame Y, et monsieur Z.

Le service qu'a fourni le médecin est de nature disciplinaire. Le médecin a convaincu l'enfant X que ses parents avaient tout pouvoir pour le faire droguer si ses efforts scolaires paraissent insuffisants. L'enfant va vivre dans la peur. Les parents X pourront exercer leur chantage sur leur enfant par le futur. Le médecin a aidé monsieur Y à ne pas assumer ses contradictions et à ne pas dialoguer avec sa femme. Le traitement va convaincre madame Y qu'elle est porteuse d'une espèce de tare, qu'elle est impuissante à changer sa condition et qu'elle n'a pas d'autre choix que de se soumettre à son mari, de renoncer à négocier et de se taire dans le futur. Le médecin a exercé en fait la violence conjugale de monsieur Y sur madame Y par délégation, et sa main a été plus lourde. Le médecin s'est mis au service de l'intolérance, il a conforté monsieur Z dans sa conviction que la société le rejetait et voulait lui retirer sa liberté et détruire sa personnalité.

L'enfant X est "corrigé" par une drogue qui a des chances de présenter des effets secondaires sérieux, son corps et sa psyché ne lui appartiennent pas. Madame Y est rééduquée dans la soumission à son mari et à l'autorité médicale, on lui inculque par la pharmacologie l'amnésie qui permettra d'occulter, de nier que sa "maladie" est en fait un conflit conjugal. Monsieur Z est brisé dans sa personnalité par la violence institutionnelle et la camisole chimique. Grâce au concept de la "maladie mentale", ces trois abus très sérieux ne sont pas considérés comme des abus mais comme des "traitements" légitimes, nécessaires et bénéfiques aux "patients".

Le schéma de la "maladie mentale" permet au médecin d'ignorer qu'il a nui gravement à ces trois personnes. Au contraire, il peut se persuader qu'il a contribué à les "soigner" et à faire "prendre en charge" leur "pathologie".




Le docteur Diafoirus, Molière, "le malade imaginaire", gravure d'Honoré Daumier ( http://www.honore-daumier.com/ )


Une machine à fabriquer des maladies.

Chacune des trois "maladies" est imaginaire mais chacune des trois a de bonnes chances de devenir pérenne, quoique leur dénomination puisse évoluer.  L'enfant X va réaliser que ses parents ne l'aiment pas pour lui-même mais souhaitent seulement l'utiliser pour eux-mêmes comme un objet de prétention et de réussite sociale. Il va les détester secrètement, de façon insupportable, et il ne parviendra pas à obtenir les notes qui sont exigées de lui. Il pourra manifester sa souffrance, tenter de se réapproprier son corps, par des actes dirigés contre son corps, comme la consommation de drogue, qui seront interprétés aussi comme une "maladie mentale" ou son évolution. Madame Y va éprouver la tristesse et le renoncement, elle ne s'alimentera pas correctement, comme une façon d'exprimer son refus de la situation et le métabolisme du jeûne s'accompagnant d'une phase hyper-active, cela va l'amener à tenter d'exprimer sa souffrance au téléphone à tous ceux qu'elle peut contacter. Un tel comportement va être interprété par le psychiatre comme une "rechute" dans une "psychose maniaco-dépressive". Le cycle va ensuite se répéter. Monsieur Z sortira mentalement détruit de l'institution. Une amnésie partielle est probable. Son potentiel intellectuel a pu être altéré par le traitement. Il pourra présenter des raideurs, des grimaces, des sortes de tics bizarres qui sont les effets secondaires des neuroleptiques. Son dossier le suivra.

Les trois "maladies" résultent de conflits et non de conditions pathologiques. Parce que les conflits demeurent et sont exacerbés par l'abus, les fausses maladies qu'ils ont produit vont probablement continuer aussi et se compliquer des conséquences des faux traitements. Ces complications renforceront la conviction des soignants que le "diagnostic" initial était légitime. Et tout problème futur sera interprété au travers du filtre de ce "diagnostic" initial et de cette histoire cumulative.

Dans les trois cas il y a abus et l'éthique médicale est bafouée. Mais grâce au schéma de la "maladie mentale", ceux dont les demandes ont été satisfaites par l'abus d'autrui n'ont fait que s'adresser à l'autorité: ils sont innocents, ils ont "bien" agi. Les parents X ne torturent pas leur enfant mentalement et physiquement mais sont seulement des parents soucieux de la santé et de l'avenir de leur enfant. Monsieur Y n'est pas un mari abusif mais un bon époux qui visite sa femme tous les jours à la clinique et qui se dévoue financièrement pour la faire "soigner" le mieux possible. La société n'est pas répressive et destructrice envers monsieur Z mais socialement concernée, généreuse et responsable.

Voilà toute l'escroquerie: c'est le schéma de la "maladie mentale" et sa mise en application c'est le modèle de prise en charge par le système médical des demandes non-médicales, sous la forme d'un "diagnostic" et d'un "traitement" psychiatrique.


Un système qui ressemble fort à une religion.

Selon mon opinion, la psychiatrie n'est pas une discipline médicale. La neurologie suffit à s'occuper des maladies du cerveau. Au contraire, la psychiatrie représente un choix, qui consiste à favoriser une approche répressive, chimique des problèmes existentiels, au détriment d'autres approches possibles, qui sont en même temps délégitimisées et discréditées. Ainsi la psychiatrie représente-t-elle la mise en oeuvre d'un positivisme extrême, intolérant: elle est avant tout un dogme, à la manière d'une idéologie, d'une religion. Il s'agit d'un dogmatisme de l'esprit, d'une prétention à connaître et à catégoriser la psyché humaine de manière extensive, scientifique, dans une perspective de prise en charge standardisée, collective, publique, coercitive, à la manière médicale.

La psychiatrie s'appuie en partie sur la médecine et sur la pharmacologie et cet aspect scientifique masque l'autre visage de la psychiatrie qui est dogmatique, idéologique et quasi-religieux. C'est le concept de la "santé mentale", c'est la prétention à médicaliser tous les aspects de la condition humaine.

Cet aspect idéologique voire quasi-religieux se caractérise par des pratiques typiques des religions qui sont l'exploitation de la peur, l'humiliation, la déresponsabilisation, l'endoctrinement, le recrutement, l'élévation des pouvoirs d'une caste au dessus du commun des mortels, et la désignation de boucs émissaires. On observe des rituels de consommation de drogue et la persécution des victimes désignées s'apparente à des sacrifices humains. Il y a un investissement financier, politique, culturel, sémantique. On pourrait presque parler de l'église de psychiatrie, religion d'état.


Un projet de société déshumanisant.

La psychiatrie véhicule aussi un projet de société, la prise en charge des problèmes de société qui vont du mal-être existentiel à la criminalité. Ainsi prétend-elle s'occuper non seulement de nos comportements, mais encore de nos pensées, de nos états d'âme, de nos personnalités, et soigner l'âme. En justice, elle prétendrait presque évaluer scientifiquement si quelqu'un est susceptible de devenir un criminel ou de le redevenir, et en tout cas si un criminel avéré doit être puni conformément à la loi, ou bien si il est "irresponsable" de ses actes à la manière d'un "possédé" moderne.

La "santé mentale" pour tous représente le projet d'une société parfaite sans crimes, sans suicides, sans questions existentielles, sans passions, sans excès. C'est la dystopie de la normalisation mentale de chacun et la "prévention" et le "traitement" des déviations par rapport à la norme. (Une dystopie est une utopie qui ne marche pas, mais qui aboutit au contraire à un système inhumain, cauchemardesque.)

C'est la confusion entre science et idéologie qui empêche de séparer l'état de la composante idéologique de la psychiatrie, de la même manière qu'on sépare l'état de la religion. Elle empêche la critique de la psychiatrie en tant qu'idéologie. Elle protège l'institution psychiatrique du regard critique des non-médecins et non-psychiatres. Elle favorise l'appropriation de ressources fiscales par un projet social dystopique. La même confusion tend à escamoter le débat politique sur ce projet social.

Psychiatrie signifie médecine de l'âme. Mais s'est-on seulement interrogé si la démarche est légitime de vouloir médicaliser notre âme ?

La psychiatrie prétend prendre en charge et "guérir" les comportements inappropriés à la réalité ou bien jugés inappropriés par sa clientèle ou par l'idéologie qu'elle représente. Mais au nom de quoi s'arroge-t-elle le droit de définir pour tous ce qui est normal et ce qui ne l'est pas ? Les procédés qu'elle promeut pour cette prise en charge sont-ils volontaires, respectueux du droit à l'information et généralement des droits de l'homme, ou même simplement bénéfiques ?

La psychiatrie prétend prendre en charge l'internement de certains criminels et définir si ils sont ou non responsables de leurs actes. Sa prétention politique, qui s'appuie sur la demande sécuritaire, est de protéger la société de certains aspects de la criminalité, en "soignant" des "conditions" de l'âme qu'elle estime susceptible de provoquer des crimes. Je trouve une telle prétention ahurissante et je pense qu'elle n'a jamais été prouvée. Au moyen d'une telle prétention, en s'arrogeant un pouvoir de coercion, chimique ou institutionnel, la psychiatrie réalise des procès d'intention, sans jugement, sans recours. Un tel passe-droit élève les psychiatres au rang de juges sans tribunal, jugeant des crimes qui n'ont pas eu lieu, avec carte blanche pour prescrire la violence de l'incarcération et des "traitements" imposés, et un chèque en blanc sur les cotisations obligatoires.

J'estime que la sécurité est l'affaire des policiers et du système pénal sous l'autorité des juges. Les "médecins de l'âme" et autres charlatans n'ont rien à y faire. Prétendre certifier quoi que ce soit en psychiatrie, prétendre à une quelconque expertise en psychiatrie, c'est comme prétendre à une expertise en théologie.

La psychiatrie finalement tend à prétendre évaluer et catégoriser de plus en plus tous les aspects de notre existence. Elle tendrait à s'arroger le droit de manipuler au moyens de drogues, de restrictions de libertés, de menaces et d'une propagande pseudo-scientifique tous les aspects de notre vie privée: c'est le projet dystopique de l'idéologie psychiatrique. (Un aspect pseudo-scientifique évident c'est que la psychiatrie définit elle-même les outils de sa propre évaluation. Elle s'auto-évalue au milieu d'intérêts financiers majeurs. Voir les autres dossiers sur blog: DSM, Big Pharma).


Notes:
En 2001 à Berlin, le Tribunal Russel a jugé les violations des droits de l'homme en psychiatrie, Le verdict majoritaire a dénoncé de sérieux abus, l'usage de la force et l'absence de transparence. Lien en anglais:



La dystopie psychiatrique s"est manifestée de façon accablante en particulier dans la répression des dissidents et leur "rééducation" dans les pays du bloc Soviétique, en Chine communiste, et dans l'implication de l'idéologie dans les programmes d'eugénisme et de stérilisation aux États-Unis ainsi que dans l'entreprise d'extermination de l'Allemagne nazie.


Sceau du Tribunal du Saint Office de l'Inquisition, Espagne, image wikipedia.


Lire sur la machine à fabriquer des malades:
Robert Whitaker: "Anatomy of an Epidemic: Magic Bullets, Psychiatric Drugs, and the Astonishing Rise of Mental Illness in America", 2011

The Myth of the Chemical Cure: A Critique of Psychiatric Drug Treatment Paperback – 9 Sep 2009
by Dr Joanna Moncrieff


Toxic Psychiatry: Why Therapy, Empathy and Love Must Replace the Drugs, Electroshock, and Biochemical Theories of the "New Psychiatry" Paperback – August 15, 1994
by Peter R. Breggin (Author)
Lire sur la comparaison entre psychiatrie et inquisition, Thomas Szasz, "The Manufacture of Madness: A Comparative Study of the Inquisition and the Mental Health Movement."

Note pour les cinéphiles: une dystopie pharmacologique extrême est décrite dans le film Equilibrium (Kurt Wimmer, 2002): le contentement est obligatoire, tous les citoyens doivent se droguer au Prozium. Les états d'âme, les émotions sont bannies, une brutale inquisition sévit.
Sur le même thème, voir aussi THX1138, Georges Lucas, 1971.

Sur le web:
Les troubles mentaux ne sont pas des maladies, par Thomas Szasz, 2000:
http://www.szasz.com/usatoday.html

@Jules Malleus 2014

Les victimes de la psychiatrie

"La folie est relative: elle dépend de qui tient qui enfermé dans quelle cage." Ray Bradbury.

Le silence des médias sur les dégâts provoqués par les pratiques psychiatriques

44 fois plus de suicides chez les hospitalisés psychiatriques [1][2].

La moitié des hospitalisés psychiatriques sont gravement traumatisés [3].

Davantage d'efforts en santé mentale = davantage de suicides, étude sur 100 pays [4].

Torture psychiatrique : enfermements, contentions, isolements, torture aux neuroleptiques, menaces, humiliations, perte des droits, tutelles forcées. Pratiques de droguage amnésiant, acceptation forcée d'une étiquette psychiatrique, endoctrinement dans l'idéologie psychiatrique (projection de films réalisés par les labos), menaces de rétaliations par hospitalisation forcée et torture, droguage par injection à durée indéfinie, refus des demandes de sevrage, désinformation sur les produits et les alternatives, menace d'electro-chocs, tout cela au nom d'une souffrance ou d'un handicap psycho-social ou d'un historique de psychiatrisation. Telles sont les expériences vécues par mes amis en France.

Maladies fabriquées par le système : Les drogues psychiatriques fabriquent les symptomes, les syndromes de sevrage, les dommages cérébraux chroniques, et d'autres maladies [5][6][7][8]. Les médecins intérprêtent faussement les effets des médicaments et des traumatismes d'hospitalisation comme des signes de maladie psychiatrique. Ils assimilent abusivement les syndromes de sevrage médicamneteux à des "rechutes", alors que ceux-ci sont intenses, retardés jusqu'à un mois, et présents pour de faibles baisses de dosage. Les médecins ignorent les effets secondaires et les dommages chroniques. Ils ne savent pas sevrer des médicaments, refusent de le faire et pratiquent une absurde et nuisible pérennisation des prescriptions.

Anti-dépresseurs : Couples détruits par les anti-dépresseurs, apathie, indifférence, dysphorie tardive, dépressions, manies, bipolarités, aggravations, besoins d'alcool, troubles sexuels, dysfonctions sexuelles après ISRS, akathisie, passages à l'acte, suicides, violences, obésités, malformations.

Anti-psychotiques (neuroleptiques) : Akathisies, dyskinésies, hypertonies, psychose d'hypersensibilité, syndromes de sevrage, dyskinésies dites "tardives", troubles cognitifs, apathie, inattention, perte d'intérêt, de talent, de créativité, instabilité émotionnelle, déficiences cérébrales chroniques, troubles sexuels, troubles endocriniens, gynécomastie, obésité, diabète, maladies cardiaques, mort, syndrome de sevrage néonatal, malformations?

Benzodiazépines : Tolérances et addictions, troubles cognitifs, atrophies cérébrales, démences, anxiétés chroniques et troubles du sommeil chroniques, désinhibitions, violences, suicides,syndrome de sevrage néonatal, malformations?

Psycho-stimulants (TDAH) : perte de la spontanéité, obsession-compulsion, dépression, apathie, léthargie, insomnie, manie, bipolarité, psychose, addiction, overdose, usage cocaïne, déficit de croissance osseuse, risque cardio-vasculaire, non prise d'indépendance, défaut de contrôle de soi-même, obésité, QI moins élevé.

Lithium : neurotoxique, dysfonction rénale, fatigue, défauts de l'attention, troubles de la thyroïde, parathyroïde, arythmies, gains de poids, pertes des cheveux, maladies de peau, tremblements, troubles gastro-intestinaux, malformations.

Electrochocs : pertes de mémoire définitives, déficiences cérébrales chroniques, épilepsie, accidents d'anesthésie, mort.





Références:

[1] Hjorthøj CR, Madsen T, Agerbo E, et al. Risk of suicide according to level of psychiatric treatment: a nationwide nested case-control study. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol 2014;49:1357–65.

[2] Large MM, Ryan CJ. Disturbing findings about the risk of suicide and psychiatric hospitals. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol 2014;49:1353–5.

[3] Les hospitalisations et soins sans consentements provoquent des syndromes de stress post-traumatiques et des conduites d'évitement. Dans cette étude la moitié des patients sont traumatisés (Priebe S., Bröker S., Gunkel S., 2015):
http://www.researchgate.net/publication/13608566_Involuntary_admission_and_posttraumatic_stress_disorder_symptoms_in_schizophrenia_patients

[4] Aust N Z J Psychiatry. 2004 Nov-Dec;38(11-12):933-9.
Do nations' mental health policies, programs and legislation influence their suicide rates? An ecological study of 100 countries.
Burgess P1, Pirkis J, Jolley D, Whiteford H, Saxena S.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15555028

[5] Lucire Y (2016) Pharmacological Iatrogenesis: Substance/Medication-Induced Disorders That Masquerade as Mental Illness. Epidemiology (sunnyvale) 6:217. doi:10.4172/2161-1165.1000217

[6] Dr Peter Breggin, "Psychiatric drug withdrawal", 2013
http://www.breggin.com/


[7] RxISK Medical Team, 2016, "What is akathisia?"
http://rxisk.org/akathisia/ 

[8] Revue Prescrire:
http://www.prescrire.org/fr/101/325/47320/0/PositionDetails.aspx

[9] Contention, mises à l'isolement, droguage forcé, des dessins
https://pamelaspirowagner.com/2017/02/05/torture-in-hospitals-continues-to-this-day/





Pourquoi torture-t-on des personnes innocentes ?

Je pense que les pratiques de psychiatrie forcée, hospitalisation forcée, droguage forcé, contention, isolement, endoctrinement, droguage perpétuel, tutelle forcée, tout cela ne poursuit qu'un seul but: briser la personne.

On brise la personne afin qu'elle renonce à lutter. On la brise afin qu'elle accepte les très fausses, très inhumaines et très destructrices conceptions que la famille, la société et les médecins (aidés par big pharma) entretiennent à son sujet.

Ce sont ces mauvaises conceptions que l'on doit exposer, et que notre humanité exige d'abandonner. Au contraire, nous devons apprendre à communiquer sans imposer nos pré-conceptions, par exemple par l'approche de dialogue ouvert (Open Dialogue), et redonner à la personne tous ses droits ainsi que les moyens de se défendre et de se réaliser, enfin nous devons rendre justice aux victimes, et garantir que les abus ne se répèteront pas.


Les patients psychiatrisés sont les boucs émissaires de l'idéologie de la maladie mentale.

Une idéologie dogmatique tend à désigner des boucs émissaires et à les persécuter. La stigmatisation est l'acte de désignation de tels boucs émissaires.

Les boucs émissaires de la psychiatrie sont stigmatisés en étant "diagnostiqués" comme "malades mentaux" selon une nomenclature qui est un jargon et en évaluant des critères qui me semblent essentiellement idéologiques et comportementaux: ce sont des jugements moraux, et non pas de la science.

La psychiatrie répond à des demandes de normalisation familiales et sociales par la violation des droits des personnes, en appelant cela des "maladies mentales". Elle s'autorise la fourniture de produits psychotropes dangereux et difficiles à arrêter, sans fournir une information honnête mais en affirmant des maladies prétendues, non prouvées par la biologie, non caractérisées par la pathologie.

La persécution consiste à enfermer les victimes, à réduire leur supposée "maladie" par la diminution de leur potentiel intellectuel, à les droguer avec des produits neurotoxiques, à interpréter les conséquences des traumatismes et des drogues administrées comme des maladies psychiatriques et à les endoctriner dans la soumission à l'autorité psychiatrique.




Des témoignages poignants.

En parcourant internet, on trouve des témoignages poignants, qui n'appartiennent pas aux horreurs mieux connues du passé, mais qui sont bien actuels. La plupart sont en anglais, mais voici quelques liens en français:

Contentions et isolement à durée indéterminée dans les établissements de santé mentale France
Le rapport 2016 de la Controleure générale des lieux de privation de liberté:
http://www.cglpl.fr/2016/isolement-et-contention-dans-les-etablissements-de-sante-mentale/

Témoignages sur le site de l'asso Groupes Info Asiles:
http://groupeinfoasiles.org/allfiles%20accueil%20dossiers/temoignages/accueil%20temoignages.htm

Témoignages sur le site Advocacy France:
http://www.advocacy.fr/pages/prises-de-position/temoignages,15



Des livres-témoignages:

"Dors, demain cela ira mieux. 3 ans dans l'engrenage des hôpitaux psychiatriques", de Lucie Monnac, 2014. 

"J'ai survécu à la psychiatrie", de Christelle Rosar, 2013.


La lobotomie chimique:

Vous connaissez la camisole chimique ? Saviez-vous que les traitements psychiatriques au long cours réalisent une lobotomie chimique, qu'ils endommagent le cerveau jusqu'à créer une déficience cérébrale chronique ? Mon article ici:
http://depsychiatriser.blogspot.fr/2015/03/la-lobotomie-chimique-le-dommage.html


Le retour de la barbarie, déguisée en soins.

Aujourd'hui il y a encore des professionnels pour pratiquer et faire l'apologie des électro-chocs:
En particulier en France, ici dans le journal le Monde:

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/11/15/volte-face-sur-l-electrochoc_1791344_1650684.html

(On notera l'agressivité, l'arrogance triomphaliste de l'article, l'absence flippante d'empathie et d'humanité dans le discours, l'opacité des chiffres. Si j'ai bien compris l'article, l'épilepsie artificielle "replastifie" la personnalité du client contrariant. Le mot qui vient à l'esprit est lavage de cerveau. Le consentement oui ou non, apparemment c'est pareil. Oser appeler cela une thérapie ! Voilà qui aurait plu au Dr Josef Mengele si vous voulez mon avis.)



La convulsivo"thérapie" ou Homo psychiatricus


Les "survivants de la psychiatrie" nous proposent un ton radicalement différent: 

Réseau européen des usagers et survivants de la psychiatrie:
http://www.enusp.org/

Asso US, international: Centre des droits de l'homme usagers et survivants de la psychiatrie:
http://www.chrusp.org

Association US, internationale: liberté de l'esprit:
http://www.mindfreedom.org/


On peut aller en justice et exiger d'être indemnisé:

Asso Psych Rights US, international
http://psychrights.org/

Procès devant la cour européenne des droits de l'homme:
http://psychrights.org/Countries/ECHR/110201ECHRHumanRightMentaHealthCases.pdf

Site du Dr Breggin, avocat US des usagers et survivants de la psychiatrie
http://www.breggin.com/


Les procès d'indemnisation adressent un message fort.

Ces procès d'indemnisations sont faits aux USA, me direz-vous, mais cela arrivera en France aussi, ne serait-ce que par impact. Ces procès me paraissent porteurs d'un message adressé aux psychiatres: "Arrêtez ces abus dès aujourd'hui et renoncez à l'idéologie qui les a suscités."


Les enfants et les personnes faibles sont les premières victimes de la machine psychiatrique.

Les premières victimes sont les enfants, en particulier avec la prescription d'amphétamines à la mode (Ritalin). Le DSM-IV a inventé un "syndrome" spécialement pour justifier cette prescription à des enfants dont les résultats scolaires ne correspondraient pas aux espérances de leurs parents. C'est le: "déficit de l'attention avec hyper-activité". Vous jugerez vous même les prescripteurs qui se livrent à cette masquerade.  
(Mais voilà mon opinion: on ne donne pas d'alcool aux enfants, et encore moins de la cocaïne, au nom de quoi s'autorise-t-on à les obliger à avaler des amphétamines en continu ? C'est de la maltraitance, et c'est un cas particulièrement grave d'abus sur mineur. Sottise et inhumanité: honte aux parents, honte au médecin, honte au labo, honte à la société qui a permis cela.)

L'association Psych Rights (US) gagne en justice contre la prescription de drogues aux enfants:
http://psychrights.org/Education/ModelQuiTam/ModelQuiTam.htm



Le cauchemar de l'enfermement, les gens sont brisés.

Considérez maintenant l'épreuve qu'il y a à se retrouver enfermé comme un criminel, sans crime, sans tribunal, sans avocat, sans durée de la peine, réduit par la camisole chimique et quasiment sans recours autre que la soumission à l'autorité psychiatrique et la reconnaissance du bien-fondé de son jugement. C'est à dire que la porte de sortie ne s'ouvre que si l'on se convertit à l'idéologie et si l'on remercie l'institution qui vous persécute. C'est la perte du respect de soi-même. Un tel procédé s'appelle briser la personne. 
(Humilier, briser la personne, l'enfermer, l'obliger à remercier son bourreau et la droguer, lui faire croire qu'elle est tarée à vie, ce sont des techniques de conditionnement psychique, de dressage, pratiqués entre autres par les trafiquants d'êtres humains).


La stigmatisation détruit les vies.

Considérez comment une telle stigmatisation par "diagnostic" psychiatrique, et les destructions d'affection, de confiance, d'intégrité et de perspectives qui en résultent, affecteront des vies entières.

Considérez le cauchemar vécu au sein des familles à la suite d'une telle stigmatisation. Imaginez la quantité de non-dit, de non-communication et de malaise qui va en découler.

La stigmatisation sociale étend son ombre sur les proches et affecte les perspectives professionnelles et matrimoniales, ainsi que la sécurité des autres membres de la famille grâce à la théorie génétique des "maladies mentales".




Ils voulaient soigner les autres, mais l'idéologie les oblige à droguer de force et à enfermer.

Les victimes de l'idéologie ne sont pas seulement les plus évidentes: Les psychiatres sont confrontés au dilemne d'avoir à choisir entre dénoncer la pseudoscience et les abus qui en découlent, c'est à dire trahir la profession, ou bien s'en trouver complice. Le personnel soignant, c'est pire encore, est nourri de mythes et de peurs autour de l'idéologie de la maladie mentale, sans avoir généralement les moyens de s'affranchir des faussetés et des sottises qu'on leur enseigne (visitez ce site, par exemple: 100% pseudoscience !!!): Résultat: ce personnel met ses qualités humaines et son dévouement, au service d'une machine d'imposture chargée de droguer et de réprimer...  La profession médicale toute entière, est aussi affectée par le conflit éthique, elle est soumise à la propagande pharmaceutique et se fait complice des abus psychiatriques.




Tout le monde est concerné.

Finalement c'est la société elle-même qui est incitée à vivre plus ou moins dans la peur de la "maladie mentale", dans la dénonciation d'autrui, y compris de ses proches, dans le conformisme, dans le renoncement, la déresponsabilisation, dans l'auto-abrutissement, dans l'abus des médicaments psychotropes, la perte d'autonomie, et avec la conséquence de détruire les vies, de ruiner les talents: la psychiatrie se nourrit de sacrifices humains.

C'est la dystopie idéologique. Il revient à chacun d'entre nous de prévenir et de changer cela.



La machine psychiatrique ne doit pas s'auto-évaluer.

Voyez ci-dessous combien le passé de la psychiatrie est chargé d'abus. Je dirais que ce passé représente un véritable monument dédié à l'inhumanité auto-justifiée. La nature même de l'idéologie psychiatrique et les mécanismes d'intéressement qui l'animent font qu'il n'est pas réaliste de faire confiance à cette profession pour s'évaluer elle-même.

Le psychiatre qui dénoncerait l'imposture serait comme le bûcheron qui scie la branche sur laquelle il est perché. Horrifié, il découvre qu'en grattant quelque peu le vernis de l'édifice psychiatrique, il le fait se déballonner comme une baudruche entièrement remplie de vapeurs pseudoscientifiques. Au mieux, on ne peut espérer de ceux-là que des efforts de "réforme", c'est à dire placer des rustines là où le tissu de mensonges a manifesté quelques faiblesses et laissé échapper quelques frustrations.




Détruisons la machine idéologique, libérons les êtres humains qu'elle asservit.

Mais finalement, parce qu'elle est mensongère et parce qu'elle est nuisible, on ne réforme pas l'idéologie psychiatrique, on la perce, elle se dégonfle, on la regarde se vider entièrement, et ensuite on la jette comme on le ferait d'un préservatif usagé, afin de libérer les hommes et les femmes qu'elle a emprisonnés.



La dénonciation des abus viendra des consommateurs.

Les utilisateurs ont du bon sens, collectivement et prennent en charge la défense de leurs intérêts. Une des cuirasses du léviathan psychiatrique est constituée des efforts d'endoctrinement de l'institution qui considère comme un élément clé du "traitement" de bien "éduquer" et "ré-éduquer" ses victimes, patients, familles et sociétés dans la foi en son caractère scientifique et certain, dans la validité de ses pratiques, ainsi que dans la soumission envers ses praticiens, qui sont aussi leurs bourreaux. Mais cela ne marchera pas toujours, et les consommateurs réaliseront qu'on les a trompés, qu'ils sont floués, et si la confiance n'est pas possible, alors le consommateur n'a pas d'autre choix que de boycotter le produit. (J'assimile la psychiatrie à un leviathan, selon le terme inauguré par Thomas Hobbes en 1651, dans son livre du même nom, parce qu'elle prétend altérer et redéfinir les termes du contrat social, en s'arrogeant des pouvoirs étendus.)





Ne croyons plus à la psychiatrie.

Refusons les étiquettes et le jargon. Exigeons une information complète sur les drogues utilisées, sur l'objectif précis de leur prescription, sur leurs effets, sur leurs dangers, et sur l'offre alternative, non chimique. Exigeons la démarche volontaire du consommateur avant fourniture ou administration de ces drogues et de personne d'autre que le consommateur lui-même. Désertons l'institution psychiatrique. Exposons ses mensonges. Dénonçons ses abus.

Attention: l'arrêt brutal de la consommation d'un produit utilisé en psychiatrie est dangereux et peut déclencher des syndromes de sevrage: veuillez pour cela consulter un médecin.




Notes: les horreurs du passé:

40000 lobotomies pratiquées aux USA, 17000 en GB ...
Lire cet excellent article en français: Blog Liberation Agnes Giard

L'homosexualité considérée et traitée comme une "maladie mentale", au moyen de "traitements" et tortures variés.

Les stérilisations forcées, le programme T4 et l'extermination au nom des théories génétiques des maladies mentales, Allemagne, USA, Danemark, Norvège, Suède et Suisse.

L'union soviétique inventa la "schizophrénie progressive" pour désigner le manque d'entrain envers le régime, publia très sérieusement sur le sujet (cela ressemble au DSM) et traita la nouvelle maladie par les nouveaux neuroleptiques à fortes doses...


Psychiatry and the dark side: eugenics, Nazi and Soviet psychiatry, Jason Luty, 2014 (Royal College of Psychiatry)
http://bjp.rcpsych.org/content/206/4/315

Irmfried Eberl: psychiatry and the Third Reich – extra
Ciaran Somers 2015 (The British Journal of Psychiatry)
http://bjp.rcpsych.org/content/206/4/315

La "névrose épileptique": Les personnes souffrant d'épilepsie considérées comme des psychopathes dangereux et enfermés comme tels au début du vingtième siècle.

La masturbation considérée comme une "maladie mentale" et les enfants "atteints" torturés et amputés à ce titre.

La complicité psychiatrique dans l'oppression générale des femmes considérées comme "hystériques", c'est à dire stricto sensu "malades mentales" par défaut, du simple fait de posséder un utérus.

Le "désir irrationnel de liberté" ou "drapetomania": la "maladie mentale" des esclaves noirs d'Amérique qui tentaient de s'évader, et ses "traitements" (voir le film Django ...)

Les chaînes et les punitions, les dispositifs de contention, les dispositifs rotatoires, les bains de choc, les bains sur trois semaines, les chocs à l'insuline, les fièvres, les convulsivants utilisés comme moyens "thérapeutiques".

Combien d'innocents condamnés à être emmurés à vie dans l'histoire des établissements psychiatriques ? 

Est-ce que la psychiatrie s'est jamais excusée pour toutes ces horreurs ?

Et avant cela... les sorcières et hérétiques, torturés et brûlés par l'Inquisition, qu'on peut considérer comme le précurseur, l'ancêtre, voire le modèle de la psychiatrie.



Retour sur les électro-chocs:

En gros, l'argument des promoteurs de la pratique c'est que "cela marche". Le dommage cérébral s'accompagne d'une libération d'ACTH et d'hormones euphorisantes. C'est connu depuis les années 1950 ! Et ces messieurs dames prétendent reinventer cette abominable pratique.

Considérez que les tortures et exécutions publiques "marchaient" aussi, à leur niveau. De même un tortionnaire efficace ne manque pas de "repentis" à exhiber. La psyché humaine a ainsi évolué que la victime peut aller jusqu'à remercier voire "aimer" son bourreau: Cela ne rend pas ces pratiques légitimes. Au mépris de toute espèce de considération éthique, le Dr Frankenstein électrocute et flingue les neurones de sa marionnette: "Lèves-toi et marches !" Excusez-moi de ne pas m'extasier, mais c'est de la barbarie pure et simple. L'opprobe futur est garanti, et les procès probables. Simple bon sens: Rangeons la machine à convulser au musée des horreurs, à coté de la panoplie de l'Inquisition.

Bien sur, je ne suis pas le seul à parler de torture à propos de la l'"électroconvulsivothérapie" ou ECT. Lisez le courrier adressé à la Food and Drug Administration US par le Center for the Human Rights of Users and Survivors of Psychiatry (CHRUSP) en 2009.

Le témoignage d'un survivant de la psychiatrie sur l'ECT, 2010:
http://www.iaapa.de/frank_letter_fda.htm
"Les électrochocs représentent une technique brutale, déshumanisante, détruisant la mémoire, abaissant l'intelligence, endommageant le cerveau, lavant le cerveau, un risque vital. ECT dérobe aux gens leurs mémoire, leur personnalité et leur humanité. Cela réduit leur capacité à mener des vies pleines, riches de sens; cela leur broie l'envie de vivre. Pour faire simple, l'electrochoc est une méthode pour éventrer le cerveau afin de controler et de punir ceux qui échappent ou sortent de la norme, et pour intimider les autres qui seraient sur le point de le faire..."

Le dossier sur l'ECT rassemblé par le Dr Breggin: ECT = trauma cérébral, mort neuronale, fausse euphorie.
http://www.ectresources.org/



Rappel sur la torture psychiatrique:
Le 4/3/2013 au conseil des droits de l'homme des Nations Unies, à Geneve, le rapporteur special sur la torture demanda d'arrêter les interventions psychiatriques forcées comme la médication de restriction mentale forcée, les electrochocs, la psychochirurgie, les contentions et l'isolement, et pour l'abolition des lois qui autorisent le traitement et l'enfermement psychiatrique obligatoire.
Raport UN sur la torture psychiatrique
 

Le manifeste des survivants:

En 1982, à Toronto, la Conference Internationale sur les Droits de l'Homme et de l'Oppression Psychiatrique a adopté 30 principes forts:

http://www.mindfreedom.org/kb/act/movement-history/1982-principles

Déclaration de principes de la 10e Conférence internationale annuelle sur les droits de l'homme et l'Oppression psychiatrique

Toronto, Canada le 14 à 18 mai, 1982 a adopté les principes suivants:

1. Nous nous opposons à toute intervention psychiatrique involontaire, y compris l'hospitalisation forcée et l'administration des procédures psychiatriques ( «traitements») par la force ou la contrainte ou sans le consentement éclairé.


2. Nous nous opposons à toute intervention psychiatrique involontaire parce qu'il s'agit d'un acte contraire à l'éthique et un viol du droit constitutionnel à la liberté, à une procédure légale régulière et au droit à être laissé en paix.


3. Nous nous opposons à toute intervention psychiatrique involontaire parce qu'elle est une violation du droit de l'individu à contrôler sa propre âme, son esprit et son corps.


4. Nous nous opposons à toute procédure psychiatrique forcée telle qu'administration de drogues, électrochocs, psychochirurgie, contentions, isolement, et "modification du comportement oppositionnel."


5 Nous nous opposons à toute procédure psychiatrique forcée parce que celles-ci humilient, handicapent, blessent, incapacitent, et tuent les personnes.


6. Nous nous opposons à toute procédure psychiatrique forcée parce que celles-ci sont au mieux du charlatanisme et au pire des tortures, qui peuvent causer et en fait réalisent des dommages graves et irréversibles à l'être des personnes qui les subissent dans leur intégrité.


7. Nous nous opposons au système psychiatrique parce qu'il est intrinsèquement tyrannique.


8. Nous nous opposons au système psychiatrique parce qu'il est une force de police parallèle extra-judiciaire qui supprime la dissidence culturelle et politique.


9. Nous nous opposons au système psychiatrique parce qu'il punit les personnes qui ont eu ou prétendent avoir eu des expériences spirituelles et invalident ces expériences en les définissant comme des «symptômes» de la «maladie mentale».


10. Nous nous opposons au système psychiatrique, car il utilise les signes extérieurs de la médecine et de la science pour masquer la fonction de contrôle social qu'elle dessert.


11. Nous nous opposons au système psychiatrique parce qu'il invalide les besoins réels des populations pauvres en offrant la protection sociale sous le couvert de "soins et traitements" psychiatriques.


12. Nous nous opposons au système psychiatrique parce qu'il se nourrit sur les pauvres et ceux qui n'ont pas le pouvoir, les personnes âgées, les femmes, les enfants, les minorités sexuelles, les personnes de couleur et les groupes ethniques.


13. Nous nous opposons au système psychiatrique, car il crée une classe stigmatisée de la société qui est facilement opprimée et contrôlée.


14. Nous nous opposons au système psychiatrique car son influence croissante dans l'éducation, les prisons, le militaire, le gouvernement, l'industrie et la médecine menace de transformer la société en un état psychiatrique constitué de deux classes: ceux qui imposent le «traitement» et ceux à qui il a été imposé ou qui sont susceptibles de l'être.


15. Nous nous opposons au système psychiatrique parce qu'il est terriblement similaire à l'Inquisition, à l'esclavage et aux camps de concentration nazis.


16. Nous nous opposons au modèle médical de «maladie mentale» parce que celui-ci justifie une intervention psychiatrique involontaire dont le droguage forcé.


17. Nous nous opposons au modèle médical de «maladie mentale» parce qu'il dupe le public dans la recherche et l'acceptation d'un traitement «volontaire» en promotant l'idée que les problèmes fondamentaux de l'homme, qu'ils soient personnels ou sociaux, puissent être résolus par des moyens médicaux ou psychiatriques.


18. Nous nous opposons à l'utilisation des termes psychiatriques parce qu'ils substituent un jargon à un langage simple et parce qu'ils sont fondamentalement stigmatisants, humiliants, non scientifiques, mystificateurs et de nature superstitieuse. Exemples:


En langage clair ......................................... Dans le jargon psychiatrique

Détenu psychiatrique ................................. Malade mental

Institution psychiatrique ............................ Hôpital psychiatrique / centre de santé mentale

Système psychiatrique ............................... Système de santé mentale

Procédure psychiatrique ........................... Traitement / thérapie

Les difficultés personnelles ou sociales dans la vie ....... La maladie mentale

Caractéristique ou trait socialement indésirable ............ Symptôme

Drogues .......................................................................... Médicaments

Droguage ....................................................................... Chimiothérapie

Electrochocs .................................................................. Electroconvulsivothérapie

Colère ............................................................................ Hostilité

Enthousiasme ................................................................ Mania

Joie ................................................................................ Euphoria

Peur ............................................................................... Paranoia

Tristesse / frustration .................................................... Dépression

Vision / expérience spirituelle ...................................... Hallucination

Non-conformité ............................................................ Schizophrénie

Croyance non conformiste ............................................ Délire


19. Nous croyons que les gens doivent avoir le droit de vivre de quelque manière ou mode de vie qu'ils choisissent.


20. Nous croyons que les pensées et / ou les tentatives de suicide ne doivent pas être traitées comme un problème psychiatrique ou juridique.


21. Nous croyons que la dangerosité présumée, que ce soit à soi-même ou d'autres, ne doit pas être considéré comme un motif pour refuser la liberté individuelle, et que les seuls actes criminels prouvés devraient être à la base de ce refus.


22. Nous croyons que les personnes accusées de crimes devraient être jugés pour leurs actes criminels présumés dans le respect de la loi, et que les professionnels psychiatriques ne devrait pas avoir statut d'expert-témoin dans une procédure pénale ou les juridictions de droit.


23. Nous croyons qu'il ne devrait y avoir aucune intervention psychiatrique involontaire dans les prisons et que le système pénitentiaire doit être réformé et humanisé.


24. Nous pensons qu'aussi longtemps que la liberté d'un individu est injustement restreinte, alors personne n'est vraiment libre.


25. Nous croyons que le système psychiatrique est, en fait, un programme de pacification contrôlé par des psychiatres et soutenu par d'autres professionnels de la santé mentale, dont la fonction principale est de persuader, de menacer ou de forcer les gens à se conformer aux normes et aux valeurs établies.


26. Nous croyons que le système psychiatrique ne peut être réformé, mais doit être aboli.


27. Nous croyons que les réseaux communautaires bénévoles alternatifs au système psychiatrique devraient être largement encouragés et soutenus. Des alternatives telles que les groupes d'entraide mutuelles et de s'aider soi-même, les groupes de défense des droits et d'advocacy, les maisons en coopérative, les centres de crise et d'accueil devraient être contrôlés par les utilisateurs eux-mêmes pour répondre à leurs besoins, tout en veillant à leur liberté, leur dignité et le respect de soi.


28. Nous exigeons la fin de l'intervention psychiatrique involontaire.


29. Nous exigeons la liberté individuelle et la justice sociale pour tous.


30. Nous avons l'intention de faire de ces mots une réalité et nous n'aurons pas de repos qu'il en soit ainsi.

(traduit de l'anglais)



Abolir le non consentement en psychiatrie

Abolir le non consentement en psychiatrie: hospitalisation d'une personne qui la refuse explicitement, administration de soins, drogues, et autres procédures contre l'avis de la personne. Camisole chimique, torture aux neuroleptiques, inhibition mentale aux neuroleptiques, chantage au traitement, contrôle par le dommage cérébral, les restrictions physiques, les chambres d'isolement, reconditionnement mental par harcèlement moral.

C'est à la fois une priorité morale et une obligation légale.

Article 14 de de la convention UN des droits des personnes handicapées:
http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=15183&LangID=E

La détention pour motif de handicap mental ou psychosocial (motif psychiatrique) est absolument prohibée.
La détention pour danger supposé envers soi-même ou les autres est contraire à l'article 14.
La détention de personnes considérées comme inaptes à comparaitre en justice est contraire à l'article 14.


La France, incroyablement arriérée: la lettre de cachet et le service disciplinaire privé.

La patrie d'Esquirol, de l'embastillement et de la guillotine (ma chère France) est incroyablement arriérée au regard de l'hospitalisation dite "sans consentement". On utilise encore deux procédures, l'internement, soit d'office (comme la lettre de cachet de l'ancien régime), soit à la demande d'un tiers (à la manière d'un service disciplinaire privé). En effet, il y suffit de faire intervenir l'idéologie psychiatrique pour faire interner et droguer (neutraliser, soumettre, briser) celui ou celle qui vous ennuie, au mépris des droits de l'homme les plus élémentaires.


La neutralisation chimique de celui qui vous ennuie et sa stigmatisation s'appellent l'entrée en "soins".

Cela ne suffisait pas. Depuis 2011, le directeur d'établissement, premier concerné par un conflit d'intérêt, peut interner le client de force en cas de "péril imminent pour la santé de la personne", qu'il juge lui-même selon des critères médico-psychiatriques... De surcroît, la neutralisation chimique forcée est instituée par ce texte: on appelle cela "entrer en soins psychiatriques".


Une procédure entièrement rédigée selon les termes de l'idéologie psychiatrique.

Dans la procédure française d'internement, la victime est entièrement à la merci de l'idéologie psychiatrique. Les conditions d'internement sont des évaluations psychiatriques de "présence de troubles mentaux", de "capacité à consentir à son hospitalisation" et de "nécessité de soins immédiats assortis d'une surveillance constante en milieu hospitalier". Ces conditions à caractère idéologique sont évaluées par les promoteurs de l'idéologie psychiatrique que sont les médecins et psychiatres, et non pas par des professionnels de la justice.

Hypocrisie évidente d'une telle loi: Le juge qui intervient après un certain délai, n'étant pas médecin, se considère incompétent en matière psychiatrique... C'est tellement absurde que les magistrats suivent maintenant un sorte de topo vulgarisateur de psychiatrie complètement minable, pseudoscientifique et mensonger, façon "pour les nuls", voir notes...


10 mars 2015, mise à jour: 

Le paragraphe qui précède n'est plus tout à fait vrai. Certains juges des libertés et détentions commencent à considérer le fond, pour établir leurs décisions, et se substituent aux médecins pour estimer si la personne est en mesure de consentir, par exemple. Mais tout élément psychiatrique d'un dossier médical devient une perte potentielle des droits de la personne. Lire cette étude de la cour d'appel, disponible sur le site du CRPA:

http://psychiatrie.crpa.asso.fr/IMG/pdf/2014-12-31-etude-sur-les-soins-sans-consentement-cour-de-cassation.pdf 


Et comment cela est-il vécu en pratique ?

Enfermé et drogué, choqué par la brutalité de l'injustice, interdit de communiquer, dans le gaz, qu'est-ce que vous imaginez ? Les recours et les contrôles prévus sont inféodés à l'idéologie, les professionnels hostiles. En pratique, c'est le plus souvent le trou noir, pour le patient qui est drogué.


L'hospitalisation psychiatrique réalise un lavage de cerveau médicalement assisté.

Il n'y a d'espoir qu'au moment où le juge est saisi et décide, dans certains cas, d'une main-levée. Mais est-ce que le psychiatrisé qui va comparaitre trouvera en lui-même la force de volonté nécessaire pour résister à la torture au quotidien des neuroleptiques à dose cheval, et au harcèlement moral subi constamment pendant la période ?

Extrait du document ENUPS: "tout de suite c’est la camisole chimique directe qui empêche même physiquement de parler pendant deux jours; ensuite vous pouvez parler, une fois que vous êtes bien drogué."


Des certificats établis au moyen d'une sémiologie aberrante.

En fait, la loi donne carte blanche en pratique à des psychiatres qui ont intérêt à multiplier les patients, à contrôler leur assiduité, à s'assurer de leur docilité chimiquement imposée, et à remplir les lits d'hôpital.

Mais supposons que ces médecins, quoique endoctrinés dans l'idéologie psychiatrique, soient des modèles de probité. Supposons encore que de tels médecins ne reculent pas devant l'idée de désavouer publiquement le bon jugement d'un estimé collègue. Comment ceux-ci peuvent-ils prétendre évaluer l'état mental de quelqu'un qui est choqué par la violence et l'injustice, drogué à mort, harcelé moralement et conditionné par le personnel ?


Une société entière soumise par la loi à une idéologie.

Au final, c'est une société toute entière qui se soumet à cette vaste charlatanerie, qui n'est pas plus scientifique que la théorie antique des humeurs: lymphatiques, phlegmatiques ou atrabilaires, et qui se trouve dispensée de tout contrôle non-médical, ou encore de produire la moindre preuve biologique des théories qu'elle avance. Est-ce qu'il faut que chacun passe par l'enfer de l'internement ou de la camisole chimique pour que l'on réalise l'iniquité d'une loi pareille ?


Séparer le judiciaire et le psychiatrique: fermer les hopitaux-prisons.

Il faut exiger la séparation du judiciaire et du psychiatrique: l'hopital n'a pas vocation à être une prison, ni le traitement une coercion ni une punition. Tout suspect est présumé innocent, il ne peut pas être drogué contre son gré. Il faut exiger pour chacun le respect des droits à communiquer, à être défendu par un avocat, et à refuser toute espèce de prise en charge à la manière médicale, si cela ne nous convient pas.

Fermer définitivement les hopitaux-prisons.



Abolir le non-consentement en psychiatrie



Bienvenue dans l'enfer de l'idéologie psychiatrique:

L'institution psychiatrique fonctionne à la manière d'une communauté sectaire, dont les gourous, s'arrogeant tous les droits, seraient les médecins. Il s'agit d'une micro-société de castes. La caste supérieure est celle qui maîtrise l'idéologie, ce sont les psychiatres, qu'on voit fort peu. Juste en dessous est la caste de ceux qui servent l'idéologie, le personnel soignant. Inférieurs sont les patients volontaires, ces adeptes consentants de l'idéologie, les dits "névrosés", qui font parfois grand cas de leur folie, et se réjouissent quelquefois de trouver ici plus "fous" qu'eux-mêmes. Tout en bas sont les patients internés contre leur gré, qui n'osent plus se plaindre qu'ils n'ont rien à faire là. Ceux-là sont les dits "psychotiques", zombies effrayants forcés de déambuler sans but par leur traitement. Ceux-là, comme les "negativos" de l'inquisition passée, ne pourront espérer de rédemption, ni de sortie, prochaine. Un séjour vous tente ? Il est facile de simuler (expérience de Rosenham) et d'y entrer. Vous financez la maison avec vos impôts, alors il faut en profiter, non ?


L'hopital détourné en une agence de violence privée: l'éthique médicale bafouée.

Je propose de considérer comment la coercion psychiatrique d'office ou à la demande d'un tiers fonctionne à la façon d'une agence de violence privée au service d'un client, par exemple quand une négociation n'aboutit pas. Ce peut être un conflit entre une société et ses dissidents, un conflit conjugal entre époux, ou un conflit familial entre parents et enfants, en particulier quand l'implication d'une idéologie ou d'un dogme religieux aboutit à l'impasse. En détruisant le plus faible, les psychiatres se font alors les valets de l'oppression, des instruments au service de l'oppression, qu'elle soit sociétale, conjugale ou familiale. Voilà ce que l'éthique  ne permet pas.



La police faillit à sa mission.

Afin de réaliser cette oppression privée, la psychiatrie s'arroge le droit d'user de violence, quasiment sans contrôle, assortie d'un chantage au ré-internement. Je considère qu'un traitement psychiatrique administré sous la contrainte comme la camisole chimique, c'est à dire les neuroleptiques, représente aussi l'exercice d'une violence envers la personne. La mission de la police devrait être de garantir la personne, psychiatrisée ou non, contre le chantage et la violence privée. Mais en réalité, au moins en France (voir docu UESP), la police se met au service de l'idéologie psychiatrique, qu'elle substitue au juge. Elle arrête la personne psychiatrisée et la conduit à l'hopital, sur diktat du tiers et du médecin, sans considérer la légitimité d'une telle privation de liberté. Elle participe aussi à la coercion chimique de la drogue imposée. En pratique c"est la discrimination, selon des critères idéologiques, entre la personne stigmatisée par la psychiatrie, dite "entrée en soins psychiatriques", et celle qui ne l'est pas. En agissant ainsi, la police faillit à sa mission de protection du plus faible. Elle participe à valider une forme de sous-citoyenneté, qui s'apparente philosophiquement à une forme d'esclavage moderne.


L'hopital détourné en instrument de contrôle social au service d'une idéologie.

Outre les établissements disciplinaires déguisés en hôpitaux et les violences électriques, pharmacologiques déguisées en soins, la psychiatrie dispose de toute une panoplie d'outils intellectuels de discrimination et de stigmatisation sociale à caractère pseudo-scientifique. Elle s'en sert pour menacer et punir ses victimes et afin d'établir son pouvoir sur la société. La psychiatrie se sert de l'hopital pour endoctriner patients, familles, et personnel soignant dans la foi en son idéologie.


Si l'on écoute les victimes...

Si l'on écoute les victimes, un jour, la psychiatrie sera enfin remise à sa place: Les hopitaux psychiatriques ne seront plus que des centres d'hébergement très libres, indépendants de l'idéologie psychiatrique. Alors il ne restera dans la société que les adeptes volontaires de la psychiatrie. Celle-ci ne sera pas davantage qu'une sorte de religion, constituée de ceux qui préfèreraient se droguer, c'est à dire se détruire, au lieu de se réaliser.


Notes:
9% d'hospitalisation sans contrainte jugées abusives essentiellement sur la forme, plus rarement sur le fond.
http://psychiatrie.crpa.asso.fr/IMG/pdf/2014-12-31-etude-sur-les-soins-sans-consentement-cour-de-cassation.pdf

Statistiques 2015 des contrôles judiciaires:
https://psychiatrie.crpa.asso.fr/IMG/pdf/2016-02-01-statistiques-2015-controles-judiciaires-hsc.pdf

Dossier de presse 2016 de la Controleure Generale des lieux de privation de liberté en France:
http://www.cglpl.fr/2016/isolement-et-contention-dans-les-etablissements-de-sante-mentale/

Article Quotidien du médecin 28/11/2012: http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/sante-publique/3-000-hospitalisations-sous-contrainte-seraient-injustifiees


La loi française repose sur les critères extraordinairement vagues de "troubles mentaux", définis et appréciés par les promoteurs de l'idéologie psychiatrique elle-même:
Loi 2011:
http://www.sante.gouv.fr/la-reforme-de-la-loi-psychiatrie-de-1990-8-points-cles-pour-vous-guider.html
http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Tableau_exHDT_.pdf
Loi 2013:
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000027996629&dateTexte=&categorieLien=id

Document ENUSP: l'organisme explique que la loi française ne respecte pas les conventions ONU:
http://www.enusp.org/enusp-documents/news/French%20mental%20health%20law_French.pdf

En France, le groupe "Les indignés de la psychiatrie" demande le respect par les termes et la lettre de la Convention onusienne relative aux droits des personnes handicapées (CDPH).
https://www.facebook.com/groups/OccupyFrenchPsychiatry/

Convention des Nations-Unies relative aux droits des personnes handicapées, 2011.
http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413


Article 14 Liberté et sécurité de la personne 
Les États Parties veillent à ce que les personnes handicapées, sur la base de l’égalité avec les autres :
Jouissent du droit à la liberté et à la sûreté de leur personne;
Ne soient pas privées de leur liberté de façon illégale ou arbitraire; ils veillent en outre à ce que toute privation de liberté soit conforme à la loi et à ce qu’en aucun cas l’existence d’un handicap ne justifie une privation de liberté.
Les États Parties veillent à ce que les personnes handicapées, si elles sont privées de leur liberté à l’issue d’une quelconque procédure, aient droit, sur la base de l’égalité avec les autres, aux garanties prévues par le droit international des droits de l’homme et soient traitées conformément aux buts et principes de la présente Convention, y compris en bénéficiant d’aménagements raisonnables.

Cet article 14 est précisé dans ce document: http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=15183&LangID=E

La détention pour motif de handicap psychosocial (motif psychiatrique) est absolument prohibée.
La détention pour danger supposé envers soi-même ou les autres est contraire à l'article 14.
La détention de personnes considérées inaptes à comparaitre en justice est contraire à l'article 14.

Article 17 Protection de l’intégrité de la personne
Toute personne handicapée a droit au respect de son intégrité physique et mentale sur la base de l’égalité avec les autres.
S'agissant du traitement d'un trouble mental, voir par exemple les dispositions des articles 7 et 26 de la Convention sur les droits de l'homme et la biomédecine, comme suit:


Article 7 Protection des personnes souffrant d'un trouble mental
La personne qui souffre d'un trouble mental grave ne peut être soumise, sans son consentement, à une intervention ayant pour objet de traiter ce trouble que lorsque l'absence d'un tel traitement risque d'être gravement préjudiciable à sa santé et sous réserve des conditions de protection prévues par la loi comprenant des procédures de surveillance et de contrôle ainsi que des voies de recours.
Article 26 Restrictions à l'exercice des droits
1 L'exercice des droits et les dispositions de protection contenus dans la présente Convention ne peuvent faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sûreté publique, à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé publique ou à la protection des droits et libertés d'autrui.
2 Les restrictions visées à l'alinéa précédent ne peuvent être appliquées aux articles 11, 13, 14, 16, 17, 19, 20 et 21."

L'enfermement et le "traitement" de force sont assimilables à la torture:
Le 4/3/2013 au conseil des droits de l'homme des Nations Unies, à Geneve, le rapporteur special sur la torture demanda d'arrêter les interventions psychiatriques forcées comme la médication de restriction mentale forcée, les electrochocs, la psychochirurgie, les contentions et l'isolement, et pour l'abolition des lois qui autorisent le traitement et l'enfermement psychiatrique obligatoire.
Raport UN sur la torture psychiatrique

Les documents issus par le Comité de Bioéthique du Conseil de l'Europe tendent à s'harmoniser avec les Conventions ONU, mais en traînant les pieds:
http://www.coe.int/t/dg3/healthbioethic/activities/08_psychiatry_and_human_rights_en/INF%282011%2910%20statement%20UN%20Conv%20F.pdf


Le programme européen de désinstitutionalisation 2014-2020 (Conseil français des personnes handicapées)
http://www.cfhe.org/desinstitutionnalisation.html

L'Italie a entrepris de fermer les établissements-prison en 1978 sous l'impulsion  du Dr Franco Basaglia.
http://envieditaliefppradio.wordpress.com/2012/03/27/stop-aux-hopitaux-psychiatriques-judiciaires/

Le site du Cercle de Réflexion et de Proposition d’Actions sur la psychiatrie est très riche:
http://psychiatrie.crpa.asso.fr/?lang=fr

L'International Association Against Psychiatric Assault s'est fixé comme objectif d'abolir la coercion en psychiatrie.

Le fascicule de l'ecole nationale de la magistrature sur le non consentement est téléchargeable ici:
https://formation.enm.justice.fr/Soins_psychiatriques_sans_consentement/SCO_0001/_course/_Fascicule_complet.pdf 

On y note quelques perles:
  • p1: Confusion significative entre "inaptitude à consentir" et "déni de trouble". Cela promet.
  • "Il n’existe pas de critères cliniques prédéfinis pour l’hospitalisation sous contrainte": C'est à dire que l'arbitraire règne en maître.
  • Un consentement obtenu après 72h sur une personne rendue docile (et complètement abrutie) par la drogue est considéré comme valide...
  • "Il n’existe pas d’accord sur les doses de neuroleptiques à administrer": C'est à dire que le malheureux qui tombe entre les pattes des tortionnaires est exposé au chantage: "Consens ou alors on double la dose !"
  • p6: "S’adresser à la partie saine de la personne": C'est à dire utiliser des techniques d'interrogatoire pour faire craquer un sujet, qui est déjà salement amoché par la drogue...
  • "Un consentement qui doit être recherché à tout moment": C'est à dire que le harcèlement moral pratiqué par le personnel est constant, tout au long de l'hospitalisation.
  • "La réalité échappe aux manuels de psychiatrie", et pour cause, puisqu'il s'agit d'une pseudo-science, élaborée par les adeptes du "stade anal", du "ça" et du "surmoi"... Vous avez un "ça", vous ?
  • p64: Les encarts consacrés à Thomas Szasz et à Franco Basaglia sont faux: confusion avec l'anti-psychiatrie de Ronald Laing, et aucune mention des changements majeurs qu'ils ont fait passer ou suscité dans les lois de leur pays; Le rédacteur du fascicule entretient délibérément l'ignorance de nos juges; Ce document s'inscrit dans l'effort ubiquitaire de propagande pratiqué par la psychiatrie française.

D'un point de vue philosophique, je vous propose ce point de vue:
  1. La loi française pratique la discrimination entre les personnes en autorisant les labellisations tirées du vocabulaire psychiatrique, qui représentent des diffamations.
  2. La loi française discrimine les êtres humains selon l'aspect de la personne, selon ses pensées, selon ce qu'elle exprime, en classant les personnes selon des critères arbitraires évalués arbitrairement.
  3. La loi française discrimine les êtres humains selon des éléments génétiques, si l'on admet les hypothèses génétiques de la psychiatrie. Cela s'apparente à de la discrimination raciale.
  4. La loi française autorise la torture sous la forme d'incarcérations psychiatriques forcées et de "soins" psychiatriques forcés, incluant la camisole chimique, les electrochocs et autres, assortis d'un harcèlement moral constant.
  5. La loi française autorise l'usage de la peur sous la forme de la menace d'incarcérations psychiatriques forcées, et de "soins" psychiatriques forcés, incluant la camisole chimique et les electrochocs.
  6. Avec la loi française, l'artifice de la "maladie mentale" dépouille la personne de sa condition humaine et la prive de ses droits élémentaires. La psychiatrie basée sur la coercion, l'usage de la force et de la violence représente un crime contre l'humanité, dont la loi française est complice.


On peut arguer que la loi française ne respecte pas non plus les traités européens:

Conseil de l'Europe: convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
http://conventions.coe.int/Treaty/fr/Treaties/Html/005.htm

Il s'agit d'un texte assez misérable, qui dénie leurs droits à la liberté et à la sécurité aux personnes dites "aliénées", vagabonds, toxicomanes, ou alcooliques (Art. 5, 1e). Néanmoins:

Article 3 – Interdiction de la torture.
Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.

Article 8 - Droit au respect de l'intégrité morale et physique de la personne. (qui sont menacés par les traitements imposés par la force et par le harcèlement moral pratiqué par le personnel hospitalier).

Le CRPA a saisi la cour européenne des droits de l'homme sur la non conformité de la procédure française:
http://psychiatrie.crpa.asso.fr/2014-05-12-cm-Soins-psychiatriques-sans-consentement-le-CRPA-saisit-la-Cour-europeenne-des-droits-de-l-homme-contre-la?lang=fr.

Des lectures:
Des livres témoignages:
"Dors demain ca ira mieux. 3 ans dans l'engrenage des hôpitaux psychiatriques", de Lucie Monnac, 2014.
"J'ai survécu à la psychiatrie", de Christelle Rosar, 2013.
"Neuf mois chez les fous", de Jean-Marie Ployé, 2008.

Le dossier de l'internement abusif de Valérie Dubois avec de faux certificats médicaux.
http://www.maveritesur.com/valerie-dubois/victime-d-un-internement-abusif-je-me-bats-pour-mes-enfants/555:   Le médecin et le mari ont été condamnés en appel, dossier CRPA.

"Dès que vous êtes admis, on vous administre un traitement de choc de sorte que, au bout de quelques jours, vous n’êtes plus vous-même." Témoignage d'un l'internement psychiatrique arbitraire en procès d'indemnisation;
http://psychiatrie.crpa.asso.fr/482

Les hospitalisations et soins sans consentements provoquent des syndromes de stress post-traumatiques et des conduites d'évitement. Dans cette étude la moitié des patients sont traumatisés:
http://www.researchgate.net/publication/13608566_Involuntary_admission_and_posttraumatic_stress_disorder_symptoms_in_schizophrenia_patients

L'hospitalisation psy forcée tue. Par suicide. Risque de suicide ultérieur multiplié par 44.3 dans cette étude.
Carsten Rygaard Hjorthøj , Trine Madsen, Esben Agerbo, Merete Nordentoft.
Risk of suicide according to level of psychiatric treatment: a nationwide nested case–control study.
Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology September 2014, Volume 49, Issue 9, pp 1357-1365.
http://link.springer.com/article/10.1007/s00127-014-0860-x

L'incroyable arriération de la France:

USA, 1975: l'hospitalisation et le traitement involontaire sont déclaré inconstitutionnels.

Quarante ans après, pauvre France, narcissique, bureaucratique, technocratique, continue à enfermer, à droguer de force, et à torturer sur des critères idéologiques au nom de la Très Sainte Psychiatrie Française, qui impose sa loi aux juges et fait de la police ses instruments serviles.


En 1971, les Dr. Thomas Szasz, George Alexander, and Erving Goffman fondent l'Association Américaine pour l'Abolition de l'Hospitalisation Mentale Involontaire (AAAIMH).  
A partir de 1975, la cour suprême des États-Unis a fait prévaloir que l'hospitalisation et le traitement involontaire violent les droits civils définis dans le quatorzième amendement de la constitution américaine, amenant les états à amender leurs législations individuelles. En 1978, elle a jugé qu'il fallait une  "preuve claire et convaincante que le comportement de la personne représente un danger pour elle-même ou pour les autres"; et que l'enfermement devait être jugé par un tribunal au delà de 72 heures. De même la personne conserve-t-elle le droit de communiquer et le droit d'être défendue par un avocat, et le droit de refuser toute espèce de "soin".

Les archives du journal "the abolitionist" publié par l'AAAIMH.
http://www.szasz.com/abolitionist.html

@Jules Malleus 2014